La fusion



 


88-91 : «Temps magnifique en milieu de journée »



A partir de 1988, c’est un feu d’artifices.

Plus question de cloisonner les styles, ni même de les alterner au sein d’un seul album : c’est dans le creuset même d’une chanson que l’alchimie va maintenant bouillonner. 

Les black, comme d’habitude, sont les premiers sur le coup. Ainsi, les brindzingues de Fishbone continuent de rompre les digues, et plantent au passage leur premier album de légende, Truth & Soul (88). Dès les premières secondes de la galette, c’est officiel : le métal intègre en fanfare cette immense « bouillabaise » qu’est la musique de Fishbone, reboostant au groove métallique le "Freddie’s Dead" de Curtis Mayfield. Pour le reste, c’est une sauce ska-pop-new wave encore plus charnue et réjouissante qu’aupraravant (voir "Ma & Pa" et le slap supersonique de Bonin’ In The Bonyard).

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Fishbone : le plus grand groupe de live de tous les temps ?

De l’autre côté de l’amérique, New-York entre en ébullition : tandis que les Bad Brains remettent du reggae dans leur tasse de punk (Quickness, 88) deux « all-black band » essentiels crèvent enfin le bitume. A ma gauche, Living Colour ; à ma droite, 24-7 Spyz. La même formation (basse-guitare-voix-batterie), le même niveau technique ébouriffant ; un guitar-héro de chaque côté (le jazzeux-shreddeur Vernon Reid pour les uns, le plus groovy et « Hendrixien » Jimi Hazel de l’autre) ; mais deux fusions « black » radicalement différentes.

Living Colour incarne le côté clair, carré, « droit au but » : mixture parfaite de hard technique, de glam bombastique, et d’un funk tendu comme un fute de James Brown, le groupe s’impose dès la sortie de Vivid (88) comme une machine à tubes incontournable. "Cult Of Personnality", porté par la puissance vocale de Corey Glover, déchire MTV pendant des mois, et marque les esprits malgré son riff impair et son statut d’OVNI pop-funk-metal-groove. Idem pour "Open letter To A Landlord" ou le moins essentiel "Glamour Boys".


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Les « Spyz », qui déboulent pour leur part en 89 avec le foutraque "Harder Than You", sont le complément parfait de la bande à Glover. Ils représentent l’ « autre moitié » de la fusion black, celle qui récupère à son compte des éléments de hard AC/DCien, de soul, de funk-mellow, de reggae, et de punk typiquement new-yorkais (gros chœurs de bourrins sur les refrains). Très « no future » dans l’esprit, c’est le désordre le plus complet tant sur album que sur scène, (un échantillon ici), et, en véritables fils des Bad Brains, ces montagnes russes qualitatives coûtent – et coûteront toujours – aux Spyz la reconnaissance d’un « vaste » public. Sans compter leur vocaliste P.Fluid, d’une versalité parfois rebutante, capable du meilleur ("Ballots Not Bullets") que du pire (notamment ses jappements légendaires, casés à toutes les sauces, et lourdingues au néophyte).

Le vent du crossover se lève également en Europe avec les hollandais d’Urban Dance Squad, premier groupe de rock à faire copuler ses grattes aux délires d’un DJ (Mental Floss For The Globe, sorti en 89). Plus qu’une « machine à scratch », l’utilisation des platines est ici basée sur l’échantillonnage à toutes les sauces : du coup, même si le flow monocorde et haut perché de Rudeboy a tendance à linéariser légèrement l’ensemble, on se retrouve avec un rock ciselé (le guitariste semble se réinventer à chaque piste), incrusté d’éclats de samples en permanence. Un beau travail d’expérimentation, comme le démontrent  les cuivres cisaillés du premier single, Fast Lane, ou la salsa-mutante de Deeper Shade Of Soul (qui contient un morceau de Ray Baretto passé à la moulinette).

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Urban Dance Squad : une recherche inédite sur les sons.

Hélas ! Comme beaucoup de réactions chimiques, la fusion est instable. Hillel Slovak, guitariste fondateur et mentor des Red Hot], a disparu l’année précédente… pour des raisons chimiques, justement ; le groupe touche le fond, Jack Irons remballe ses toms afin de cuver sa dépression. De façon moins dramatique, le line-up historique des Bad Brains se désagrège après le départ de H.R, qui bien sûr emporte son frangin batteur dans les cartons. Un domino poussant l’autre, Chuck Moseley (fraîchement débarqué de Faith No More pour cause d’instabilité, d’alcoolisme et de connerie caractérisée) glandouillera quelques temps chez les mêmes Bad Brains – sans fruit – avant de disparaître dans le warp, et de laisser son premier groupe décapité…

Pour les deux combos californiens, ce line-up martyrisé aurait pu signer la fin en queue de poisson d’une carrière prometteuse. Que nenni. Les deux, après avoir touché le fond, rebondissent en 89 de façon éblouissante.

Les Red Hot, en premier, embauchent pour leur renaissance un jeune et un vieux : John Frusciante à la guitare, tout juste majeur, et Chad Smith, vieux briscard du groove qui, dixit Flea, « fait littéralement naître le feu sous son kit ». Banco ! Le groupe a trouvé là son carré d’as magique, la formation des grandes heures : grandes heures qui commencent directement sur un Mother’s Milk (89) d’anthologie, véritable jalon dans l’histoire du rock… encore qu’un poil surestimé à mon humble avis. L’album se présente en effet comme une suite de patates rock-funk débridées, certes plus solides, mais fondamentalement moins fun que l’album précédent, et manquant surtout d’accroches réelles sur sa deuxième moitié (sans parler de la production lourdingue et très typée 80’s de Michael Beinhorn). Peu importe : "Knock Me Down" casse la baraque (c’est bien mérité), les vocations naissent à la pelle en écoutant cet album ( « Plus tard, je serai slappeur. » ), et les barres de plastic sont plantées pour péter au prochain skeud.

Mais la merveille de 89, l’album qui va véritablement faire exploser le mouvement – tant sur le plan artistique que commercial – c’est bien "The Real Thing" de Faith No More. Vivid de Living Colour avait chauffé le fer à blanc l’année passée ? [b]Faith No More[/b] va le battre au point de le pulvériser.

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La pochette de l'album

Rien n’était gagné, pourtant : un chanteur camé parti sur un coup de pied au derche, le jeune prodige (18 ans) de Mr Bungle débauché à l’arrache et planté derrière le « maïc », des paroles torchées en une semaine sur un bout de PQ, histoire de coller aux instrus déjà écrites de A à Z, et… et c’est le strike. La fusion totale : onze morceaux inclassables, jubilatoires, un son unique, cinq musiciens amenant chacun son matériau, sa couleur différente… et dont les cinq lignes, miraculeusement, s’harmonisent sur des compos parfaites, évidentes et lumineuses…
L’album est si bon, si frais, si indémodable, qu’ils s’attire aussitôt l’admiration des Metallica et autres Gun’s, et que des gens comme Johnatan Davis (Korn) s’en souviendront dix ans plus tard en ces termes : « A l’époque de sa sortie, je n’écoutais plus que cet album. Je l’écoutais en boucle, du matin jusqu’au soir ». Porté par la déferlante "Epic", sorte d’apothéose fusionnesque matraquée sur MTV, le groupe s’embarque pour une tournée mondiale, immortalisée par l’excellent Live At The Brixton Academy sorti l’année plus tard.

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Vous m’excuserez d’en foutre un peu partout ; le fan doit s’exprimer.

Et nous voilà : à l’heure où les thrasheurs tiennent le haut du pavé, où les monstres du genre s’abattent régulièrement dans les bacs (les ogives And Justice For All, Rust In Peace et Season In The Abyss, sont larguées en 89 puis 90), le vent du « tout fusion » se lève sur l’autre part de la scène. Désormais, les scratchs, le groove, voire même le phrasé rap, ont droit de cité dans les groupes de métal dits « traditionnels ».

Les oubliés de Mordred ouvrent le bal. Ce sympathique combo californien, toujours incapacité par un chanteur à la limite de l’amateurisme, est en effet le premier groupe de trash à s’adjoindre les services d’un DJ pur jus, Aaron « Posse » Vaughn. Un premier pas un peu timide, car le scratch intervient seulement sur deux titres de leur premier effort Fool’s Game (89) (qui propose par ailleurs un techno-trash de facture plus conventionnelle, égratigné ici et là de quelques slaps). Mais le succès surprise de l’excellent single "Everyday’s A Holiday" pousse le groupe à intégrer Posse dans le line-up permanent, et à enfoncer le clou de cette formule.

Niveau métaul qui tâche, les gros punkeux de Suicidal Tendancies ont monté leur side projet Infectious Groove, et s’offrent un énorme banana-split de punk, de funk et de slap à tout va : The plagues that makes your booty moves en 91, avec le dieu Trujillo à la basse. Phacochère à voix de moineau, le maître de cérémonie Cyco Miko semble paradoxalement le  « maillon faible » de cette machine de guerre : mais comment résister à cette basse, ainsi qu’à cette paire de guitaristes "regliss mint", l’un roi de la cocotte funk, l’autre maître-thrasheur, tous deux jouant « en même temps » sur chacun des morceaux ? Comment ne pas bander en écoutant "Punk It Up" ou encore "Therapy" (Ozzy inside) ? 

Un coup d’œil au reste de la sphère métal montre que la gangrène est en marche sur tous les fronts. On verra bientôt Phil Anselmo taquiner le phrasé rap sur "No Good (Attack The Radical)" de 92, ou Prong couper leur hardcore écorché d’un groove de malade ("Beg To Differ" 90) ; en attendant, Pantera sort l’album de groove-metal par excellence (Cowboys From Hell), et leurs potes d’Anthrax remettent le couvert en 90 avec Public Enemy, sur une compo « fusion » autrement plus sérieuse que leur pochade de 87 : "Bring The Noise.

Fusion-fusion-fusion… C’est l’heure du « tout fusion », et l’étiquette devient large, très large, presque trop large. La scène glam (en train de crever la gueule ouverte) accouche dans ses convulsions d’une groupe de jolies tarlouzes peroxydées : Extreme. Mais glam, vous avez dit glam ? Le groupe signe pourtant ses compos sous le label Funky Metal – et de fait, si l’essentiel de premier album (Extreme 89) fleure bon le spandex et la batterie triggée, les cocottes funk et le groove supraterrestre de Nuno Bettencourt (le meilleur guitariste du monde, l’ai-je déjà dit ?) sont déjà d’une autre époque.

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Extreme : c’est pas parce qu’on a des gueules de cul qu’on joue comme des pieds.

S’il reste des sceptiques, ils s’en convaincront avec le terrassant Extreme II : Pornograffitti qui sort l’année suivante, parfaites Tables de la Loi du métal funk. L’émouvant single "More Than Words" a beau entamer une infection planétaire dès la sortie de l’album : cette jolie ballade acoustique n’est que l’arbre qui cache la choucroute. Pornograffitti, c’est avant toute chose la joie de vivre et le riff qui groove à son maximum (It’s A Monster). En plus d’une explosion de tubes en béton armé, c’est un nouveau soleil qui se lève sur le monde des guitar-héro : Nuno, le retour, seul être au monde à faire groover des riffs de shred, à péter le break funky en toute désinvolture, soliste imparable ("Get The Funk Out"), guitaristique ludique dont les moindres riffs, les moindres plans, cachent autant de trouvailles, de clins d’œils, de confiseries lâchées comme par distraction…

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Nuno Bettencourt : la virtuosité au service du groove parfait 

A l’image d’Extreme, les groupes majeurs naissent à la pelle, et ce qui n’est pas étiquetable tombe – un peu abusivement – dans la fameuse corbeille « fusion ». Ainsi King’s X, trio magique de galériens devant l’éternel, finit par sortir au bout de dix ans son premier album, Out Of The Silent Planet (88). Leur son (une basse grésillante, des riffs métaulz, le tout sous des harmonies beatlesiennes et la voix gospel de Doug Pinnick) les classe d’emblée parmi les extra-terrestres – donc les « fusionneux ». Etiquette que le groupe revendiquera par ailleurs, et même illustrera de la plus belle manière, sur les fabuleux "Gretchen Goes To Nebraska" de 89 et "Faith Hope Love" de 90. Toutefois, même si les compos sont diverses et colorées, il s’agit plus d’un tressage de différents « rocks » qu’une fusion pure et dure. Disons pour faire bref : une alliance soft de pop planante, de métal « chaud », et d’un pilonnage funk old-school à la basse.

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King’s X : sept ans de galère avant la reconnaissance ; vingt ans de galère après.

Autre OVNI, les pétaradants Primus profitent de 89 pour débouler avec Suck On This, puis 90 avec Frizzle Fry tous slaps dehors. « Y a du slap ? Eh ben c’est de la fusion ! »Oui, certes… sauf qu’on ne sait pas trop ce que Primus fusionne au juste, tant le groupe semble sorti de nulle part, et occuper à lui seul une niche dans l’ecosystème du métaul.

C’est une belle période.
Rétrospectivement, on ne peut qu’être frappé par la joie, la patate, l’optimisme unanime qui se dégage de tous ces skeuds. Et j’enfonce bien le clou : de tous ces skeuds, du plus léger au plus revendicatif. Tous, partout, affichent le même entrain, la même force juvénile, le même bonheur d’apprenti-sorcier dans un magasin de confiseries. Et ce n’est pas fini ! Car, comme si toutes les strates du genre avaient rassemblé leurs forces pour mieux brûler, 91 est l’année d’une seconde salve qui laissera tout le monde abasourdi. C’est bien sûr les Red Hot, qui décrochent le cocotier avec le cultissime Blood Sugar Sex Magic. Plus qu’une confirmation, c’est un véritable saut quantique par rapport aux débuts du groupe : tout est non seulement meilleur que sur Mother Milk (plus efficace, plus groovy, plus marquant (plus long, aussi – 73 minutes !)), mais les compos semblent tout bonnement d’une classe supérieure, d’une eau nouvelle, d’une maturité qui rend leurs délires encore plus mortels. Bien aidés par le son naturel et vibrant de Rick Rubin, le groupe décroche au passage deux méga-hits planétaires, avec l’irrésistible "Give It Away", et surtout, la tuerie-que-même-votre-cousine-de-quinze-ans-connaît : "Under the Bridge".


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« Salut ! Je m’appelle Anthony Kiedis, et je suis capable de chanter très très faux. » 


La fusion « black » n’est pas en reste : Living Colour a donné en 90 un successeur à Vivid, avec le plus exigeant Time’s Up, excellente continuation de leur formule fatale, mais disque où la technicité prend parfois le pas sur le bonheur d’écrire. Résultat : malgré un "Love Rears Up It's Ugly Head" à se taper les couilles par terre, l’essai n’est pas transformé (d’un cheveu).

Nos amis des Spyz remettent quant à eux le bordel sur la table en 91, avec le décousu mais rigolo "Gumbo Millenium". La porte du succès se serait éventuellement entrouverte avec le single "Don’t Break My Heart"… si leur chanteur P.Fluid n’avait annoncé son départ du groupe à la fin d’un concert, au beau milieu de la scène, et sans même que ses camarades aient été avertis - la grande classe.

Tandis que les Bad Brains s’enfoncent dans un marasme similaire, les conquistadors de Fishbone vomissent dans les bacs un album que certains – peut-être un peu hâtivement – ont baptisé le "Sgt. Pepper des années 90" : The Reality Of My Surroundings (91). Un Cd dense, long, chaud comme une étuve, bordélique à souhait, où les sursauts de génie surnagent dans un océan de bonne humeur ("Everyday Sunshine", "Sunless saturday"). On retrouve sur cette galette la marque du Fishbone « deuxième manière » : un groupe à cinq têtes vocales supérieurement doué, techniquement illimité, mais qui croule parfois sous l’abondance de biens, au point d’y perdre en lisibilité.

Plus modestement, les trasheurs de Mordred livrent un satisfaisant In This Life : le DJ, on l’a dit, fait maintenant partie de la troupe, et son scratch est de tous les bons coups. Malgré un chanteur parfois « limite », le techno-trash du groupe fait mouche, et – n’hésitant pas à entrecouper ses riffs mégadethiens de slap, ou son trash Testamentaire de funk ou de reggae – le groupe livre parfois de stupéfiant morceaux de musique (comme le single Falling Away et son passage central, d’un « épisme » à couper le souffle). Le succès reste cependant confidentiel, enterré peut-être par la vague de branleurs dix mille fois plus cools que ce combo de trasheux reconvertis sur le tard.

C’est l’heure que choisit l’Europe pour se mettre au jus : pendant que les chtarbés finlandais de Waltari attaquent les hostilités sur un mode très punk, Urban Dance Squad accouche de Life’N’Persepctive Of A Guenuine Crossover, dans la droite continuité du premier album : des compos pêchues mais légèrement linéaires, qui brillent surtout par leur bricolage de trames, d’ambiances et de textures (grand coup de chapeau au DJ ainsi qu’à l’inventif gratteux Tres Manos). Trois touches de couleurs différentes pour s’ouvrir l’appétit : Routine, Bureaucrat Of Flaccostreet, et Grand Black Citizen.

La France, quant à elle, sort de son chapeau ses plus grands fusionneux, sous le patronyme à géométrie variable de Fédération Français de Fonck. A moins qu’il ne s’agisse des Furious Five Frogs de Paris ?? Peu importe. De fonck (= rock + funk), il est bien question chez FFF : mais leur Blast Culture de 91, produit par Bill Laswell à New York, pousse la fièvre un cran plus loin : groove à tous crins, reggae, riffs AC/Dciens, oui, Epic a eu raison de foutre le paquet sur ce premier album. Car, véritable tsunami de sueur et de « positive vaïbrations » en live, la troupe à Marco Prince s’impose dès ce premier essai comme l’équivalent d’un Fishbone français, rien de moins.


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FFF, adoubés par le manitou George Clinton

1991 : le vent de la fusion souffle donc à tous les étages. Même le rock chrétien trouve un candidat timide en la personne de Dig Hay Zoose et son Struggle Fish un peu fébrile. Le festival Lollapallooza, futur « grand cirque itinérant du rock alternatif », est inauguré en grande pompe, et voit le rap d’Ice-T partager la scène avec le rock de Jane’s Addiction (lequel Ice-T rassemble doucement ses armes pour son Body Count à venir). Primus enfonce le clou sur le branque et bancal Sailing The Seas Of Cheese, offrant au public ébaubi l’une des plus originale et impressionnante prestation « basse et batterie. »

Mais déjà, la girouette tourne doucement. Mike Patton de Faith No More ne perd pas le nord : profitant d’un break après l’excellent Live At The Brixton Academy (90), il saute en studio avec son groupe initial, Mr Bungle. Chaperonné par le gourou John Zorn, le groupe sort en 91 son premier album : coup de génie, immense foutoir grimaçant qui, sous la patate et l’énergie positive de l’époque, révèle progressivement des couches et des couches de mal-être, d’humeurs glauques et d’ordures empilées.

Quelque part à l’ouest des Etats-Unis, un trio de jeunes chevelus continue de casser des guitares, et sort un album nommé [u]Nevermind[/u]. Pas de doute : les heures d’innocence et de joie débridée sont doucement en train de se terminer…



Les albums à retenir


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