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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-R. Nattefrost
(chant+guitare+claviers)

-J. Nordavind
(guitare+claviers+chœurs)

-Tchort
(basse)

-Anders Kobro
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro - Damnation Chant
2)Bloodcleansing
3)Mark Of The Slave
4)Martyr/Sacrificulum
5)Thanatology
6)The Suicide Song
7)House Of The Whipcord
8)Cloak Of Midnight
9)Return Of The Freezing Winds
10)Theme From Nekromantikk
11)The Good Old Enema Treatment
12)He's Turning Blue

DISCOGRAPHIE


Carpathian Forest - Strange Old Brew
(2000) - black metal - Label : AvantGarde Music



Une intro bien inquiétante dites donc ! Hum hum, l’ambiance est clairement posée dès les premières notes, ça ne va pas être de la musique de gais lurons, non, on va plutôt faire dans le black metal brut de décoffrage dénué de tout artifice qui ne serait de toute façon pas black metal. Intro aux claviers donc, et pesante, oppressante. Puis on dégringole dans la musique de Carpathian Forest, à savoir des riffs ténébreux assénés par des guitares glaciales, une batterie qui ramasse à peu près ce qu’elle peut sur son passage sans pour autant avoir recours à l’ultra violence, et une basse au son vraiment unique, assez indescriptible. Et là on se dit que Carpathian Forest, un groupe norvégien (évidemment) sorti de nulle part si ce n’est peut-être la forêt froide, a son propre son, incomparable et unique. Car l’air de rien, c’est vraiment un bol de pur black metal bien frais qu’on se prend en plein dans la gueule à une époque où le genre n’est plus très guilleret.

Cette sensation de brut de décoffrage se retrouve tout au long du CD avec des riffs paralysants de froid à ne plus savoir qu’en faire, des rythmiques mortuaires, un chant excellent et magnifiquement black metal tout en sortant de la masse (ce qui n’est pas une mince affaire), une basse qui vient vous frapper à la massue directement là où ça fait mal et une batterie qui l’air de rien en pilonne bien, malgré son apparent calme, et qui prouve surtout qu’il n’est point besoin d’aller à la vitesse de la lumière, ou de blast beater à tout va pour faire violent. Non, quelques roulements de double grosse caisse de-ci de-là et un gros son suffisent. Et s’il fallait choisir une chanson pour mettre en pratique tout ce descriptif, le choix se porterait tout naturellement vers "Martyr/Sacrificulum" qui charge à coup de riffs d’outre-tombe, de basse version obus, d’une batterie qui se la joue sadique et d’un chant caverneux à souhait. Le tout donne un morceau d’une froideur peu commune et d’un black metal très pur. De plus, Carpathian Forest montre qu’il sait faire peur même en baissant encore plus le rythme pour tomber limite dans le doom avec "Thanatology" qui offre des riffs lugubres et d’une lenteur pachydermique au même titre que "Cloak of Midnight".

Le mieux dans tout ça, c’est que tout l’album est d’un calibre similaire et qu’il ne laisse entrevoir aucune lueur d’espoir d’un bon fait feu bien chaud et éclairant. Ne cherchez pas, ici tout n’est que désolation, froid polaire et nuit noire agrémentée d’une épaisse brume. Le bonheur c’est pour les autres, eux s’occupent des malheurs. En plus comme ils sont sympas chez Carpathian Forest, ils vous prouvent qu’on peut faire frissonner rien qu’avec des claviers/piano, une rincette de batterie et un peu de trompette (non non, vous n’hallucinez pas, j’ai bien écrit trompette !) avec pour fond un chœur lointain et un chant trituré. Une piste très étrange que cette "House Of The Whipcord". D’ailleurs ils font vraiment ce qu’ils veulent en cette fin d’album puisque encore une fois ils se permettent de livrer une chanson composée uniquement de claviers au son très violonesque et par ailleurs sublime. Ce n’est pas du clavier emphatique à la Dimmu, non c’est du clavier d’ambiance, et ça change tout. Magnifique "Theme From Nekromantikk".


Franchement un excellent album de black metal qui mérite sa place dans toute discothèque de black metalleux qui se doit. Un moyen imparable pour retrouver la pureté du black metal sans pour autant s’enliser dans les abîmes des albums sous-produits à la Dark Throne et en plus vous aurez droit à une once assez grande d’originalité. Du vraiment bon et beau boulot.


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