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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Arno Strobl
(chant)

-Axel Wursthorn
(instruments)

TRACKLIST

1)Party At Your House
2)Fuckable
3)Satanic Disaster
4)Right Click... Save As...
5)Cartilage Holocaust
6)The Lady And The Dormant Sponge
7)Delivery Day
8)Ohlala
9)Living In The Plastic Age
10)D.O.A. (Drunk Once Again)
11)Promenade

DISCOGRAPHIE


Carnival In Coal - Collection Prestige
(2005) - inclassable - Label : Earache Records



Après quatre ans d'absence, le retour de Carnival In Coal! Fraîchement signé chez Earache, label prestigieux d'extrême (et d'Addiction Crew, malheureusement), le duo français revient avec un album à l'artwork somptueux. La thématique produit de luxe/ambiance Lion's Club est développée tout au long du livret qui est vraiment très drôle à observer dans les détails, vous verrez par vous-même. Cet album est également le premier depuis Vivalavida sur lequel les deux larrons ont travaillé de concert pour nous balancer ces nouvelles compos originales, après avoir bossé chacun de leur côté pour Fear Not CinC.

Collection Prestige marque un changement net au niveau du son: en effet pour la première fois sur un album de Carnival in Coal on ne peut pas détecter dès la première seconde qu'il n'y a pas de batteur. Le son de boîte à rythmes est très organique, comme le son de tout l'album d'ailleurs. Ça tranche naturellement avec le très synthétique Fear Not: les guitares sont repassées à l'avant, et les claviers assurent le soutien. Le tout sonne par conséquent beaucoup plus « métal », ce qui peut être vu comme la conséquence naturelle de la plus grande implication d'Arno le gros métalleux dans le processus de composition. Le titre "Right Click... Save As" évoquant le téléchargement MP3 sonne ainsi extrêmement thrashcore. Les éléments délire sont plus subtils que d'habitude, comme les castagnettes du refrain... le titre semble presque « normal » jusqu'au moment où le son devient subitement très étouffé et qu'une voix préenregistrée nous annonce « You're currently listening to the new Carnival In Coal album... », caractéristique des versions advance parfois données aux journalistes et qui se retrouvent quand même sur le net. C'est drôle, et Collection Prestige annonce le retour de ce type d'humour complètement con qu'on aime tant.

En fait, si vous parlez un tant soit peu anglais je vous enjoins à absolument garder les textes sous les yeux lors de l'écoute des titres: les éléments parodiques sont souvent directement nés de l'opposition thème de la chanson / musique, comme dans "Cartilage Holocaust", une chanson de funk pur (pas de métal dedans!) avec un texte totalement gore... C'est d'ailleurs une autre caractéristique de Collection Prestige: les morceaux sont plus typés qu'avant, à savoir que le duo explore une direction, un croisement par titre et tourne autour. L'originalité est à l'échelle de l'album, plus des compos. Elles sont donc beaucoup moins déjantées que celle de Vivalavida au niveau de la structure et des changements brutaux d'ambiance, ici on a souvent une base autour de laquelle on construit des variations les plus efficaces et parodiques possibles. En ce sens le style CinC a vraiment évolué. On trouve toujours des breaks farfelus, pas d'inquiétude, et le groupe se débrouille même pour explorer de nouvelles voies... Le passage jazz manouche de "Satanic Disaster" fait bien mal, par exemple.

Dans la série recherche, "Ohlala" se pose-là. Cette chanson décrit le calvaire d'une jeune gothique obèse coincée dans une soirée zouk (mouarf!). Donc oui, c'est du zouk-metal. L'expression traditionnellement liée à l'écoute d'un album de CinC (« seigneur, ils ont osé ») revient... Même si le titre n'est pas axé sur les changements d'atmosphère mais bien sur un mélange constant entre les différents éléments. La guitare fait le lien entre tous les morceaux, et certains riffs se posent vraiment là en matière de puissance. L'ultra-speed et métalissime "The Lady And The Dormant Sponge" pose dans une compo jouissive et évidemment clichesque un déferlement de notes divin, le solo de shred supersonique volontairement gogol de la fin parachevant le tout. Vous voyez l'idée? Toujours décalée, la musique s'est pourtant recentrée, les claviers distillant toujours ces sons complètement neuneus de boîte à musique, machine de casino, jeu électronique vintage, vaisseau spatial, porte en bois (!)... donc on garde le sourire aux lèvres car c'est tout de même osé.

Cet album réussit à conserver les composantes qui font de Carnival In Coal un groupe à part tout en étant fondamentalement différent à la foi de Vivalavida et de Fear Not CinC. C'est déjà pas mal en soi. De plus Arno affiche par moments des progrès éclatants, notamment en ce qui concerne ses nouvelles manières de chanter en agressif (il a encore ajouté des hulements à son arc, le cochon). La fin est vraiment spéciale vu qu'il s'agit d'une improvisation atonale piano/violon... atonal ça veut dire la musique moderne qui ne ressemble à rien pour la plupart des gens. C'est fort surprenant, et Axel a avoué en interview que la simple idée de sortir un morceau de musique contemporaine chez Earache l'avait pas mal motivé... En tout cas Carnival In Coal reste un groupe unique en son genre, et Collection Prestige saura contenter les amateurs de gros délires structurés. Pour les amateurs de gros délires totalement déjantés, je vous oriente vers Vivalavida.




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