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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Arno Strobl
(chant)

-Axel Wursthorn
(instruments)

TRACKLIST

1)Yes! We Have No Bananas
2)Cadillac
3)1308.JP.08 (Supuration cover)
4)Exit Upon Void
5)Don't Be Happy, Worry
6)Gang Bang
7)Daaahhh
8)Ring My Bell
9)Fear/Fear Not

DISCOGRAPHIE


Carnival In Coal - Fear Not CinC
(2001) - inclassable - Label : Season Of Mist



« Fear Not Carnival In Coal », en voilà un titre bien trouvé. Car Vivalavida avait fait peur à votre serviteur. Dans la série « seigneur, ils ont osé », c'était du genre qui marque. Du brutal deathgroove, ils appellent ça: on prend du death/black ultraviolent et on le marie sans vergogne à du funk, de la disco, de la dance et du r 'n' b et on assume en plus. Et on assure comme des bêtes en se marrant un maximum aussi, car avec une telle formule de départ la musique demande une sacrée dose d'humour et de talent pour pouvoir cartonner. Le premier album du duo français m'avait bien traumatisé, et à l'aube de la sortie du nouveau bébé Collection Prestige j'en profite pour revenir sur leur troisième album, Fear Not CinC.

French Cancan, le deuxième album, est à part car dominé par les reprises. Donc Fear Not peut être considéré d'un certain point de vue comme le véritable deuxième album de CinC, celui sur lequel le groupe a affirmé son style par le biais de nouvelles compos. Autant vous le dire tout de suite: les caractéristiques constitutives sont toujours les mêmes. Paroles stupides et hilarantes, côté parodique extrêmement prononcé, enchaînement (et fusion) de métal extrême avec des musiques a priori totalement à l'opposé. La production est toujours signée Axel et reste impressionnante: le seul bémol que certains pourront trouver est le son très synthétique de la boîte à rythmes. L'ensemble sonne d'ailleurs assez synthétique, ce qui ne me pose pas de problème, vu que quand ça doit envoyer le bois les guitares reprennent leur bon vieux son énorme. Mention spéciale comme d'habitude au son de basse qui bouge les tripes.

Donc je l'ai dit: les compos sonnent plus synthétiques que sur l'album précédent (dixit Arno lui-même), mais en général on peut dire que l'approche reste la même. En gros, si je devais évoquer une réelle évolution dans le style du groupe, ce serait plutôt dans la baisse des délires purs et stupides qui parsemaient Vivalavida et qui faisaient littéralement rire à la première écoute: je rappelle en vrac le chanteur qui se plantait et lâchait « oops » dans une partie de growl death, le « batteur virtuel » qui s'épuisait pendant un blast-beat et à qui une voix ordonnait « go on! », etc. Donc moins de gags auditifs, mais une recherche constante en matière de musiques improbables que l'on peut greffer au death et au black tout en faisant une chanson killer au passage en se prenant le moins au sérieux possible.

Et ça atteint de grands sommets parfois, mais l'effet de surprise est passé. Attention, revoyez la note: cet album de CinC fait mal. C'est virtuose au niveau de la composition, de l'art du mariage entre des trucs mutants. "Exit Upon Void" est une compo prog de sept minutes qui vous grave le crâne à jamais tout en laissant les deux tordus explorer leur délire. Arno continue à enchaîner ses cent trente-trois registres comme qui rigole: il croone, chante en lyrique/opéra, fait de la pop, hurle en un growl aigu à la Filth et grave à la Chris Barnes (en général doublées, aïe), il chevrote, fait du falsetto, j'en passe, j'ai arrêté de compter. Cet homme est dégoûtant. La chanson "Don't Be Happy, Worry!" combine un titre assez génial à des riffs brutaux et un refrain disco irrésisitible, tandis que "Gang Bang" est un véritable titre de techno-dance-métal dont le chant « bourré » reste parodique mais dont l'instru pourrait passer en club sans problème...


Fear Not CinC arrive après Vivalavida donc le choc est moindre. De plus le groupe semble s'être moins lâché côté stupidité débile, et l'impact en est d'autant diminué à mon sens. Il reste un album musicalement ébouriffant qui aurait pu être culte si les Français avaient su retrouver cette étincelle de génie présente sur chaque titre de Vivalavida. Ici elle apparaît épisodiquement seulement, peut-être parce qu'Arno et Axel ont travaillé chacun de leur côté pour cet album. En tout cas Fear Not vous réservera encore de sacrés moments en attendant Collection Prestige, car pour pondre un truc comme ça il ne faut tout de même pas être n'importe qui.


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