986

CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Bennett
(guitare)

-Williams
(guitare)

-Berry
(basse)

-Turner
(batterie)

TRACKLIST

1)1977 Blood For Papa
2)1969 A Predator Among Us
3)The First Broken Promise
4)1440 Exit Wargasmatron
5)1066 Born On The Bayeux
6)1946 The Last Renaissance Man
7)739 A.D. The Harrying Of The Heathen

DISCOGRAPHIE


Capricorns - Ruder Forms Survive
(2005) - stoner ambient atmospheric sludge - Label : Rise Above



S'il y a bien une chose que l'on ne pourra pas enlever aux musiciens du groupe Capricorns, c'est une sacrée dose d'audace. Essayer de se faire un nom dans le milieu du metal avec un album à très forte dominante instrumentale, ce n'est déjà pas une mince affaire. Faire du metal instrumental en n'étant ni un groupe de progressif slovaque lorgnant vers le free-jazz, ni un guitar-hero permanenté amoureux du néo-classique, ça force le respect. Mais alors emballer le tout dans une pochette qui à première vue convient mieux à un groupe de grindcore old-school, ça frise l'inconscience et le je-m'en-foutisme absolument irrécupérable. Mais en dépit des apparences, il y a quand même pas mal de choses à récupérer sur Ruder Forms Survive, disque sortant quelque peu des sentiers battus.

Le groupe se définit comme un mélange de « l'attitude punk d'Amebix avec un Pink Floyd période Ummagumma ». Votre fidèle serviteur étant assez mal renseigné (comprendre: complètement ignorant) concernant ces deux références, il préférera se borner à dire que la musique présente sur Ruder Forms Survive a des allures de sludge croisé à du stoner, avec des riffs assez simples et possédant un groove certain mais pouvant verser dans la violence, entrecoupés de passages acoustiques/atmosphériques remémorant les côtés les plus sombres de groupes comme Mogwai. Il faut toutefois nuancer cette dernière comparaison en précisant que Capricorns ne touche que très légèrement au genre post-rock et ne fait surtout pas usage d'électronique, leur approche étant délibérément plus crue et minimaliste.

Et si l'on en vient à parler de crudité, il faut dans ce contexte mentionner la production totalement dépourvue de fioritures. La saturation grasse et possédant un grain très prononcé ne donne pas l'impression d'être passée par douze amplis, la réverb de la batterie sonne comme étant naturelle, la basse a un son tour à tour très clair ou agressivement ronronnant, et l'on entend lors des parties les plus calmes les attaques des médiators ou le glissement des doigts sur les cordes des guitares. Cependant, on n'a pas l'impression d'écouter quelque chose de daté ou de mixé à la va-vite, juste un disque qui évite le piège du son synthétique et surproduit, dans une volonté de privilégier le fond au détriment de la forme.

Car en plus de leur audace, les musiciens de Capricorns peuvent mettre à leur crédit un sens assez peu commun de la montée en puissance, un véritable art de créer des tensions. C'est assez frappant au début des compositions "1969: A Predator Among Us" et "1066: Born On The Bayeux", on attend la déflagration de distortion, car on la sait imminente, et en même temps on la redoute à cause de l'ambiance très glauque et oppressante qu'insuffle le disque et en particulier ses parties acoustiques. Un autre moment mémorable, c'est l'apparition en guest-star du chanteur d'Oxbow, réputé pour son style très théâtral, sur "The First Broken Promise", dans une surprenante imitation d'un chat de gouttière agonisant. Et cette remarque n'est pas dépréciative ou goguenarde, mais vouée à essayer de donner une idée quant à l'aspect dérangeant et décalé de son intervention.

Malheureusement, au bout de quelques écoutes, l'effet de surprise commence sérieusement à se dissiper, et l'on a du mal à retrouver les frissons qui vous ont parcouru lors du premier contact avec la chose. Malgré tous les bons riffs présents et les ambiances savamment distillées, il manque à ce disque une certaine dose de subtilité et raffinement qui aurait pu en faire autre chose qu'une sympathique curiosité. La faute en incombe sûrement à des arrangements un peu trop simplistes, ainsi que des riffs au degré d'inspiration malheureusement trop inégal. Toutefois, le dépaysement et une bonne dose de noirceur un brin psychédélique sont garantis, a vous de voir si ce genre d'expérience vous tente.




©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7