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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 28 septembre 2007
Sa note : 16/20

LINE UP

-Benjamin
(chant)

-Drop
(guitare+claviers)

-Burn
(basse)

-Kevin
(batterie)

TRACKLIST

1)Emma-0
2)Ego Bypass Generator
3)Revive My Wounds
4)Isolate
5)Dynamic
6)Neurodrive
7)Ex-Inferis
8)Permafrost
9)Orbital
10)Twelve Megatons Gravity
11)Ethernity

DISCOGRAPHIE


Sybreed - Antares
(2007) - electro melodeath metalcore Cyber Metalcore - Label : Listenable Records



C'est en s'extirpant de Rain en 2003 que Drop a pu créer Sybreed. Après un album prometteur selon les critiques de l'époque, le groupe cyber metal genevois revient en cet automne avec Antares signé chez Listenable Records. Petite anecdote qui ne fut certainement pas amusante pour le combo, leur batteur originel jeta l'éponge avant l'enregistrement d'Antares et c'est Dirk Verbeuren (Scarve, Soilwork, etc...) qui se colla derrière les fûts par interim. Qu'est-ce qu'on ferait sans les interimaires de nos jours, je vous le demande...

Si vous avez l'occasion de mettre la main sur Antares, ne croyez pas que la découverte et l'assimilation de cet album seront immédiats comme le laissera présager votre oreille distraite. Car comme la plupart des CD qui durent, il se bonifiera au fur-et-à-mesur de ces écoutes qui dépèceront lentement le talent musical et mélodique du combo. C'est vrai que de prime abord, vous aurez l'impression d'écouter du metalcore classique, sans fioriture, si ce n'est l'omni présence synthétique. Puis la salve d'écoutes suivantes commencera à dégager des lignes mélodiques plus travaillées qu'il n'y parait, et enfin une bonne vieille écoute au casque finira de vous faire découvrir les nuances de samples, les petites variations vocales et la grosse homogénéité de la production.

Il est peut-être dommage d'avoir débuté l'opus avec "Emma-0", titre assez convenu sans être mauvais, mais qui pourra donner un a priori à l'auditeur pressé. En fait, l'éveil de Sybreed arrive à la fin de "Ego Bypass Generator" pour déboucher sur la première étoile d'Antares, "Revive My Wounds" et son refrain qui fait Brundle (pour comprendre ce trait d'esprit débile sans rapport, écrivez à la rédaction). Sybreed s'envole à partir de là et cela correspond d'ailleurs à une présence plus marquée des éléments électroniques. C'est comme si Sybreed se laissait aller vraiment, car les mélodies deviennent plus profondes et également plus catchy, la voix harsh se montre meilleure et prend parfois une tessiture black (intro hurlée de "Permafrost"), et l'ambiance se meut plus mélancolique et samplée.

Pour revenir vers la définition musicale de Sybreed, la grosse présence des claviers font lorgner le groupe vers le cyber metalcore, comme ne le renie pas la tessiture de la voix hurlée qui sévit en majorité dans les parties agressives. Là où le combo amène un plus, c'est que cette voix sait se moduler parfois vers le black et que la voix claire est multiple. De classique banale et limite gnangnan ("Emma-0"), elle fait quelques progrès au long de l'album tout en restant assez typée New Wave (!), elle est parfois samplée ("Orbital"), parfois plus aigüe, et a même des relents de Toto du temps de "Pamela" sur "Revive My Wounds", pour finir de manière plus triste avec "Ethernity". Quelque soit le titre (à part le dernier et l'instrumental "Ex-Inferis") les deux voix se complètent assez bien et savent respectivement laisser place à l'autre.

Du côté des références qui nous sont importantes pour situer un groupe, Sybreed affiche sporadiquement mais clairement des liens filiaux avec le Samael de Passage ("Dynamic" surtout, mais aussi à un degré moindre, "Twelve Megatons Gravity"), tandis que les rythmes syncopés entrecoupés de passages en voix claire rappellent Fear Factory (en moins brutal quand même et sans la tessiture de Burton) et Soilwork, et enfin, la mélancolie de "Ethernity" rend un hommage à Katatonia période Viva Emptiness (écoutez donc le début, c'est assez frappant). Et si vous voulez avoir une étendue du talent de ces petits suisses, attardez-vous sur "Neurodrive", synthèse quasi parfaite mêlant le cyber, le metalcore, le chant clair et le refrain qui fait du bien.


Au terme de ce deuxième album, il semble que Sybreed ait les moyens de s'imposer non seulement sur la scène cyber metalcore et metalcore tout court, mais aussi sur la scène metal en général car la qualité musicale et vocale est bien présente et accessible par tous les amateurs de metal en général, pour peu qu'ils s'en donnent la peine. Reste à devenir peut-être un peu plus personnel encore dans l'architecture des morceaux et prendre un peu plus de risque vocalement pour s'établir comme un acteur majeur du genre.


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