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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 22 septembre 2007
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Thomas
(chant)

-Simon
(guitare)

-Joshi
(guitare)

-Marc
(basse)

-Oli
(batterie)

TRACKLIST

1)Lords Of Battle
2)Baptise This World In Blood
3)Praise The Blood God
4)Back In Blood
5)Masters Of The Killing Art
6)Butcher Of Bitches
7)Death Metal Maniac
8)Manhunting
9)Alcohol Fueled Brutality
10)True To The Skull Throne (And Bound To Kill)
11)Storm Of Iron
12)Can't Dance (Genesis Cover)
13)Weisses Fleisch (Rammstein Cover)
14)8 Days A Week (The Beatles Cover)
15)Heavy Duty (Judas Priest Cover)
16)Kings Of Metal (Manowar Cover)
17)You Got Me Rocking (Rolling Stones Cover)
18)War Is Coming / Chill Out Version (Six Feet Under Cover)

DISCOGRAPHIE


Debauchery - Back In Blood
(2007) - death metal hard rock - Label : AFM Records



Selon l’adage, avec des « si », on mettrait Paris en bouteille. Mais avec un peu d’imagination, on pourrait faire des trucs vachement plus rigolos. On peut par exemple affirmer sans aucun doute que si Kurt Cobain n’était pas mort, il ferait du R’n’B, ou que si Mustaine n’avait pas été viré de Metallica, on aurait connu un jour un chef d’œuvre appelé Countdown Of Puppets. Et si Halford n’avait pas été gay, aurait-il chanté moins aigu ? Ou encore, affirmons que si AC/DC avait disposé du son de guitare et de la production de Cannibal Corpse ainsi que du chanteur de Deicide, on aurait eu un mélange plutôt sympathique. Ah, ben en fait ça existe, et ça s’appelle Debauchery…

L’album, quatrième du nom pour nos Allemands, se nomme Back In Blood, subtile allusion au Back In Black d’AC/DC. Les trois premiers opus ne se sont pas bousculés au portillon des bacs français, mais ils ont acquis une certaine renommée outre-Rhin. La France est-elle prête à tomber sous la coupe sanglante de ces rockers de l’extrême ? Pas si sur, malgré les indéniables qualités de ce nouvel album. En fait, tout va reposer sur votre façon d’appréhender le metal extrême (car, quoiqu’on en dise, c’est de cela qu’il s’agit ici). Si pour vous le death est une affaire sérieuse, que seules des formations comme Deicide ou Cannibal Corpse ont acquis une légitimité de par leur attitude jusqu’au-boutiste et leur absence de concession dans la brutalité et l’esprit extrême, alors Debauchery ne vous plaira sans doute pas.

Mais si au contraire, en tant que fan (ou simple amateur) de death brutal, vous êtes ouvert à une petite bouffée d’air frais, jetez-vous sans plus tarder sur ce Back In Blood. Comme évoqué dans l’introduction, la marque de fabrique de Debauchery est un mélange de riff hard rock - dont AC/DC semble être une influence prédominante – avec un son de guitare tout à fait typique du meilleur de la production death actuelle, auxquels on ajoute un growl. Et pas n’importe quel growl : la voix de Thomas est réellement impressionnante. Growl très grave, râpeux, tout à fait digne d’un Benton ou d’un Dan Swanö au meilleur de sa forme. La batterie est un autre élément qui situe Debauchery à la croisée des genres, tantôt brutal, tantôt plus rock’n’roll (sans non plus s’approcher du jeu de Ringo Starr, hein). Mélange qu’ils n’ont pas été les premiers à proposer, mais qu’ils font bien.

Deux CDs sont proposés ici, le premier étant l’album à proprement parler, onze titres pour environ quarante minutes de musique. Pas de fioritures, les titres sont plutôt courts, carrés, aux structures similairement basiques, comme à la grande époque des rois du hard-rock. Le tempo s’accélère parfois ("Baptise This World In Blood", "Master Of The Killing Art", "Manhunting") au point qu’on en oublie avoir affaire à du Debauchery et qu’on tombe dans le death metal plus commun, et c’est dans cette configuration que le groupe perd de son intérêt – sans pour autant devenir mauvais. On préfèrera leurs titres plus rock’n’roll comme "Back In Blood", "Butcher Of Bitches" ou "Alcohol Fueled Brutality", plus lents mais imparables de puissance et de potentiel headbangien.

Le second CD fait office de curiosité. On y trouve sept reprises de groupes divers et variés comme Genesis, The Beatles ou encore Manowar et Rammstein. On ne s’y attardera pas, leur seule fonction étant d’amuser la galerie le temps d’une soirée en sortant à vos potes « eh les gars, ça vous dirait d’entendre "I Can’t Dance" en version death metal ? ». Bref, un bonus sympathique mais bien dispensable. Debauchery sort donc un album frais, énergique et ma foi bien efficace qui devrait ravir les amateurs de death metal à l’esprit un minimum ouvert. Il y a toutefois gros à parier que Debauchery, vu la musique qu’ils proposent, prennent toute leur envergure sur scène. Il n’y a qu’à écouter l’énorme intro du titre "Back In Blood" pour s’imaginer une foule de chevelu beugler et cracher leurs tripes en agitant furieusement la tête.


Si vous n’êtes pas effrayé par l’imagerie du groupe (en accord avec leur nom : on y trouve des gens torse nus aspergés de faux sang et des jeunes femmes accortes agenouillées et tenues en laisse, un peu comme dans un film SM de septième zone), alors n’hésitez pas. Paris ne sera pas mis en bouteille, Elvis Presley n’est pas serveur dans un Burger King du Nevada et on ne saura (sans doute) jamais ce que donnerait un concours de screaming entre Ripper Owen et Céline Dion, mais Debauchery existe bel et bien, alors ne nous en privons pas. Rock’n’death !


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