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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 18/20

LINE UP

-Jan Axel Von Blomberg
(batterie)

-Hugh Steven James Mingay
(basse)

-G. Wolf
(chant)

-Knut M. Valle
(guitare)

-Steinard Sverd Johnsen
(claviers)

TRACKLIST

1)Master Of Disguise
2)Ad Astra
3)The Chaos Path
4)La Masquerade Infernale
5)Alone
6)The Throne Of Tragedy
7)Painting My Horror
8)Of Nails And Sinners

DISCOGRAPHIE


Arcturus - La Masquerade Infernale



Amateurs de musique raffinée et originale, réjouissez-vous ! Cet OVNI lointain descendant de la lignée black metal saura calmer vos ardeurs. Difficile de croire en effet qu’à sa tête se trouvent des pointures du black metal tant la musique proposée est riche, variée et, surtout, absolument pas black metal la majeure partie du temps. Tout au plus retrouverez-vous ce grain caractéristique des guitares black metalleuses. Le groupe ne se permettant qu’une seule incartade dans le blast beat sur "Alone".

Tout commence sur une intro toute en claviers symphoniques avec pour fond lointain une voix distordue. Une minute se fait attendre et le théâtre daigne ouvrir ses rideaux pour laisser arriver sur scène un lent roulement de double grosse caisse du maître Hellhammer et de langoureux pianos… La voix n’est pas en reste tout en arborant une intonation étrange. Ensuite parmi maintes expérimentations, en plus d’une construction défiant la logique, s’échappe un passage où seule la basse est maîtresse de la pièce. Un son étrange aussi pour celle-ci, un poil inquiétant. C’est ainsi que La Masquerade Infernale (avec la faute en français dans le texte) s’ouvre sur sa plus mauvaise chanson. Ah non ! Sa moins bonne. Désolé.

Et quelle moins bonne chanson ! De nombreux groupes auraient aimé être capables de ne serait-ce qu’offrir la moitié de la richesse contenue dans ce morceau inaugural qui part un peu partout ce qui explique la difficulté de suivre le fil conducteur (qui finalement n’est pas un fil et encore moins conducteur). Une chose est sure: au sortir de ce premier acte, la musique d’Arcturus, au-delà de son originalité constitutive, nécessite la persévérance de son auditeur pour s’imprégner de l’ambiance expérimentale qui s’en dégage et en déceler les premières bribes intelligibles. Oui une musique si recherchée ne se laisse pas domptée au premier coup d’oreille, soyez avertis. Il est en effet très rare qu’Arcturus use de chemins préétablis, connus, il s’agira quasiment toujours de sentiers abruptes et sinueux (je suis en train de lire Le Seigneur Des Anneaux) qui n’iront jamais droits au but.

En tout cas, une fois incorporés tous ces obstacles à l’appréciation de la musique à sa juste valeur, vous découvrirez un groupe fabuleux dont la richesse créatrice est à des années lumières de ce que le commun des mortels peut envisager. Ainsi "Ad Astra" est-elle un monument de mélancolie futuriste (??!). Des sons étranges vous bercent, des claviers-violons magnifiques vous emportent, la grosse caisse vous ébranle par ses coups métronomiques et le piano vous achève en vous arrachant immanquablement des larmes. C’est le moment que choisit le chant pour refaire une apparition trafiquée. Vous êtes à présent irrémédiablement happés dans les affres de l’expérimentation Arcturienne. Mais d’où sortent-ils cette accélération mélodique sur la fin du morceau ?? Et nous ne sommes qu’au deuxième acte… Merveilleux. Derrière, gros riff bien lourd, lent et pachydermique dans le genre ultra grave. Après le si délicat passage que vous venez de vivre, vous le sentez passer.


Arcturus est fou ! Arcturus est grand ! Pour ma part je n’essaye plus de comprendre quoi que ce soit à ces gens ni à leur musique. Je me laisse emporter par les chefs d’orchestre, les maîtres d’œuvre. Ils savent eux ce qu’ils veulent faire et vous faire. Et ils le font avec une maestria et un brio à aucun moment démenti. Les riffs trouvés sont enchanteurs autant que déroutants. Prenez par exemple celui de "The Throne Of Tragedy", ils est sublime, mais auriez-vous penser un jour qu’une guitare puisse sonner ainsi ? Franchement, que voulez-vous faire d'autre que vous incliner face au génie réuni de ces types ? A chaque morceau ils trouvent l’enchaînement que l'on n’attend pas, ils trouvent la magnificence musicale qu’on n’imagine pas. Et là je me sens comme obligé d’arrêter les louanges et de juste faire une seule chose : tirer mon chapeau.


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