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CHRONIQUE PAR ...

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Yannoch
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Danny Griffith
(machines)

-Darius Keller
(machines)

-Rosco John
(chant)

-Roya Arab
(chant)

TRACKLIST

1)Old Artist
2)All Time
3)So Few Words
4)Headspace
5)Darkroom
6)Londinium
7)Man-Made
8)Nothing Else
9)Skyscraper
10)Parvaneh (Butterfly)
11)Beautiful World
12)Organ song
13)Last Five

DISCOGRAPHIE


Archive - Londinium
(1996) - electro - Label : Island Records



Ah… le monde du trip hop ne cessera de nous étonner… les groupes phares possèdent tous un petit quelque chose qui nous fait chavirer n’est ce pas? Et bien ce premier opus des Anglais d’Archive se place de suite en haut de l’affiche. Petit à petit, Londinium se découvre et nous ne pouvons qu’être admiratif quant à la copie rendue… Le nom « Archive » apparaît vers 1990, sous l’impulsion de Dany Griffiths et Darius Keller qui sortent quelques singles sous leur propre label, seulement et même si le résultat est déjà des plus intéressants, les deux compères ne s’avèrent pas entièrement satisfaits. En 1994, le groupe voit l’arrivée de Roya Arab et Rosco John, tout deux chanteurs, qui vont permettre d’accentuer la cohésion des pistes et surtout leur profondeur…

Désormais conscient de son potentiel, le groupe (au complet) décide de peaufiner les pistes que constitueront leur premier album. Ainsi, il n’hésite pas à retravailler plusieurs mois durant, chaque piste une à une! Rosco jeune rappeur de Londres, et Roya qui écrit les paroles des chansons vont, sans le savoir, littéralement créer un style propre à Archive, une véritable identité. L’album Londinium (Londres en romain) sort en 1996 sous le label Island, alors que les deux chanteurs viennent juste de quitter le groupe. Quel dommage, car le travail accompli est impressionnant et le son produit inégalable comme en témoigne "Nothing Else", "Londinium" voire "Parvaneh" . Ces trois pistes montent en puissance avec un petit beat électro accrocheur et des synthés qui grimpent dans les aigus à n’en plus finir. La claque ! Ajoutez les sobres notes d’un piano lointain par ici et la voix de Roya par là, vous obtenez alors un savoureux pudding made in england. Du frisson assuré !!

La phonation, comme tout album de Trip Hop qui se respecte, joue un rôle prépondérant qui consiste à créer une atmosphère souvente nvoûtante et terriblement charmante. "Headspace " et "Parvaneh" ou la correspondance d’une voix (celle de Roya) : sensuelle, impliquée, touchante… je ne sais plus trop… perturbante ? Assurément. Et lorsque Roya se joint à Rosco, nous obtenons un univers encore plus ouvert avec des pistes à deux visages : l’un voit le rap serein et décidé du brillant rappeur londonien et l’autre la fragilité de Roya.

Ecoutez attentivement "So Few Words", "Darkroom", et "Last Five" qui reflètent relativement bien cet aspect… mais attention les créateurs d’Archive, en fin techniciens, repoussent un peu plus loin leur démarche en intégrant ici ou là de gracieux violons, de multiples sons sortis de synthés, et parfois des bruitages difficilement reconnaissables tels que ceux sur "Man-Made". Archive joue donc avec des mélodies tantôt hip-hop, tantôt purement électronique. Cependant leur empreinte se distingue par la communion des ces mélodies avec des sonorités classiques que produisent le piano et surtout les violons. Ces derniers sont réellement émouvants comme l’atteste "Old Artist" et "Organ Song", deux tracks instrumentaux où nous nous laissons porter par de petites mélodise aussi timides que fugaces, et dignes des plus grandes B.O cinématographiques !


Au final, le Trip hop de Londinium apparaît travaillé, soigné et subtil. Voix psychédéliques se reposant sur des rythmes lancinants, profondeur de son et arrangements poignants décrivent une nostalgie pesante. C’est une musique de l’âme avanceront les plus sensibles d’entre nous…et surtout un album très intimiste comme le rappelle d’ailleurs Darius : « La création est avant tout l’aboutissement d’une démarche personnelle, claustrale et obsessive ». Londinium est donc LA perle rare que l’on a envie de garder pour soi, en raison de sa finition léchée, de la brume froide et épaisse qui enveloppe cette production… Une arrivée fracassante dans l’univers de la musique électronique au même titre que Blue Lines de Massive Attack.


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