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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Johan Langquist
(chant)

-Mats Björkman
(guitare)

-Klas Bergwall
(guitare)

-Leif Edling
(basse)

-Matzt Ekström
(batterie)

TRACKLIST

1)Solitude
2)Demons Gate
3)Crystal Ball
4)Black Stone Wielder
5)Under The Oak
6)A Sorcerer's Pledge
7)Bonus - Live In Birmingham: The Well Of Souls
8)Demons Gate
9)Crystal Ball
10)Solitude
11)Bewitched
12)A Sorcerer's Pledge
13)Black Sabbath Medley

DISCOGRAPHIE


Candlemass - Epicus Doomicus Metallicus
(1986) - doom metal - Label : Black Dragon Powerline



Epicus Doomicus Metallicus est un album dont il est impossible de parler sans évoquer le contexte « historique » dans lequel il est sorti. Imaginez-vous quelques instants: on est en 1986, le paysage métallique est dominé par les thrasheurs qui semblent s'être enlisés dans leur course au riff le plus rapide, et sont sur le point d'enfanter ses dérivés extrêmes que sont le black et le death. Les Suédois de Candlemass, de leur côté, vont à contre-courant et opèrent un retour aux sources qui servira de départ et de référence à tout un genre nouveau: le doom metal. Riffs pesants tournant au ralenti, noirceur exacerbée et humeur dépressive sont les maîtres-mots de cet opus qui, presque vingt ans après sa sortie, n'a rien perdu de son spleen et constitue la pierre angulaire du genre. La « faute » à l'inspiration et à l'exécution sans faille dont ont fait preuve les musiciens d'un groupe condamné à rester dans la légende.

Le Black Sabbath de la première époque, surtout les titres comme "Electric Funeral" ou "Black Sabbath", est sans aucun doute l'influence qui se fait le plus sentir sur ce disque, mais il a justement acquis son statut culte car il ne se contente pas de recopier une recette, mais transforme des esquisses en un tableau de maître. A partir des bases jetées par le célèbre quatuor de Birmingham, Candlemass a su construire son propre univers focalisé sur la dépression. On aurait presque envie de dire obsédé par la dépression, car vous ne risquez pas de trouver sur Epicus Doomicus Metallicus des titres entraînants qui ont aussi fait la renommée du Sab'.

L'esprit de la musique de Candlemass est résumé dans le titre qui ouvre l'album, "Solitude", un véritable hymne du désespoir et l'un des plus grands classiques du genre. L'intro acoustique remplie de mélancolie est rapidement couverte par un riff oppressant au possible, répété tel une litanie durant presque toute la chanson, ne cédant la place que pour une brève reprise de l'arpège d'introduction en guise d'interlude et d'outro. Tout au long de l'album, les riffs de guitare instaureront cette ambiance à la fois très sombre et très grandiloquente, soutenus par une batterie qui s'autorise des passages avec une grosse caisse très présente ou des roulements du meilleur effet. Le vocal n'est pas en reste, et si beaucoup de personnes considèrent (avec raison) que Messiah Marcolin a apporté une touche unique en arrivant dans le groupe pour enregistrer Nightfall, Johan Langquist n'en reste pas moins un très bon interprète, quoique par moments sa performance laisse à désirer, comme sur "Under The Oak". Son baryton assez typé heavy metal colle parfaitement à l'esprit du disque et renforce surtout le côté épique de celui-ci.

Epicus Doomicus Metallicus est absolument dénué des éléments extrêmes qui sont caractéristiques du doom metal « moderne », en particulier les vocaux agressifs ou hurlés, mais néanmoins on y perçoit très clairement tout ce qui constitue les canons du genre qu'ils sont en train d'établir. Il y a bien entendu les riffs pesants mentionnés précédemment, mais aussi des accélérations en double croche comme sur "Crystal Ball", les passages de synthé et les chœurs féminins qui pointent le bout de leur nez sur "A Sorcerer's Pledge" et les soli mélancoliques comme celui de "Black Stone Wielder" ou parfois un brin dissonants comme sur "Solitude". Et enfin, le doom metal ne serait pas ce qu'il est sans des paroles pétries d'idées morbides et de fatalité face à la mort, au destin et les références au fantastique ou la mythologie, choses que l'on retrouve à foison dans les textes de Candlemass. Le son de l'album accuse un peu son âge, il n'a pas la lourdeur et l'épaisseur des productions actuelles, mais cet aspect est parfaitement contrebalancé par des riffs et des structures de chansons hors pair. Même s'il est joué sur un kazoo par Annie Cordy, un riff de Candlemass vous couvrira d'une impénétrable chape de plomb qui vous fera oublier le soleil, le ciel bleu et les p'tits oiseaux pour vous faire entrer dans un monde empli de tristesse.

La version remasterisée sortie en 2002 inclut des enregistrements live, réalisés en 1988 avec Messiah Marcolin au chant, dont un medley de Black Sabbath. Seule bizarrerie de ces enregistrements: on n'entend quasiment pas le public (est-ce dû au mixage ou à la faible fréquentation? Mystère). Pour conclure, cet album est à posséder pour tout fan de metal car il n'a absolument pas volé son statut « culte », et en six titres vous transporte dans un univers où il fait tellement bon de déprimer.


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