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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Carley Coma
(chant)

-John LaMacchia
(guitare)

-Eric Matthews
(guitare)

-Michael MacIvor
(basse)

-Kenneth Schalk
(batterie)

TRACKLIST

1)Dead Bury The Dead
2)The Nameless King
3)Blood
4)Remove Yourself
5)1000 Points Of Light
6)Down
7)9mm Solution
8)I Am
9)Vacant
10)The Rutherford Experiment

DISCOGRAPHIE


Candiria - What Doesn't Kill You
(2005) - néo metal rap-metal - Label : Type A



Candiria a échappé de peu à la mort. Pas au split, non: à la mort réelle, de chacun de ses membres, lors d'un accident de tour-bus survenu pendant leur dernière tournée. Cela a impliqué, selon les dires du chanteur Carley Coma, de profonds changements dans leur conception de la musique. Candiria, jusqu'alors connu pour avoir su intégrer de façon originale à son rap-metal des éléments jazz, a ainsi adopté une démarche différente, plus directe et moins « téléphonée », d’après eux. C'est pourquoi peu de vestiges du passé du groupe subsistent dans What Doesn't Kill You, mis à part le très intéressant morceau instrumental "The Rutherford Experiment", plus complexe que le reste de la galette, éminemment jazzy dans l'esprit.

C'est donc un crossover rap-metal "old-school" que l'on retrouve dans cet album, qui rappelle l'âge d'or de Rage Against The Machine, du début des années 1990, au moment-même où Candiria s'est formé. Bien sûr, n'est pas Tom Morello qui veut: la plupart des riffs sont peu inspirés, très simples et souvent redondants. Le revirement de situation souhaité par le groupe implique nécessairement moins de présence instrumentale; cela ne veut pas dire pour autant que les guitaristes John LaMacchia et Eric Matthews soient mauvais musiciens. L'ultime titre instrumental le prouve. Mais la musique du groupe repose plus lourdement sur le chant de Carley Coma, qui jusqu'alors exclusivement centré sur le rap et le hurlement, s'essaie avec parcimonie à quelques mélodies. Celles-ci sont plus ou moins ratées: "The Nameless King", par exemple, ferait pouffer de rire un fan de System Of A Down. Mais quand la musique s'épure, pour devenir plus accessible - plus commerciale -, Coma fait du plutôt bon boulot: voir le catchy "Remove Yourself" ou l'orientalisant "Down". Ce créneau n'est cependant pas celui où il est le plus à l'aise, c'est assez clair. Mais si le groupe développe cet aspect, nul doute que l'expérience aidera.

Rap-metal, ou seulement rap: "9mm Solution" n'est rien d'autre, en effet, qu'un titre hip-hop, même pas déguisé, avec son bête loop rythmique programmable, ses samples de piano et de cordes, et son flow saccadé à l'américaine. Curieusement, une ambiance intéressante de dégage de ce morceau, judicieusement placé, surprenant l'auditeur entre deux rafales de grosse guitare. "1000 Ponts Of Light", de son côté, exploite encore plus l'étonnante capacité de Carley Coma à débiter des dizaines de syllabes à la seconde, en dépit d'un refrain pâlot. De toute manière, le reste de l'album est exclusivement constitué de chansons crossover, moins originales, voire très convenues, qui ne présentent qu'un intérêt limité. Il est d’ailleurs plus qu’étonnant de constater que Candiria a délibérément renoncé – pas totalement, certes - à ce qui faisait autrefois la majeure partie de la valeur ajoutée de sa musique: les éléments jazz. La déception est donc d’autant plus grande.


Car Candiria devient un groupe de crossover lambda, qui plaira peut-être plus facilement à un plus grand nombre, mais qui risque en contrepartie de perdre des fans. Ce qui ne les a pas tués ne les a pas rendus plus forts, malheureusement. C’est même tout l’aspect expérimental qui en subit les conséquences. Ce qui n’empêchera sans doute pas les aficionados du style de s’y retrouver.


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