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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 8/20

LINE UP

-Hugo
(tout sauf la batterie)

-Damien Rainaud
(batterie)

TRACKLIST

1)Welcome To Ereyn
2)Question Of Honour
3)Lords Of A World
4)The Edge
5)rough The Sleeping Seaweed
6)Forgotten
7)Lion-Snake
8)Where The Secrets Lie
9)The Walk Among The Ruins
10)In The Maze Of A Nightmare
11)The Desert Of Jewels

DISCOGRAPHIE


Anthropia - The Ereyn Chronicles (Part I)



Il était une fois un royaume en perdition… La province de Rhapsody-metal (of fire) était autrefois peuplée de dragons dorés, de preux chevaliers et d'elfes coquines, qui ravissaient tous les visiteurs de la contrée. Malheureusement l'apogée du royaume arriva plus vite que prévue et les idées vinrent à manquer. Bref, ça sentait le soufre et personne, non personne, ne semblait pouvoir remettre le style en selle. Alors Anthropia arriva, et tous se réjouirent !

Permettez-moi d'entrée de douter fortement de la capacité d'Anthropia à sauver le monde comme tout le monde semble unilatéralement s'accorder à le dire. Non que ce premier ouvrage soit une catastrophe (loin de là d'ailleurs), le problème se situe plus en profondeur, dans une question que peu n'osent poser et que je vous délivre immédiatement : "Pourquoi faire ?" Car la question (véritable hérésie au royaume du dragon-metal) mérite d'être posée sur le plateau (de jeu). Ces gens-ci ont-ils tellement peu de suite dans les idées qu'il faille qu'ils ressassent éternellement la même recette pour rentrer dans le (confortable) moule de l'étiquette ringarde ? Même en appréciant les pires clichés du dragon-metal, l'introduction du disque fait peur quant au ridicule (qui semble parfaitement assumé, en plus !) qui suinte de partout dans les voix, les synthés et la batterie… Et ce ne sont certainement pas les 5 morceaux de plus de 8 minutes (qui passent à la fois trop vite et trop lentement) qui viendront dissiper nos craintes quand au pathétique de la situation…

La production (une fois de plus saluée unanimement) est par ailleurs minable, la moitié des pistes étant noyée sous les saturations – le leader prouve qu'il sait jouer de la guitare mais se focalisera sur les 3 mêmes pauvres accords qu'il rentabilisera sans compter dans ses riffs d'introduction. Il est plutôt noble que le sieur Hugo ait décidé de se mêler de tous les instruments (qu'il maîtrise d'ailleurs, hormis la batterie) mais que diable avait-il besoin de se mettre au microphone tant un chanteur compétent (avec une voix aussi pompeuse que sa musique) eut été un véritable plus dans la démarche horrifique d'Anthropia. Au lieu de cela, ça reste de l'elf-metal décadent avec trop de punch électrique pour être mélodique mais pas assez d'idées grandiloquentes pour atteindre la symphonie… N'est pas Rhapsody qui veux, et c'est bien triste car un morceau comme "Lion-Snake" arrive à séduire sans peine… pour ensuite retomber dans du fouillis thrasho-prog du plus sale effet.

La simple écoute du break sur-gonflé de phaser de "Lords of a World" (merci maman pour la super pédale que tu m'as offert à Noël !) ou les chœurs horriblement mal choisis sur la moitié des pistes font au mieux sourire, au pire verser une larme de dépit… On sent de pistes en pistes le tiraillement infligé à ce pauvre Hugo. Il n'arrive pas à se décider entre les riffs lourds et le symphonique moche. Alors fatalement, le mélange des deux ne pouvait former qu'un amas disparate d'influences qui se rencontrent mais ne se pénètrent pas. Il suffit d'ailleurs de se pencher religieusement sur les quelques passages instrumentaux censément (néo-)classiques pour en conclure une chose : si A le potentiel musical d'un heavy-metal chiadé à la Megadeth; si B la riche méthode de composition sympho-électronique à la DreamTheater/SymphonyX ; et si C le cumul de ces influences par un seul cerveau ; (A + B) * C = dodo.


Alors peut-être n'est-ce que la rareté de bons groupes officiant dans le dwarf-metal qui fait crier le monde entier au chef d'œuvre. Peut-être est-ce la satisfaction de voir Anthropia signé sur Magna Carta qui incite les foules béâtes à se dire que "oui, on a des groupes de qualité en France !". Reste un Hugo dont on imagine tout le talent (ce n'est pas rien de manier tous ces instruments comme il le fait), pour un produit fini démesurément grotesque, inutilement pompeux une fois parties les quelques bonnes idées disséminées ça et là, et un disque dont on se lasse bien vite.


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