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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Sean Beasley
(basse)

-John Gallagher
(guitare+chant)

-Mike Kimball
(guitare)

-Duane Timlin
(Batterie)

TRACKLIST

1)Homicidal Retribution
2)Fate Of The Condemned
3)Raping The System
4)Insidious Repression
5)Unadulterated Hatred
6)Ancient Rivalry
7)Parasites Of Catastrophe
8)Obsolete Deterrence

DISCOGRAPHIE


Dying Fetus - War Of Attrition
(2007) - brutal death - Label : Relapse Records



Décidément, il ne fait pas bon être enceinte en ce moment. Tandis qu’Aborted (« avorté », pour ceux qui ne causent pas la langue de nos voisins mangeurs de Rosbeef) vient tout juste d’accoucher de leur dernière monstruosité, c’est au tour de Dying Fetus (« fœtus mourant » pour les mêmes, oui vous, là) de nous projeter en pleine face leur tendresse maternelle et de nous susurrer leurs douces ballades propres à endormir un cadavre de nourrisson. Et c’est d’un œil un peu méfiant qu’on voit débouler ce vieux de la vieille (formé en 91, tout de même) et absent depuis 2003 avec Stop At Nothing. Malgré les quatre ans écoulés, peu de chose ont vraiment changé au sein du quartet Américain.

C’est sans grosse surprise que Dying Fetus rentre dans le vif du sujet dès les premières secondes avec un riff rapide saupoudré d’un growl et de double grosse caisse. Une façon de faire fuir les auditeurs non avertis et de dire aux autres « ok les gars, c’est comme ça et pas autrement ». Et autant vous le confirmer, ça va effectivement être comme ça… et pas autrement. Pour le meilleur et pour le pire : des trente-six petites minutes que dure cette galette, on ne va en effet pas quitter une seule seconde le death-metal à tendance vaguement grind/core. La recette fonctionne, alors on l’applique jusqu’à plus soif, quitte à en oublier le fait que faire un album brutal non-stop est un périlleux exercice que peu de groupes maîtrisent.

Car vouloir faire tenir l’auditeur du début à la fin sous un déluge de blast beats peut provoquer plusieurs types de réactions : en cas de réussite, on qualifiera cet album de « tuerie », d’« ode à la violence », de « génialement intense ». Par contre en cas d’échec, on formera des phrases comportant les mots « fatigants », « brouillons » et parfois même « aspirine ». Dying Fetus se situe un peu entre les deux. Écouter l’album en entier s'avère un peu usant mais surtout lassant. Comme bien souvent dans ce genre de groupe sans concessions, il est extrêmement difficile d’être touché par un riff en particulier tant ceux-ci se ressemblent. Pourtant, quelques-uns sortent du lot : l’intro de "Fate Of The Condemned" est tout à fait jouissive, certaines parties de "Unadulterated Hatred" qui rappelle un mélange de Slayer et de Death période Individual Thought Patterns ou encore "Parasites Of Catastrophe" qui fait penser à des formations techniques comme Cynic ou Atheist.

Prises une par une, la majorité des chansons de ce War Of Attrition s’avère réellement convaincante. Mais sur la longueur, cet album révèle de grandes faiblesses. Le chant est assez peu varié et se partage entre un growl grassement grave et des hurlements hystériques. La batterie reste assez technique mais abuse de blast-beats : on la retrouve étonnamment efficace sur les riffs lourds et mid-tempos que nous sort Dying Fetus par instants ("Raping The System"). Et c’est sur ces moments-là qu’on se surprend à headbanguer et à se faire défoncer les tympans par les Américains. Tout est question de proportion : à vouloir être plus violent, on a tendance à vouloir devenir plus rapide et plus énergique sans se rendre compte que bien souvent, cette énergie tend à se disperser plutôt qu’à se concentrer pour terrasser l’auditeur. Et c’est alors l’effet lassitude qui pointe son nez.


Bref, sortis de leur contexte, les titres de ce War Of Attrition sont à même de faire remuer un groupe de metalleux si vous les diffusez sur une chaîne Hi-fi lors d’une soirée T-shirt (l’équivalent des réunions Tupperware pour nos amis amateurs de bruit). Par contre, il y a des chances, si vous mettez le CD en entier, de les voir se diriger vers le bar au bout de trois ou quatre titres. On aurait aimé un peu moins de jusqu’au-boutisme et quelques concessions ou cassures dans la haine qui ressort de cet opus. Il n’est pas non plus question d’y mettre une ballade, hein, mais aucune chanson ne ressort réellement du lot : voila le principal défaut de War Of Attrition. Gageons qu’il rassasiera tout de même les irréductibles amateurs de Grind/Death par son côté efficace et massif.


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