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CHRONIQUE PAR ...

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Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Zakk Wylde
(guitare+chant+piano)

+ guests

TRACKLIST

1)Crazy Or High
2)Queen Of Sorrow
3)Steppin' Stone
4)Yesterday, Today, Tomorrow
5)Takillna
6)Won't Find It Here
7)She Deserves A Free Ride (Val's Song)
8)House Of Doom
9)Damage Is Done
10)Layne
11)Woman Don't Cry
12)No Other
13)A Whiter Shade Of Pale
14)Once More
15)Fear

DISCOGRAPHIE


Black Label Society - Hangover Music Vol. VI
(2004) - rock - Label : Spitfire Records



Zakk Wylde est décidemment un homme occupé. Non content d’assurer la garde de cette vieille épave d’Ozzy et de son groupe (c’est affectueux, rassurez vous) et de filer à l’occasion un coup de main à ses potes Rob Zombie et Derek Sherinian, notre bûcheron préféré, imperturbable, sort cette année encore un nouvel album pour le Black Label Society, son projet solo… C’est courageux, surtout quand on sait que le bonhomme n’oublie pas pour autant ses cinq heures de muscu quotidiennes, et ses cinq litres de mauvaise bière pour récupérer. Enfin là n’est pas la question me direz vous, grands fans de heavy burné que vous êtes. La question, c’est de savoir si ce Hangover Music Vol.VI réussira à renouveler un minimum le style du gaillard et de ses « boys », qui tend furieusement à tourner en rond depuis le médiocre 1919 Eternal, leur avant-dernière production. Sachant qu’il est censé être plus calme, plus rock, c’est ce qu’on lisait dans la presse, ça m’a l’air bien parti.

Oui parce qu’à la base, le Black Label Society, c’est avant tout de la grosse Gibson et des riffs qui fleurent bon la sueur et l’huile de vidange. Avec, mais c’est anecdotique, une batterie pour donner le tempo et une basse … une basse qu’on entend pas. Zakk Wylde est d’abord un gratteux au jeu (et surtout au son) reconnaissable entre mille. Toute l’œuvre (si l’on peut dire) du Black Label Society est basée là-dessus. Ce parti pris pour le bourrinisme et la simplicité avant tout avait permis d’accoucher des deux bombes Stronger Than Death et Sonic Brew, à la grande époque. Après quoi Zakk avait perdu le feu sacré en bâclant l’insipide 1919 Eternal, se rattrapant de justesse avec le sympathique The Blessed Hellride, l’année dernière.

Cet historique (plus que sommaire) est à prendre comme un avertissement : le vrai Black Label Society n’est pas cet Hangover Music Vol. VI, c’est juste une autre facette. Une facette calme et souvent acoustique déjà abordée, il est vrai, mais très succinctement, sur le CD bonus du live Alcohol Fueled Brewtality, et, plus loin encore, sur le deuxième album solo de Zakk, Book Of Shadows, à l’époque où celui-ci n’avait pas encore fondé le Black Label Society, et où il venait tout juste d’intégrer l’équipe d’Ozzy après la mort de Randy Rhoads.

Ce Hangover Music Vol. VI n’est donc pas un renversement absolu de la doctrine Wylde, même si cette excursion au pays des ballades plus ou moins membrées est une nouveauté pour le Black Label Society. Première constatation : l’album est varié, alternant allègrement entre morceaux heavy-rock tranquillous, pas bourrins pour un sou, aux refrains simples et accrocheurs ("Crazy Or High", au solo typiquement Wyldien, "Queen Of Sorrow", "Steppin’ Stone"…), ballades pour jouvencelles jouées au piano (comme quoi tout arrive), et d’autres acoustiques ("Takillha", qui commence par une intro hispanisante bien shred, et plein d’autres). Tout cela se laisse écouter tranquillement, une Bud à la main, même s’il arrive que par moments la machine s’emballe, mais sans jamais atteindre toutefois une débauche de gros son à la Sonic Brew… La démarche est à l’image du gaillard, sincère et pas prise de tête, bien loin des modes et des clichés.


Le fan ne sera pas surpris (sauf peut être par le ronronnement de la basse, audible sur tous les titres, ce qui est presque en soi une révolution, nécessaire toutefois pour épaissir les ballades acoustiques), mais l’intérêt de ce Hangover Music Vol. VI pour un novice est plus que discutable. Ces quinze morceaux s’enchaînent sans jamais étonner, sans jamais pousser à remuer la tête. Un fan saura apprécier cette heure de calme entre deux tempêtes, savourant à juste titre la voix chaude et grasse de Zakk (qui est décidemment un putain de chanteur, dans son style), et son toucher inégalable, tant à la sèche que sur sa fidèle Les Paul. Un métalleux quelconque s’emmerdera assez rapidement je pense. Enfin essayez quand même, ça ne mange pas de pain.


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