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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Nicolas
(chant)

-Mikaël
(guitare)

-Jérémie
(basse)

-Jonathan
(batterie)

-Arnaud
(guitare)

TRACKLIST

1)Intro
2)Hope Hereafter
3)Almost A Stranger
4)Waste Game
5)Some Reason To Kill Me

DISCOGRAPHIE


Drifting Breed - Hope Hereafter (Demo)
(2005) - hardcore thrash metal - Label : Autoproduction



Ils sont Parisiens, ils font du thrash, ils assurent: voilà Drifting Breed. Chez les Eternels tout CD n'étant pas signé sur un label est estampillé « démo », mais ce terme évoque en général chez les auditeurs l'idée d'un son pourri et d'un groupe approximatif et boutonneux jouant dans son garage. Alors que ce MCD quatre titres (plus une intro) est très loin de ces clichés! Très gros son, très bonnes compos, artwork professionnel, Drifting Breed tape fort. Et comme le thrasher est par essence un être masochiste aimant la musique qui l'agresse et qui lui fait du mal, on peut dire que cet effort est plus que bon. Yeah!

Donc, effectivement, la prod de ce MCD est monstrueuse. Ça c'est du gros son comme on l'aime! Méchantes guitares métal, basse très présente, prise du chant exemplaire, batterie parfaite: c'est du niveau pro, pour de vrai. En parlant de la batterie, il faut dès maintenant que j'évoque le cas Jonathan: ce type est un des meilleurs batteurs français qu'il m'ait été donné d'entendre. Il est fin, puissant, précis, rapide et il développe un jeu extrêmement varié tout au long de Hope Hereafter. Le monsieur est aussi doué en bourrinage direct qu'en arabesques aériennes (vous savez, jouer « en l'air », en break quasi permanent), et j'aime beaucoup. Vive lui. Ses petits camarades de jeu sont aussi bons: les rythmiques sont assassines, les soli réussis et le chant est un bonheur de vocaux thrash. Nicolas possède un timbre thrash tirant légèrement sur le hardcore, du genre Dew Scented ou Sepultura période Chaos A.D., l'influence vocale la plus évidente. La basse est vraiment là, tant au niveau du son que du jeu qui ne suit pas bêtement les riffs et assure sa part de mélodie. Tout bon.

La musique, alors? Drifting Breed se définit comme du « Brutal Metalcore », mais comme je suis têtu et borné j'ai décidé qu'ils faisaient du thrash. Na! Bon, ce n'est pas du pur thrash old-school style années 80, ça c'est sûr: c'est beaucoup trop varié pour ça. Effectivement, les breaks hardcore sont de la partie, mais Drifting Breed est à mon sens un groupe de thrash moderne qui a su garder de cette période bénie que je viens d'évoquer des riffs de cochons et une approche reconnaissable entre mille. Et a su l'enrichir d'éléments plus modernes, ne serait-ce qu'en incorporant des éléments non-thrash, ce qui il y a encore quelques années était un immonde blasphème pour beaucoup. Les quatre titres (pour plus de vingt minutes de musique, intro non comprise) de ce MCD sont autant d'exemples de musique intelligente, variée et bien brutale, car quelques petits passages extrêmes sont parsemés çà et là.

L'intro que j'ai déjà évoquée est un petit bonheur d'ambiance arabisante, instruments traditionnels compris. Et quand le premier titre débarque, ça cogne! Les riffs sont terriblement efficaces, et l'originalité suinte de chaque break, de chaque changement, de chaque incursion de la mélodie (un de leurs grands points forts). Les changements constants de tempo de l'ami Jonathan y sont pour beaucoup, mais le fait est que Drifting Breed est une bande de musiciens tous très doués et vraiment inspirés. La dynamique des compos est sans faille, les breaks s'équilibrant avec des refrains réussis qui cassent l'impression de collage. Quand la mélodie arabisante traditionnelle de l'intro revient enrichir le premier titre "Hope Hereafter" sur un break de batterie virtuose long de je ne sais combien de mesures, on reste contemplatif. Les titres sont longs, avec une moyenne de plus de cinq minutes, mais on ne s'ennuie pas car ils ne se répètent pas. Merci pour ça.


C'est donc une excellente surprise. Drifting Breed réussit là où tant d'autres groupes français échouent, à savoir à garder des grands noms du thrash (Slayer et Sepultura en tête) ce qu'il fallait pour évoluer dans leur genre mais sans sonner comme eux. J'espère très sincèrement que le syndrome du « groupe français » ne vous fera pas passer à côté de cette formation, une des plus prometteuses que j'ai entendues depuis longtemps. Rien que ce MCD me fait saliver d'avance à l'idée d'un album complet, histoire que je puisse leur mettre une note encore meilleure. Labels, signez ce groupe. Thrashers de tous horizons, écoutez ce groupe. Vite.


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