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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 9/20

LINE UP

-Tim "Ripper" Owens
(chant)

-John Comprix
(guitare)

-Dwane Bihary
(guitare)

-Dennis Hayes
(basse)

-Eric Elkins
(batterie)

TRACKLIST

1)Scream Machine
2)And...You Will Die
3)Save Me
4)The Human Race
5)Domine At You
6)Dreams Come True
7)Telling Lies
8)I Don'T Need This
9)Words Of Wisdom
10)My Last Words
11)Your Time Has Come
12)The Faith

DISCOGRAPHIE

Beyond Fear (2006)

Beyond Fear - Beyond Fear
(2006) - heavy metal - Label : SPV



A force d'être toujours le remplaçant de quelqu'un d'autre, Ripper Owens commençait à se lasser. Ses performances ahurissantes sur les albums de Judas Priest et Iced Earth l'avaient instantanément installé dans le panthéon des très grands vocalistes métal, mais il n'empêchait que l'homme s'était toujours retrouvé dans des formations existantes dominées par des compositeurs peu enclins à partager leur domaine de prédilection. Tim a donc monté sa propre formation, Beyond Fear, histoire de montrer qu'il peut chanter sur du matériel écrit par lui-même. On aurait pu s'attendre à un changement musical… Mais non, Owens aime le heavy/thrash et persiste dans ce genre.

Ce qui vous frappera vraisemblablement à la première écoute de Beyond Fear c'est qu'Owens ne s'est pas entourés de manchots. Les musiciens de son groupe comme l'homme derrière les manettes sont vraiment doués, et le son massif de cet opus réjouira les amateurs du genre. On est très proche du son de Jugulator et Demolition, c'est dire si c'est brutal. Pour les camarades de jeu de Ripper c'est Eric Elkins qui se démarque instantanément grâce à un jeu de double pédale d'une précision et d'une rapidité peu communes. Les guitaristes Comprix et Bihary aiment à balancer des rythmiques rapides en salves "à la Jon Schaffer" et Elkins les double sans aucun problème de ses pieds véloces. Ce "tic" de jeu en devient même agaçant à la longue, tout technique qu'il soit: les parties de batterie sont au final très prévisibles vu qu'elles se calent systématiquement sur les riffs. Et ces riffs rappellent Iced Earth et le Priest période Ripper... C'est du power-thrash à tendance agressive, mais qui laisse de l'espace pour un certain sens de la mélodie heavy-metal de temps en temps… Rien de nouveau sous le soleil en somme.

Quant à Ripper il est égal à lui-même, à savoir très impressionnant. Ce mec est de très loin le meilleur dans sa catégorie et son chant sur Beyond Fear est une véritable leçon de vocalises métal. Il se partage entre un chant classique très puissant qui sait passer d'un grain clair à une agressivité peu commune chez un chanteur de heavy et ses légendaires "screamings" suraigus, qui lui ont valu l'honneur d'éclipser Halford qu'on croyait le meilleur dans cet exercice. Le premier titre "Scream Machine" est entièrement chanté dans ce registre, et c'est une claque vocale monumentale. Je ne connais aucun autre chanteur capable d'assurer à cette hauteur avec une telle puissance, une telle agressivité et un vibrato aussi ample, à l'exception notable de Devin Townsend. Ce titre est par contre une repompe thématique de "Painkiller" à un point presque choquant: chant suraigu racontant l'histoire d'un "metal monster" qui tue des gens, riffs "in your face" sans finesse mais orienté efficacité maximum mis à part que Scream Machine n'atteint jamais le quart de la puissance de son modèle. Dommage.

Passées les capacités hors normes de Ripper derrière le micro, cet album de Beyond Fear ne donne pas grand-chose à se mettre sous la dent. Ledit Ripper est crédité seul de la composition de sept titres sur onze, et ce n'est pas à sa gloire: malgré la puissance de feu déployée la platitude et le côté répétitif des riffs sont une entrave sérieuse au plaisir d'écoute. De plus Ripper use et abuse de certains tics rapidement gonflants, comme les chœurs de screaming qui arrivent de très loin ou les intros sans réel relief et jamais reprises. Autre problème, Ripper articule extrêmement bien et on comprend tout ce qu'il dit… non, je n'ai pas pété un plomb: cette qualité d'élocution met malheureusement en avant les pauvres talents d'écriture du chanteur. Ses textes sont assez pauvres, et le titre "My Last Words" -la lettre d'adieu d'un mourant- est un ratage douloureux au vu de l'ambition du thème. Il est mignon quand il raconte sa chance dans "Dreams Come True" ou pourfend les méchants gens qui font du mal dans "Telling Lies" ou "The Human Race", mais niveau ambition artistique, euh, enfin, vous voyez quoi.

Il reste à Owens un talent indéniable pour composer des lignes vocales qui mettent ses fantastiques talents en valeur, mais pour ce qui est de composer des chansons il ne parvient jamais à dépasser le stade de la compo efficace mais sans âme et qui sent terriblement le réchauffé. Résumé: quelques moments inspirés comme les riffs de "The Human Race", le refrain de "Save Me" et le solo de "Telling Lies", des dérapages comme l'insupportable "Coming At You", et le reste c'est un assemblage de riffs qui auraient presque pu finir sur des albums de Priest ou d'Iced Earth s'ils avaient été meilleurs. Ripper devra faire beaucoup de progrès en composition ou continuer à collaborer avec de vrais compositeurs comme Schaffer, car ce n'est pas ce Beyond Fear à la pochette innommable qui lui donnera son indépendance. Grosse déception.




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