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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Eduardo Falaschi
(chant)

-Rafael Bittencourt
(guitare)

-Kiko Loureiro
(guitare)

-Felipe Andreoli
(basse)

-Aquiles Priester
(batterie)

TRACKLIST

1)The Course Of Nature
2)The Voice Commanding You
3)Ego Painted Grey
4)Breaking Ties
5)Salvation: Suicide
6)Window To Nowhere
7)So Near, So Far
8)Passing By
9)Scream Your Heart Out
10)Abandoned Fate

DISCOGRAPHIE


Angra - Aurora Consurgens
(2006) - heavy metal mélodique speed metal - Label : SPV



Temple Of Shadows avait vu le quintette brésilien complexifier sa musique à l'extrême pour un résultat mitigé, l'identité d'Angra -déjà bien malmenée depuis le changement de line-up- s'étant retrouvée diluée dans un métal mélodico-prog loin d'être désagréable mais très éloignée des éléments qui avaient défini le groupe à la base. Menacé par des clichés de heavy/speed à l'allemande de plus en plus présents, le son si caractéristique du groupe avait urgemment besoin d'une cure de jouvence. C'est chose faite avec cet Aurora Consurgens de bonne facture, qui s'il ne renoue pas avec la grande époque rassure quant à la capacité d'Angra à sonner comme du Angra.

En effet, Rebirth et Temple Of Shadows avaient fortement déçu votre serviteur à cause de leur tendance à substituer au son si caractéristique de l'Angra première époque un feeling true metal assez banal en définitive. Et dès le début d'Aurora Consurgens l'évidence s'impose : le groupe est redevenu immédiatement indentifiable et ça fait un bien fou. Ceci est le fait de plusieurs facteurs, mais le retour à un feeling plus proche d'Angels Cry et Holy Land en ce qui concerne les riffs et les orchestrations est en bonne place pour expliquer ce changement sonore. On retrouve assez souvent ce côté touffu propre à l'Angra qu'on aimait tant, celui qui savait sonner incroyablement tribal grâce à quelques notes de claviers judicieusement placées et à des parties de batterie à la fois fines et primaires. Cet aspect ne s'exprime pas sur tous les titres, mais dès qu'on le retrouve c'est un vrai bonheur et Aurora Consurgens en sort bien évidemment grandi.

Edu Falaschi semble ne pas savoir quel style vocal adopter d'un album sur l'autre : après le chant très agressif et gonflé aux hormones de Temple Of Shadows il revient à un style beaucoup plus classique ici, et son chant est également bien plus grave qu'à l'accoutumée (ce qui a au moins pour avantage de permettre à l'auditeur moyen de chanter du Angra sous sa douche sans se bousiller la gorge ou sonner comme une fillette). L'autre nouveauté de cet album est une certaine modernité dans le son comme dans la démarche : entre les sons de guitare bidouillés et un nouveau goût pour les rythmiques syncopées jumpy pour soutenir les soli, cet album réussit à faire avancer la formule Angra tout en conservant ce côté retour aux racines incarné par les déferlantes de guitares et les ambiances en général. On peut d'ailleurs saluer Kiko Loureiro dont les soli de guitare sont encore une fois époustouflants.

Ce côté un peu thrashy des rythmiques fait sonner Aurora Consurgens plus heavy que d’habitude, ce qui ne gâche rien. Certains breaks de "Salvation : Suicide" tapent fort et rétablissent un équilibre menacé par un feeling speed-metal un peu trop classique. En général le groupe a choisi de contrer cette tendance à sonner comme du bête Helloween en intercalant des passages typiquement Angra dans chaque chanson, et le très bon "The Voice Commanding You" aligne un pré-refrain puis un refrain qui pourraient presque figurer sur Angels Cry alors même que les harmonies de guitares du reste du titre renvoient directement à "I Want Out" des citrouilles de l'enfer. Et ce qui est étonnant c'est que les éléments symphoniques et les percussions brésiliennes sont très peu présents, ce qui fait figurer Aurora Consurgens à la croisée des chemins de Rebirth (pour le côté speed) et Fireworks (pour le côté dépouillé et heavy-metal).

Il reste néanmoins des déceptions sur cet album : certains plans sont directement piqués à Temple Of Shadows et le groupe se plante un peu quand il tente de renouer avec les power-ballades ou les morceaux presque pop à la "Gentle Change". "Passing By" est une compo plate qui n'a qu'un très bon solo de Loureiro (un de plus) pour elle, et "Window To Nowhere" est un bon petit ratage pop dont la mièvrerie est limite supportable. Mais des tueries comme "Scream Your Heart Out" rattrapent le tout d'une belle manière : cascades de guitares, touches de modernité mid-tempo, batterie enfin subtile, c'est un des rares titres qui tient tout à fait la comparaison avec la période Matos!


Dans cette optique Aurora Consurgens se pose en album le plus réussi de l'Angra nouvelle cuvée grâce à un côté direct très frais et appréciable ainsi qu'une belle manière de ne pas stagner tout en réaffirmant son identité. Et si Angra n'était pas mort finalement?


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