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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Luke
(chant)

-Jason
(guitare+basse)

-Sam
(guitare+basse)

-Adrian
(guitare+basse)

-Ed
(guitare+basse)

TRACKLIST

1)Committed to Nothing
2)Black Heart
3)All About You
4)Burn the Evil
5)World of Tomorrow
6)Follow Me
7)Y
8)As the World Waits
9)Afterlife
10)Never Hated More
11)Free Yourself
12)Constant Pain
13)...............................
14)Farewell

DISCOGRAPHIE

World Of Lies (2005)

Berzerker, (the) - World Of Lies
(2005) - brutal death et techno hardcore - Label : Earache Records



The Berzerker était à la base le projet éponyme d'une seule personne, l'idée étant de combiner metal extrême et rythmes gabba. Ceci avait donné un première album tellement violent et amusical qu'il avait récolté un retentissant 0/10 dans la presse allemande. Aujourd'hui The Berzerker est un véritable groupe, semble-t-il (jugez par vous-même du line-up pour le moins inhabituel), et sort son troisième album, World Of Lies. Autant vous dire tout de suite que les petites fleurs et la joie de vivre ne sont pas au rendez-vous.

Qu'est-ce qu'un rythme gabba, me demanderez-vous… Et bien imaginez un blast-beat ultrarapide et multipliez le tempo par deux, voire quatre. Oui, c'est inhumain, c'est plus hardcore que la techno hardcore, c'est plus une vibration qu'un véritable rythme. Sachant que la batterie chez The Berzerker est en blast-beat la plupart du temps et que ces accélérations gabba foudroyantes parsèment chaque morceau, vous pouvez imaginez la violence de l'ensemble. Ladite batterie est programmée, et le son général est extrêmement froid et mécanique: la grosse caisse se limite à un grondement d'infrabasses qui martèle, comme la basse d'ailleurs. Le chant est du genre grind monstrueux, très brutal-death dans l'esprit et semble sortir des intestins de Luke plus que de ses cordes vocales. Quant aux guitares (bien qu'on n'en entende qu'une la plupart du temps), elles sont dotées d'un son particulièrement déchirant et réussi. C'est du papier de verre, un son acide et massif qui semble trancher les veines de l'auditeur, d'autant plus que les riffs black/death sont pour la plupart à l'image de la batterie: supersoniques et assassins. Vous l'aurez compris: la production comme le style de World Of Lies sont orientées vers l'efficacité et la violence la plus totale.

La première écoute de World Of Lies fait à peu près l'effet d'un Reign In Blood ou du dernier album de Last Days Of Humanity: on en ressort hébété, ahuri par un tel déferlement de haine. La vitesse d'exécution, les riffs, ce chant d'outre-tombe, tout ça colle une gigantesque claque tant on a l'impression de se prendre dans la face un marteau-piqueur qui aurait forniqué avec un rouleau compresseur. L'insertion de nombreux samples de voix parlée renforce le côté déshumanisé et nihiliste du tout, ce qui est un succès en soi: The Berzerker a réussi son pari de proposer une musique totalement misanthropique et inhumaine. L'écoute de World Of Lies donne une impression indéniable d'apocalypse, de défaite de toute forme d'émotion et de positivité. Et aussi, malheureusement, de répétition vaine. L'album est sans doute trop long, ou peut-être la formule est-elle limitée en elle-même, je ne saurais le dire. Toujours est-il que le dernier tiers de l'album passe vraiment difficilement, et que cette impression se renforce au fur et à mesure des écoutes.

Car là est l'écueil sur lequel bute ce World Of Lies pourtant très prometteur dans ses premiers moments: on se lasse. Malgré le spectre couvert par les riffs qui s'articulent autour du death mais ne rechignent pas à aller fureter du côté du black deci-delà, les chansons finissent par toutes se ressembler. La démarche choisie par Earache pour éviter le rippage de ses CDs promos (les titres sont divisés en quatre-vingt-dix-neuf plages) n'aide franchement pas à isoler un titre au milieu des autres, et il me semble qu'il manque à The Berzerker une certaine variété dans leur approche de l'ultraviolence pour pourvoir pondre un album appréciable de bout en bout. L'instrumental de fin, "Farewell", hypnotique et contemplatif bien que beaucoup trop long, présente par exemple des éléments très intéressants qu'il aurait été peut-être judicieux d'intégrer à la tessiture habituelle du groupe. Mais en se cantonnant à une tactique permanente de la blitzkrieg, The Berzerker a réalisé avec World Of Lies un album qu'on se remettra sûrement de temps en temps pour apprécier son incroyable négativité et son immense potentiel de destruction, mais qui ne restera probablement pas dans les annales. Dommage.




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