806

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-André Matos
(chant+claviers)

-Rafael Bittencourt
(guitare)

-Kiko Loureiro
(guitare)

-Luis Mariutti
(basse)

-Ricardo Confessori
(batterie)

TRACKLIST

1)Freedom Call
2)Queen Of The Night
3)Reaching Horizons
4)Stand Away
5)Painkiller
6)Deep Blue

DISCOGRAPHIE


Angra - Freedom Call (EP)



Allez hop, un petit EP, ça fera toujours un petit extra pour les fans de la période Matos à se mettre sous la dent. Freedom Call est sorti entre Holy Land et Fireworks, et comporte six titres. Est-ce que c'est bien? Evidemment que c'est bien, c'est du Angra période Matos! Comment ça je suis de mauvaise foi? Même pas! Car cet EP est fort intéressant et présente des compos réussies en plus d'une reprise qui tue. Le son est même meilleur que sur Holy Land : les guitares sont toujours un peu trop froides et en arrière par rapport aux claviers, mais le son de batterie de Confessori est bien plus présent que sur le chef d'oeuvre absolu des Brésiliens. On entendrait presque la grosse caisse! Pour le reste de la prod référez-vous à Holy Land, c'est du même tonneau.

Et ces compos donc? L'album s'ouvre sur "Freedom Call", morceau heavy/speed tout à fait dans la veine d'Holy Land. Le côté brésilien est peut-être un peu moins présent car représenté surtout par les percussions de l'outro, mais le côté tribal des rythmiques est toujours là. La basse de Mariutti s'éclate à l'arrière plan, le riff rappelle les moments de joie Maidenienne de "Z.I.T.O", le refrain est entraînant et les breaks judicieux. "Queen Of The Night" est une vieille compo qui aurait dû figurer sur Angels Cry et qui bénéficie d'une intro somptueuse aux claviers. Couplets posés et on en peut plus mélodiques, montée en puissance qui retombent puis repartent, chant possédé de Matos… Tout est là avant même le refrain énorme qui voit revenir cette très belle partie de clavier.

Dans la série très très joli nous avons "Reaching Horizons". L'intro à la guitare acoustique rappelle "Lullaby For Lucifer", titre qui fermait Holy Land. Le titre reste calme et acoustique incroyablement longtemps... On se croit face à une réelle balade unplugged jusqu'au refrain power-ballade légendaire: « Flyyyy hiiiiigh, reachiiing skiiiies...» : irrésistible. La voix de Matos possède toujours cette capacité incroyable à jouer tant sur l'émotion pure que sur la note tellement aigüe qu'on se demande si elle existe vraiment. Deux manières totalement opposées de filer la chair de poule à l'auditeur. La version symphonique de "Stand Away", compo présente sur Angels Cry, est plus anecdotique. La surcharge de claviers et d'orchestrations alourdit le titre plus qu'autre chose à mon sens. Idem, la présence de "Deep Blue" dans une version identique à celle d'Holy Land laisse perplexe: remplissage pur et simple?

Mais bon, je me suis gardé le meilleur pour la fin: la reprise du classique légendaire du Priest, j'ai nommé "Painkiller". J'annonce la couleur d'entrée: je la trouve supérieure à l'originale. Pas de réorchestration ici: pour ce qui est des instruments c'est strictement identique, seul le son varie légèrement. Par contre la grosse claque c'est le chant! Qui aurait cru qu'on pouvait faire mieux qu'Halford sur une compo de son groupe (à l'époque, Ripper n'était pas encore connu)? André Matos, j'en suis désolé pour les fans de Judas, explose littéralement le Metal God sur ce titre. C'est en fait la première fois qu'on l'entendait exploiter ce registre agressif qu'il a ensuite fait sien sur les albums de Shaaman. Et quel monstre! Je rappelle qu'Halford chante en falsetto boosté, une voix de tête agressive (le screaming cher à certains) comme celle qu'emprunte Eric Adams de Manowar dans ses passages suraigus. Halford est très fort dans ce registre, mais Matos, seigneur... Il n'est PAS en falsetto, c'est sa vraie voix, chargée d'une violence dont nul ne le savait capable à l'époque. Il se permet même de caler ça et là des notes une octave au-dessus des parties d'Halford! C'est techniquement incroyable, et le résultat est limite effrayant. Et totalement orgasmique.


Verdict: un EP bien sympa ma foi. Je le considère plus comme un quatre titres que comme un six titres car on se demande ce que "Deep Blue" et "Stand Away" font là. Mais comme l'indique la note ces quatre titres sont d'une qualité exceptionnelle et auraient pu tout à fait figurer sur l'un ou l'autre des albums de la formation, on n'est pas face à des chutes de studio bâclées mais face à de véritable compos. Cet EP a toujours été vendu à un prix fort raisonnable, je vous enjoins donc à vous le procurer si vous pensez qu'Angra est mort après Fireworks. Et si vous aimez le heavy mélodique en général, d'ailleurs. Car rappelons-nous qu'Angra mk. one a été le meilleur groupe de power/heavy mélodique de sa génération avec Blind Guardian...


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4