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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Julien Truchant
(chant)

-Olivier Gabriel
(guitare)

-Liem N’Guyen
(guitare)

-Rémi Aubrespin
(basse)

-Fred Fayolle
(batterie)

TRACKLIST

1)Bestial Breeding
2)Stay Brutal
3)Foetus
4)Deviant
5)Perpetual Cannibalism
6)Self-Proclaimed God
7)Dementia
8)Phlebotomized
9)Insane Cephalic Production
10)Insomnies

DISCOGRAPHIE


Benighted - Insane Cephalic Production
(2004) - brutal death - Label : Adipocère



Troisième album pour ce groupe des plus respectables de la scène Death française: Insane Cephalic Production. Une vrai tuerie. Violente oui, mais surtout complexe, tordue, travaillée, inspirée ! Musicalement comme conceptuellement Benighted met les points sur les I avec cet album produit en Allemagne par Christian Kholemannleiner (Agathodaimon, Destiinty, Ad Inferna). Au niveau musical d’abord, les compositions de Benighted sont d’une richesse plutôt impressionnante. Si parfois le Death Metal Brutal a tendance à être un peu rébarbatif, voire linéaire, on en est très loin avec ce Insane Cephalic Production. Chaque titre présente une variété très intéressante de sons et d’approches de violence maîtrisée, une riche palette de nuances rythmiques et sonores, et des vocaux précis, incisifs, extrêmes (le titre "Insomnies" en est un bon exemple).

Dès le premier morceau, la pierre est jetée, on voit parfaitement à qui on a à faire: un groupe qui maîtrise parfaitement son art. Le jeu sur "Bestial Breeding" est très coupé, les voix Death de Julien proches du Grind s’entremêlent avec celles plus proches du Black et avec toutes les teintes extrêmes qu’elles peuvent prendre. Et ça tombe toujours à point, jamais trop, jamais inutile, dans le bon ton. Sur les dix titres de Insane Cephalic Production, aucun ne montre de défaillance, de faiblesse notoire, si ce n’est peut-être parfois que certains sont plus inspirés que d’autres ("Deviant", "Self-Proclaimed God", "Insomnies", "Phlebotomized"), ce qui finalement répond à la sensibilité de chacun. "Self-Proclaimed God" est impressionnant de nuances, de coupures entre passages ultra blastés et moments mid-tempo profonds et carrés. L’ensemble reste évidemment très violent et ne donne à aucun moment l’impression que ça va mollir. Donc il faut suivre ! Le son de Benighted est heureusement à la hauteur de la qualité et de la complexité des morceaux. Rien n’est laissé au hasard, sans tomber dans l’ultra chirurgical qui pourrait lisser la brutalité de l’ensemble. Etrangement, on retrouve sur Insane Cephalic Production l’esprit musical français. Je ne sais pas quel détail permet d’affirmer ceci, mais ça se sent !

Point d’orgue musical sur Insane Cephalic Production : la subtilité. J’aime retrouver toute cette subtilité dans l’utilisation des voix, oscillant entre le caverneux et le hurlé plutôt criard, en passant par des teintes Hardcore. Le titre "Fœtus" aborde certainement cette influence de manière plus insistante que les autres. La subtilité se retrouve surtout au niveau des compositions que l’on sent très travaillées et mûries, sans pour autant perde de leur spontanéité. Pour se faire une idée de la puissance de Benighted, l’écoute de "Phlebotomized" est indispensable. Riffs lourds et précis s’enchaînent aux passages mitraillettes, le jeu des voix donne toute l’ampleur à la composition. Ce morceau, comme le dit si bien le groupe lui même, « parle d'un orphelin schizophrène qui a la sensation que son sang dont il ignore l'origine est un poison qui le brûle de l'intérieur et lui inflige des souffrances abominables. La seule possibilité qu'il a au sein de son délire pour atténuer son mal est de se sectionner les veines à répétition pour évacuer la source de ses tortures. »

Ce genre de thème, quoique déjà existant dans ce milieu prend ici une ampleur particulière, tragique et profonde. Les paroles en Français permettent de mieux comprendre la pensée du groupe sur chaque pathologie abordée. D’ailleurs, il serait tâche dure d’essayer de saisir ne serait-ce qu’un mot à l’écoute des titres, comme "Insane Cephalic Production" par exemple, où l’écoute avec le livret sous les yeux n’est pas un luxe, c’est nécessaire. Courts, haletants, souffrants, les textes soutiennent avec justesse le concept des pathologies infantiles. "Stay Brutal" est à découvrir si l’on veut pénétrer dans le monde des troubles psychotiques…


En bref, Benighted nous propose avec Insane Cephalic Production une œuvre aboutie, violente et très aérée à la fois, en tout point convaincante. La sensibilité de chacun fera le reste. Néanmoins il est des groupes que le talent fait frémir, et Benighted est de ceux-ci !


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