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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Dave Ingram
(chant)

-Darren Brookes
(guitare)

-Peter Rew
(guitare)

-Paul Adams
(basse)

TRACKLIST

1)Vision in the Shroud
2)Graveworm
3)Jumping at Shadows
4)Opulence of the Absolute
5)Child of Sin
6)Undirected Aggression
7)Born in a Fever
8)Grand Leveller
9)Senile Dementia
10)Return to the Eve

DISCOGRAPHIE


Benediction - The Grand Leveller
(1991) - death metal - Label : Nuclear Blast



Il convient, avant cette chronique d’un des vétérans du death métal, de brièvement situer le contexte et l’historique du groupe dans les années 90 (c’est important pour la suite). Le groupe, né en 1989 à Birmingham (UK), a connu deux changements de line-up majeurs qui ont influencé la musique prodiguée par Benediction. Le premier vocaliste (sur Subconcious Terror – 1990) n’était autre Mike « Barney » Greenway, le légendaire singer de Napalm Death.

L’arrivée, après le premier opus, de son successeur Dave Ingram, (qui officia jusqu’en 1998 et notamment sur The Grand Leveller) marqua un virage du groupe, avec des compositions plus puissantes, plus « mélodiques ». Les guillemets sont de rigueur, car le terme pourrait faire penser à du « made in Göteborg », mais il n’en est rien. Ils traduisent simplement une maîtrise et une inspiration plus mature des riffs et structures des morceaux. L’album marqua le début de l’âge d’or du groupe, qui accoucha par la suite de deux autres indispensables, le mini Dark Is The Season et Transcend The Rubicon, ce dernier bénéficiant d’une production plus soignée. Nos Anglais restent tout de même moins reconnus que leurs contemporains de l’époque –injustement d’ailleurs-, à savoir Napalm Death, Entombed, Death, Bolt Thrower, Dismember, Edge Of Sanity, Morbid Angel.

Benediction a choisi d’attraper l’auditeur par le col en lui mettant de grandes baffes en choisissant de débuter par "Vision In The Shroud", assurément l’un des deux- trois titres phares du CD, voire du groupe. L’intro est lourde, progressive, lancinante, puis l’accélération provoque une envie de headbanging à s’en donner mal aux cheveux, entretenue par quelques ruptures de rythme, et la lourdeur des guitares à la sonorité très reconnaissable. Le growl de Dave Ingram est grave, guttural, et ses râles outre tombaux sont en pure harmonie avec le reste. En fait, "Vision…", à l’instar de "Jumping At Shadows" qui ajoute de surcroît ses breaks lents est une sorte de condensé de ce qu’est la musique du groupe, comme le sera Dark Is The Season.

On pourra dire à juste propos que c’est assez basique musicalement, mais le sens du riff qui entre et reste dans les têtes est frappant, que ce soit dans "Vision In The Shroud", "Jumping At Shadows", "Child Of Sin", "Born In A Fever" ou "Senile Dementia". Il n’est nul besoin de multiplier les écoutes pour s’en rendre pleinement compte. C’est ce qui fait certainement l’efficacité de tous les titres de l’album, qui, pour certains ("Undirected Aggression", "The Grand Leveller", "Return to The Eve") sont plus « basiques », mais envoient sans calcul. Et oui, rien n’est à jeter ici, ce qui n’est pas le cas dans toute la discographie de Benediction. Il est à noter, dans le titre éponyme, qu’on entend poindre le son d’un synthétiseur, à petite dose, certes, mais rare pour l’époque, ce qui vaut d’être souligné.

Bien que signé chez Nuclear Blast, la production a quelques faiblesses. Elle est très puissante mais assez saturée, et la batterie, un peu trop en avant parfois, est linéaire. Ne vous y trompez pas, c’est très acceptable, mais on aurait eu envie de bénéficier des productions actuelles pour exprimer la puissance du groupe.


Après l’écoute de cet album, on se dit volontiers que le Death Old School a quand même une indéniable capacité à faire headbanguer, et qu’un retour aux sources serait rafraîchissant. Tous les titres de The Grand Leveller sont bons à prendre, tant le plaisir d’entendre cet album en entier est réel. Très facile d’accès, il n’est pas nécessaire de le mettre en boucle pour en dénicher les subtilités : il n’y en a pas. C’est brut, puissant, sans fioriture, et au final diaboliquement efficace. Encore.


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