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CHRONIQUE PAR ...

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Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Christian Decamps
(chant)

-Francis Decamps
(claviers)

-Robert Defer
(guitare)

-Jean-Michel Brezovar
(guitare)

-Daniel Haas
(basse)

-Jean-Pierre Guichard
(batterie)

TRACKLIST

1)Les larmes du Dalaï Lama
2)Le ballon de Billy
3)Tout oublier
4)La bête
5)Bonnet touge
6)Nonne assistante à personne à Tanger
7)Couleurs en colère
8)Les herbes folles
9)Les enfants du hasard

DISCOGRAPHIE


Ange - Les Larmes Du Dalaï-Lama
(1992) - rock prog pop - Label : Universal Mercury Polygram



Depuis 1987, Ange était de retour avec son line up d'origine, celui responsable des albums des années 70, la période la plus appréciée des fans. Ceci va provoquer un peu comme pour Yes dans les années 90, un retour partiel à quelque chose de plus progressif, après des années 80 davantage orienté vers un rock adulte. La discographie d'Ange est très vaste et c'est un peu le bordel au départ pour s'y retrouver. Musicalement, la différence entre Tout Feu Tout Flamme (sorti en 1987) et Les Larmes Du Dalaï Lama est flagrante. Le style est ici plus intimiste, plus posé, moins rock et la production bien plus soignée. Ne parlons même pas des musiciens, qui sont bien meilleurs techniquement qu'autrefois. Dans la démarche, ça me rappelle un peu Brave de Marillion dans cette recherche de la perfection absolue, surtout au niveau du son et de l'interprétation. Mais cette perfection de la forme ne vient cependant pas masquer les quelques failles présentes sur le fond.

Christian Décamps n'a pas changé son fusil d'épaule, il est capable du meilleur comme du pire. Ses textes peuvent s'avérer magnifiques et plein de poésie, comme ils peuvent être aussi très nases ! Et Ange est toujours aussi ardu à classer : ce n'est ni du pur rock progressif, ni de la variété française, mais les deux à la fois. Les Larmes Du Dalaï Lama est très appréciable dans son ensemble et contient quelques pièces épiques qui valent la peine d'être écoutées. Tout d'abord, la chanson-titre "Les larmes du Dalaï Lama" est d'une beauté confondante, la plus mélancolique du lot et saupoudrée des sonorités orchestrales grandioses. On ressent toujours à quel point l'influence de Léo Ferré et Jacques Brel est grande sur les paroles et le ton théâtrale du chant de Christian Décamps. Pour la guitare et les claviers, c'est un subtil mélange entre la légèreté de la variété française et la vélocité du progressif qui nous est offert. L'un ne l'emporte jamais sur l'autre, du moins pour les titres les plus épiques. Idem pour "La bête" et "Nonne assistante à personne à Tanger", les montées d'adrénaline et les variations d'ambiances en font des chef-d'oeuvres absolus. Mais le reste de l'album n'est pas aussi exquis, notamment quand le syndrome variétoche prend le dessus.

C'est le cas pour "Le ballon de Billy, un hit potentiel pas désagréable en soi mais dont le refrain redondant et people a vite fait de saouler. "Tout oublier" porte bien son nom, il vaut mieux l'oublier bien vite celle-là. Elle est insupportable surtout à cause des paroles et des lignes de chant se rapprochant un peu trop d'un Florent Pagny dans sa période révoltée. Heureusement, les autres chansons qui conservent une structure simple sont assez consistantes et suffisamment riches pour maintenir l'attention. Christian Décamps a aussi eu la bonne idée de ne pas nous la jouer joyeux et dynamique sur ce disque, car c'est généralement dans ces moments que la musique d'Ange devient ringarde (cf "Ce soir c'est la fête chez l'apprenti-sorcier", un de leurs classiques que j'ai jamais pu voir). Le coté intimiste et dramatique lui convient bien mieux. Ange prouve qu'au bout de seize albums studio, le groupe a encore de belles choses à dire et que le prog à la française ne se limite pas à de la repompe intégrale sur les aînés King Crimson, Yes et Genesis, mais ça on le savait déja depuis longtemps.




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