790

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 13 juillet 2009
Sa note : 17/20

LINE UP

-Loïc C.
(guitare+chant)

-David F.
(basse)

-Denis S.
(batterie)

TRACKLIST

1) Morfondu
2) Errances Oniriques
3) Suppôt du Neant
4) Voyage Subliminal
5) Le Domaine des Songes (Acte2)
6) En Quête d'immortalité
7) Le Dernier Pas
8) Interlude
9) Dernière Rencontre

DISCOGRAPHIE


Belenos - Errances Oniriques
(2000) - black metal - Label : Sacral Productions



Top ! Formation française, je suis d’origine bretonne, je pratique du pagan/black, j’ai trimé sur la route de nombreuses années avant d’avoir un line-up décent mais instable. Je suis désormais reconnu dans le milieu du metal extrême français grâce à une poignée d’excellents albums. J’ai sorti 2 démos à grands coups de boîte à rythme avant de m’émanciper grâce à ces Errances Oniriques dont je ressors une version réenregistrée en 2009. Je suis, je suis ?... Belenos pardieu !

Sonnant le cor, voguant le drakkar, Belenos a sa petite réputation en 2009. Alors qu’Errances Oniriques ressort réenregistré intégralement (sol au plafond) par son unique penseur et maître à jouer, Loïc Cellier, il est temps de se (re)pencher sur cette première galette qui a ouvert la voie de la reconnaissance cordiale, celle qui vous gagne un hochement de tête approbateur du metalleux quand vous citez Belenos dans vos groupes préférés. Car si le réenregistrement est censé corriger les défauts de jeunesse de ce disque (notamment le son et certains arrangements qui n’étaient pas du goût du sieur Cellier), sachez que la première version n’en est pas moins agréable pour autant. En fait, elle est même foutrement bonne. Elle commence sans avertissement sur les chapeaux de roues avec un énorme blast et des guitares incisives en diablesse.
Brutal. Ca change des longues introductions qui veulent vous préparer à l’atmosphère du disque. Ici vous prenez tout directement en pleine poire pour ressortir dans les fraises. Sans coup férir et vous aimez les pêches ainsi distribuées ! Car cette première chanson, la plus violente de l’album en fait, est simplement exceptionnelle. Le mètre-étalon ainsi posé, "Morfondu", est terriblement élevé et vous ne demandez plus que la cerise sur le gâteau dès à présent. Elle arrivera, ne vous inquiétez pas. Néanmoins, en guise de plats de résistance, les chansons suivantes se débrouillent fort bien. Prenez "Suppôt du Néant" au riff merveilleux, et étonnamment proche de celui de "Morfondu" (qui a donné lieu à un jeu de mots absolument scandaleux de la part de Gronibard...), le rythme a baissé, mais la qualité est demeurée.
Du blast-beat, du roulement de double pédale, du riff aguicheur et saignant, un chant rocailleux hurleur et vindicatif. Les ingrédients sont les mêmes que sur "Morfondu" et l’effet est le même : brillant. En fait, très souvent sur cet album on navigue dans les eaux territoriales de l’excellent, et ça donne la banane. Les rares incartades dans le chiant sont la présence de chants incantatoires clairs du plus mauvais effet en général. Je suppose que le but recherché est de donner un côté grandiose et épique à la musique, mais c’est en général raté, plus ridicule qu’autre chose. Fort heureusement, ça n’arrive que peu souvent, et certains sont bons comme sur la montée en puissance de "Voyage Subliminal" (l’essai juste avant étant malheureusement ridicule) ! Mais la réalisation reste toujours maladroite.
Cela ne gâche pas du tout la galette pour autant qui propose nombre de variations de rythme maîtrisées et riffs nombreux et raffinés tout en étant racés. Il y a aussi ces arpèges à la guitare sèche qui viennent aérer l’ensemble, d’ailleurs "Le Dernier Pas" est entièrement acoustique à son début. La batterie mérite ses égards car l’ami batteur délivre une performance de premier choix entre vélocité, finesse et inspiration. Cet album ravit par sa qualité technique, non pas qu’elle soit ébouriffante, mais elle est très satisfaisante pour le genre. Rajoutez à cela la gemme, la perle de satin, la fameuse cerise, à savoir la fabuleuse montée en puissance qui clôt presque "Dernière Rencontre" et donc le cd. Une pure minute de bonheur qui rend cet album magique et apporte un baisser de rideau à la hauteur du lever.


La conclusion coule alors de source et donne des pommes généreusement pour fabriquer le cidre qui célèbre ce magistral premier essai, fin, racé et inspiré. Une note sur le son qui est tout bonnement parfait (en fait, meilleur que le réenregistrement ...) avec une batterie ronde et sylvestre, notamment une grosse caisse puissante et une caisse claire agressive, et des guitares froides et boisées, tout ce qui fait que le black metal est bon à entendre. Et que cet album est indispensable.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6