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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Björk
(chant)

TRACKLIST

1)Hunter
2)Joga
3)Unravel
4)Bachelorette
5)All Neon Like
6)5 Years
7)Immature
8)Alarm Call
9)Pluto
10)All Is Full Of Love

DISCOGRAPHIE

Homogenic (1997)

Björk - Homogenic
(1997) - inclassable - Label : Mother Records



Björk, c'est toute une histoire... Et Homogenic, très certainement sa meilleure histoire jusque maintenant. De mon côté, j'ai découvert Björk avec cet album, qui reste pour moi un monument avant-gardiste, en marge de la pop sucrée et archi-standardisée dont nous abreuvent les radios aujourd'hui. Avant-gardisme dont elle s'est toujours fait un cheval de bataille. Björk évolue hors de notre dimension musicale et le démontre de nouveau, à l'heure où j'écris cette chronique, avec son nouvel album, Medulla, surprenant, fou, audacieux mais diablement réussi. De l'audace et des idées, Björk l'Islandaise en a toujours eu à revendre.

Homogenic est peut-être considéré comme son album le plus "accessible" (est-ce là le bon mot?), dans lequel on ne retrouve pas forcément tous les éléments qui font sa musique. Mais cet album possède maintenant en plus, une valeur ajoutée au fil du temps, qui jouera très certainement en sa faveur. Les albums de Björk, au niveau de la qualité, vont crescendo, c'est un fait. Cependant, Homogenic est un Medulla bis avec plus d'éléments musicaux, au sens propre du terme. Homogenic est fondé sur une voix extraterrestre, sur des éléments musicaux bien terrestres, mais traités avec une originalité impossible à copier.

Minimaliste dans son approche, Homogenic n'en reste pas moins mélodique à outrance. De l'ouverture glacée ("Hunter") jouant sur un beat en trois temps, des violons et un tempo peu rythmé mais entêtant jusqu'au final "All is full of love", poignant et ahurissant au refrain mémorable, tout est fait pour que la voix de Björk s'incruste dans votre tête et n'en ressorte plus. Homogenic est un album à voix comme on dirait de certains qu'ils sont à textes ("5 Years" et ses lignes de chant étonnantes, "Unravel") dont la musique n'est ici prétexte à des expérimentations électroniques appuyant l'esprit dérangé de Björk. Les seuls instruments utilisés ici sont un ensemble de violons (utilisé décemment, il ne fait pas dans la surenchère) et ces sonorités tirées de l'électro, du trip-hop arrangées à la façon Björk ("Immature", magnifique, "All Neon Like", "Pluto" et ses beats hypnotiques).

La musique est ici au service du chant, parfois rempli d'émotions, parfois explosif ("Pluto"), parfois polyphonique (les doubles chants sont ici légion, comme dans '"Alarm call"), toujours étonnant. Mais il faut dire que celle-ci en a dans le ventre, autant dans les tonalités (quelle gamme de voix!) que dans la façon extraordinaire dont elle a de mettre en mots ce qu'elle ressent ("Unravel") et de vivre son chant. Et ce petit accent islandais sur son anglais mettra tout le monde d'accord. Quand j'écoute "Joga" et ses "...this state of emergency..." dans un refrain dont on ne peut plus se défaire ensuite, j'en ai des frissons. "Joga", que je considère comme une de ses plus belles chansons d'ailleurs. M'enfin, passons.


Bref, en lui-même, Homogenic ne pourra pas susciter l'indifférence: au pire indigeste pour le rendu très expérimental de sa musique, indéfinissable (pop? électro? trip-hop? rock?), donc peu accessible; au mieux cultissime pour ses lignes de chant et l'ambiance très particulière qui règne, cet album reste pour moi une référence, d'un niveau que la chanteuse n'a jamais atteint avant ("Debut" et "Telegram" entre autres) et à placer au même niveau que Medulla pour l'immense audace dont Björk fait preuve, sans faiblir puis céder aux sirènes du commercial, après le succès estimable qu'elle rencontre. Ca, c'est une artiste intègre et sincère dans la démarche.


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