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CHRONIQUE PAR ...

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Bigtonio
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-James Labrie
(chant)

-John Petrucci
(guitare)

-John Myung
(basse)

-Mike Portnoy
(batterie)

-Jordan Rudess
(claviers)

TRACKLIST

1)The Glass Prison
2)Blind Faith
3)Misunderstood
4)The Great Debate
5)Disappear
6)Six Degrees Of Inner Turbulence: Overture
7)About To Crash
8)War Inside My Head
9)The Test That Stumped Them All
10)Goodnight Kiss
11)Solitary Shell
12)About To Crash (Reprise)
13)Losing Time - Grand Finale

DISCOGRAPHIE


Dream Theater - Six Degrees Of Inner Turbulence
(2002) - metal prog - Label : Elektra



Impression générale tout d'abord d'une très grande qualité à laquelle DT nous avait par ailleurs déjà habitué. Toutefois si globalement l'ensemble des deux CD est très bon , il semble falloir différencier un sublime CD2 et un CD1 seulement « bon ». Aux dires des membres du quintet , l'œuvre ici présente de DT serait le reflet de multiples influences que nous mettrons précisement en relief au cours de l'analyse des tracks .

"The Glass Prison": Chanson puissante dans laquelle on remarque sans trop de difficulté les influences primaires des grands du métal. Une intro METALLICA très efficace en contrasté avec la présence de la basse et de la guitare claire façon "Nothing Else Matters". inspiration confirmée au demeurant par un riff gras et energique dont la provenance est tout à fait incontestable: re-Metallica. Survient alors un solo dantesque précis, sans dead notes, et Petrucci corse l'addition en le modulant 3 fois de suite sans aucune faiblesse technique histoire de rappeller a nous autres pauvres guitaristes mortels que la route est encore longue sous le soleil. La présence de Portnoy , éblouissant martelle un mid-speed métal éfficace tandis que le même batteur assume le chant durant 20 secondes ! Le solo de Petrucci est alors repris par Rudess qui n' entend pas rester en marge de la performance musicale. Ce bridge nous amène au thème principal avec un spectre sonore bien travaillé qui ne peche ni dans les basses ni dans les aigûes. On débarque des lors dans une session SEPULTURA (roots bloody roots!)ou PANTERA sans toutefois les « death-vocals ». Parallelement le tempo semble se réduire et passe en 3/4 pour un post refrain plus doux : une sorte de dialogue (entre LaBrie dans les aigus et Petrucci dont la voix et remasterisée facon outre-tombe), qui exprime toute la dichotomie latente de la piste, hésitation entre hard métal et DT classique. Myung entre en scène avec un pseudo-solo du plus bel effet qui débouche sur une curiosité folklorique façon « folklore chinois du Xiangyang ». La piste est alors clôturée magistralement par un chorus plus classique ( guitares avec chorus ) LaBrie flamboyant, Portnoy sous-jacent se déchaine en périphénomènes rythmiques a écouter avec attention et respect. La fin de l'œuvre illustre son titre avec un bruit de verre brisé.

"Blind Faith" : Une entrée en matière façon ambiance Fuji-Yama ( le grand père de Myung présent lors de l enregistrement a tenu a rendre hommage aux esprits sacrés de la fôret ^^ ). Riff assez simple qui ne me rappelle inéluctablement le célebre début NIRVANESQUE de "Come As You Are". S'ensuit un jeu fin, aérien voire diaphane de Portnoy qui exploite poétiquement ces cymbales, tandis qu'une large plage sonore est déléguée à James LaBrie dont la voix relativement aiguë non-concurrencée dans les high-frequencies trouve une réelle liberté harmonique. Toutefois on enchaine sur un pré-refrain assez « people-jack » qui contraste étonnamment avec un refrain plus heavy. La structure est exploitée encore une fois sur un enchainement couplet pré-refrain - refrain cette fois complété par un bridge joli certes mais sans réelle innovation qui laissera peut etre sur leur faim les puristes . Après une descente guitaristique a la Ram Jam le solo de Petrucci n'est lui non plus pas très inspiré. Un interlude piano de Rudess trouve à mon gout plus de succès mais le passage instrumental qui suit est relativement peu interessant est ne souffre pas de comparaison avec "Erotomania" par exemple. Puis la cadence accélère de nouveau vers 7:30 et le morceau gagne en efficacité avec un tres beau solo tonale de Petrucci . Le refrain est finalement repris une dernière fois et la chanson cloture sur l'ambiance avec laquelle elle avait commencée. Dans l'ensemble une chanson correcte sans plus.

"Misunderstood": A mon avis la chanson la plus people mais également la plus achevée du CD 1. Très belle intro en la maniere guitare accoustique (rappel de Radiohead , no surprise , ; voire encore de Porcupine Tree, "Disappear", pour les connaisseurs ) . LaBrie , très calme continue de s'affirmer comme une voix en forme du paysage rock prog et fait ressortir une réelle émotion des lyrics . l'ambiance est mélancolique , triste , et le violoncelle (en fait c'est un fake exécuté par le keyboard de Rudess) renforce une ligne de basse qui aurait pu etre l'appanage de maitre JS BACH dans ses « suites pour cello ». a 1:36 la progression melodique du thème de "Finally Free" est reprise , mais ce n'est que le constat d'une ressemblance entre le refrain de "Misunderstood" et la célebre pièce de Metropolis Part II. S'ensuit alors un petit passage inspiré celtique avec un flutiau pipo et des drums épars dans un paysage fantomatique d'effets ponctuels sonores informatiques divers. A 3:36 la transformation que l'on attendait: le thème principal est repris de facon plus energique a la disto et au drum tandis que les voices sont assurés par Portnoy en choeur et LaBrie a l'octave supérieure. L'ambiance se corse harmoniquement dans la quatrième minute avec un sentiment de confusion qui reflete les lyrics du theme « how can i feel abandoned even when the world surrounds me ». Le refrain est bien exploitée orchestralement par la suite avec une presence des cordes (fake cello et violin . La fin de l'oeuvre me semble d un interet moindre de par la confusion excessive du keyboard qui noie l'ambiance sous des interventions en mode tonale difficile d'acces . Petrucci pete un plomb à la guitare et se livre a un numéro de débouche chiotte en direct : comme quoi même le maitre a ses faiblesses.

"The Great Debate": une intro qui laisse la part belle a Myung puis Portnoy qui jouent sur un extrait de reportage télé sur les éléctions aux USA et les qualités ou défauts de la campagne de George BUSH. Au fur et à mesure l'ambiance musicale s'énergise et Portnoy martelle ses drums comme le marteau de THOR . Puis une voix de robot Labrisé explicite un couplet pour le moins inhabituel. Le refrain nous ramène en terre connue avec un beau son sans toutefois pléthore d'inventions ni de compositions . Pantera et Metallica calmes me semblent ensuitre bien définir la suite de la chanson jusqu'a 6 minutes . Un rythme lancinant prend ensuite la releve en 8eme minutes tandis que la chanson se rapproche du DT habituel. Rudess execute un solo virtuose sans doute mais son son reste un peu maigre a mon gout . Petrucci ne fait pas mieux : il semble que faire succéder systématiquement solo de guitare et clavier ne motive plus comme avant les deux musiciens qui oublient la qualité des compositions . Enfin la chanson termine une fois de plus comme elle a commencé sur fond télévisuel. ...Mitigé.

"Disappear": une intro qui me plait particulirement avec un coté maison hantée X-Files dans ce thème glacial du keyboard. La suite accoustique piano guitare largement reverbée me conforte dans cette sensation de sonorite ouverte large « comme dans une cathédrale avec du vent en plus ». Des effets numériques de fantômes sont rajoutés et accompagnent LaBrie mélancolique dans cette belle ballade qui vous coule le moral en 3 secondes . Le refrain est chanté dans un téléphone (thème du départ annoncé changement ...) Puis le refrain est repris plus appuyé par une guitare- accord-disto . Cette chanson me fait penser inévitablement a "The Spirit Carries On" autour de 5 : 3O. On finit comme on avait commencé, c'est un invariant. Une très belle ballade.

CD2 "Six Degrees of Inner Turbulence" :

"OVERTURE" : Un très beau début comme d'habitude bien orchestral ,comme les ouvertures de ballets russes. Une belle énergie de la guitare des drums facon marche militaire , un thème primaire qui tient la route les 2 premieres minutes sont réussies. Puis la vapeur chauffe en rock et des cuivres font leurs apparition qui ne sont pas sans rappeler Wagner, Bruckner ou meme Dvorak dans certaines de leurs symphonies. 3:32 ==> le thème est reexplicité avec les cuivres ,et les cordes le remodulent aidés par une harpe puis des cloches. 5:04 Un nouveau thème bref suivi de la reprise des cordes du thème principal ( LA DO RE MIb FA ... ) Bref c'est réussi haut en couleur et pas ridicule vis a vis de la difficulté de l'exercice.

"ABOUT TO CRASH" : Une bonne track sans prétention qui s'écoute bien. L'intro au piano est réussie ,le couplet et le refrain sont assez classiques ,LaBrie chante sans forcer la voix . 3:37 on change d'ambiance, l'ambiance devient plus oppressante , on passe en mineur , on accélère le role des percu et de la gratte électrique . Le solo de Petrucci colle a la musique et débouche après un brutal ralentissement de tempo sur l exploitation du thème principal de l ouverture par le guitariste avec un son très guitar flying disto up to the sky. On arrive alors d'un seul coup d'un seul à :

"WAR INSIDE MY HEAD" : C'est avec la chanson suivante les deux tracks les plus heavy de l'album. Le changement est radical : LaBrie semble ricaner dans les couplets tandis que le refrain est guttural. Instrumentalement les gros riffs gras de Petrucci et la présence de Portnoy assurent l'energie de l'ensemble; cette chanson courte débouche avec un riff phénoménal de petrucci sur
"THE TEST THAT STUMPED THEM ALL" : le riff continue pendant 25 secondes (quelle endurance pour le maître de la 6 cordes). Puis un couplet mechamment heavy avec un LaBrie du coté sombre de la force .Compères batteur et gratteux assurent le coté cuirassé de morceau de métal. Tous les couplets sont alors chantés en dialogue par LaBrie d'un coté auquel répondent Portnoy et Petrucci en choeur facon « gremlins ». Les solos sont corrects mais semblent a la longue un peu répétitifs. Une très joli transition. Une chanson qui a le mérite d'apporter quelques grammes de brutalité dans un monde de finesse ^^ .

"GOODNIGHT KISS" : Guitare chorus en accord de 7eme majeur ambiance de détente oblige , une intro léthargique un peu trop people a mon gout d'autant que des gazoullis de merdeux viennent finir de rendre gaga le quintete . Mais le sujet de la chanson mentionne le « baby's love » ...alors bon on peut accepter pour la cause des lyrics. Le refrain est le seul moment qui mérite à mon humble avis une attention musicale de la part du public . Ça fait vraiment chanson scène d'amour dans une série ricaine alors que le thème des lyrics ne devrait pas nous faire penser a cela. Tout change à 4:50 . Le tempo s'accélère tandis qu'on entend des bruits de pleurs et de salles d'operation avec des cardiogrammes qui beep (ent ). Un solo intéressant et surtout une superbe transition en douceur vers le bijou de ...

"SOLITARY SHELL" : Putain je sais c'est people mais l'effet est terrible non? Les drums rebondissent la guitare unplugged de Petrucci est précise, les accords s'enchaînent bien , c'est simple mais génial, ca déborde pas : ça s'appelle un tube . En plus le refrain est superbe magnifiquement chanté et enfin , les paroles sont très belles et valent le coup qu'on s'y attarde voire qu'on fasse un petit effort de traduction pour réfléchir sur ce beau petit conte de ce jeune homme un peu lunatique un peu perdu. La seule ombre au tableau :le solo accoustique de Petrucci est un peu léger et frise le délit de people jackerie ; Rudess est nettement plus convaincant dans son style (qu'il est balèze ce keyboardisdte !)

"ABOUT TO CRASH" : Reprise plus énergique de la track 2 . Le riff de Petrucci est interessant tandis que la chanson y gagne à mon avis en intérêt car LaBrie exploite une octave plus aigue les lyrics. Les drums permettent une bonne assise au thème qui se developpe sans incidents ni grandes découvertes ou inventions. 3: 24 allusion furtive au thème de "War Inside My Head" qui nous amène sans coupure à

"LOSING TIME GRAND FINALE" : Reprise immédiate du thème principal de l'ouverture à la guitare et keyboard . Cependant le son du synthé me rappelle malheureusement le son TANDY de mon MIDI player. Les couplets sont plus convaincants et les refrains sont chantés en choeur. Tous les thèmes de l'oeuvre sont réexploités dans cette sorte de récapitulatif géant . Cela pourrait être une entreprise louable sans ce son horrible de synthé qui est censé reproduire des violons... Quand on sait que meme RHAPSODY utilise des vrais violons dans leurs chansons on se demande encore pourquoi un groupe avec plus de moyens comme DT ne fait pas ce même effort...


==> En Bref la galette 2 est nettement supérieure et réalise une belle prestation d'ensemble.


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