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CHRONIQUE PAR ...

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Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Waldemar Sorytcha (guitare+basse)

-Dave Lombardo
(batterie)

-Gus Chambers
(chant)

TRACKLIST

1)Curse (Of the Cloth)
2)The Answer
3)Prophecy
4)Endowment of Apathy
5)Enemy Mind
6)Skin Trade
7)(Built to) Resist
8)The Gift
9)Privilege
10)Blood of Saints
11)Man With NO Insides

DISCOGRAPHIE


Grip Inc. - Incorporated
(2004) - thrash metal - Label : SPV Steamhammer



On vous le dit et on vous le répète que cette année est un cru millésimé pour le thrash ! Pensez donc à ces vieux amateurs de la bay area qui se sont vu expédier à quelques semaines d’intervalles deux torpilles en provenance directe de groupes old-school ressuscités comme par miracle. Death Angel et Exodus, excusez du peu! Une petite déflagration qui se voit aujourd’hui encore amplifiée par le retour d’un trio de vétérans (d’une autre sphère du thrash, mais tout aussi vénérable) que l’on avait perdu de vue depuis bien trop longtemps, Grip Inc., et qui nous fait l’offrande d’un nouvel album, Incorporated. Une véritable tuerie bien évidemment, un album frais et novateur, dans la grande tradition du groupe ! Diantre, après cinq ans d’absence et des projets dans tous les sens pour chacun des membres, pondre un album avec autant de spontanéité ! Décidemment, vous n’avez pas affaire à n’importe qui…

Ha non alors ! Entre ce formidable cogneur de Lombardo, qui chatouille avec autant d’entrain les fûts de Slayer, de Fantômas et donc à nouveau de Grip Inc. , le génial Sorytcha, qui délaisse momentanément ses activités de producteur pour se lâcher à grand coup de six-cordes, et Gus Chambers, le chanteur keupon du combo (énorme, j’y reviendrais), vous conviendrez qu’en matière de personnel, on ne fait pas ici dans la demi-mesure !!! Les trois gaillards, pétris de talent, inspirés comme jamais, laissent une fois encore parler leurs envies dans ce labo musical qu’est Grip Inc., où toutes les expérimentations sont bonnes à prendre, et où l’on se tamponne ouvertement des structures pré-établies et des clichés. Enfin çà c’est pas nouveau vous me direz, les trois galettes précédentes nous avaient déjà démontré cette volonté de gambader loin des sentiers battus.

De fait, c’est le plus naturellement du monde que l’on s’enfile les plages, sans jamais avoir l’impression d’écouter la même chose (à ce titre on est à des années-lumière du death floridien, si vous voyez ce que je veux dire ^^). Tout commence par le truculent "Curse (Of The Cloth)", introduit par un enchaînement « batterie épileptique sur gros riff »/« arpèges hispanisantes et chant clair » pas courant, qui laisse progressivement place à un morceau rapide et bourrin, typique du thrash US. Le son est énorme, précis, tout y distinct, basse comprise. Une basse omniprésente (et virevoltante,…, et pesante) dans le morceau suivant, "The Answer", certainement l’un des plus accrocheurs de l’album. Gus y démontre à quel point sa voix est fantastique et modulable à souhait (et ce gars chante du punk !!! quel gâchis…). Vous en aurez bien des preuves tout au long de cet Incorporated… Mais où en étais je ? "The Answer" oui, un morceau mid-tempo très pesant, aéré par les vocaux de Chambers et par son refrain entêtant, qui fait l’objet d’une vidéo (tout comme la première plage que, j’ai déjà évoqué). Vous y verrez le travail de chacun en studio, et notamment le gros boulot de rythmique de Sorytcha, le tout avec une très bonne qualité d’image.

Le reste est tout aussi surprenant et bienvenu. "Enemy Mind" illustre à nouveau le goût prononcé du guitariste pour le flamenco, et démontre à quel point il peut être facile de faire cohabiter, voire fusionner, ce style avec un jeu autrement plus couillu. On retombe aussitôt dans l’efficacité brute avec "Skin Trade", mené à un rythme d’enfer, ponctué d’un solo furieux et agrémenté d’accords cristallins aux tonalités arabisantes. "(Build to) Resist" marque un retour au calme et à un tempo plus modéré, afin d’accentuer davantage le gothisme du violoncelle d’Eicca Topinnen (Apocalyptica), que l’on retrouvera encore sur d’autres titres. Et des trouvailles comme celles-ci, il en est question jusqu’à la onzième et dernière plage.


Incorporated est incontestablement l’album le plus abouti du groupe, le plus jouissif. Ceux qui pensent que le thrash se limite à deux riffs par morceau, imbriqués tant bien que mal, comprendront vite fait qu’avec un peu d’idées, d’honnêteté et de musicalité, il est possible de parvenir à quelque chose qui vous surprendra de plage en plage, et vous accompagnera droit à une deuxième écoute, pour mieux en savourer toutes les subtilités et toute l’efficacité. Reste à espérer maintenant que Sorytcha et co. tourneront un minimum (ce qui dépendra surtout de Lombardo) afin de défendre leur production en tout point excellente, et que l’écriture du prochain ne devra pas attendre cinq autres longues années.


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