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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 8.5/20

LINE UP

-Evan Seinfeld
(chant+basse)

-Billy Graziadei
(chant+guitare)

-Bobby Hambel
(guitare)

-Danny Schuler
(batterie)

TRACKLIST

1)Retribution
2)Victory
3)Howard Beach
4)Wrong Side of the Tracks
5)Justified Violence
6)Skinny Song
7)Hold My Own
8)Pain
9)Panic Attack
10)Survial of the Fittest
11)There and Back
12)Scarred for Life

DISCOGRAPHIE


Biohazard - Biohazard
(1990) - hardcore crossover metal/hardcore - Label : Maze



Il y a des groupes pour lesquels le succès critique et artistique ainsi que la reconnaissance du public et des collègues semblent venir facilement, et ce dès le premier album. Biohazard n'en fait pas partie. Les quatre durs à cuire de Brooklyn allaient se tailler une réputation à force d'albums à chaque fois meilleurs, du moins à leurs débuts, et par la même occasion paver la voie à bien d'autres groupes… Retour sur une époque où le combo avait encore une sacrée marge pour progresser, et Evan Seinfeld de la place pour de nouveaux tatouages (ainsi qu'une crinière du plus bel effet).

La création ex nihilo n'existant que dans l'esprit embrumé des fanatiques religieux et des fans de Rock In Opposition, il est logique que la musique de Biohazard rappelle par moments celle des grands parrains du metal/punk hardcore des années 80. Ainsi, on pensera surtout à des groupes comme Agnostic Front ou Suicidal Tendencies, pour l'alternance de passages plombés et d'accélérations punkoïdes ou les "chœurs" haineux appuyant les refrains. Toutefois, là où les deux groupes précédemment cités affichaient une très forte influence thrash, Biohazard préfère mettre l'accent sur les passages sombres et syncopés collant à merveille aux voix d'Evan et de Billy. Leur manière de débiter les paroles – surtout chez Evan – rappelle fortement un "flow" de rap hardcore, et le groupe Public Enemy constitue une des références des New-yorkais en la matière.

Toutefois, si les bonnes idées sont bien présentes et donnent à l'ensemble des sonorités assez inédites à l'époque, leur réalisation et leur agencement laissent franchement à désirer. Ainsi, si le flow d'Evan sur la deuxième partie de "Wrong Side Of The Tracks" est extrêmement efficace et entraînant, il n'en est pas de même sur des titres plus rapides tels "Blue Blood" ou "Pain", où il a du mal à garder une diction bien intelligible. Et même si le groupe nous gratifie de passages délectables comme l'accélération sur la fin de "Justified Violence", les structures des compositions sont par moments hasardeuses ou bâclées, et ce sur une bonne moitié des titres (particulièrement "Howard Beach" et "Panic Attack") Parfois, la basse est mise en avant de manière fort efficace le temps d'une intro ou d'un break, mais malheureusement cela arrive principalement sur les chansons les moins intéressantes, ce qui diminue l'impact de ces interventions.

Cet album est en fait la réédition re-masterisée de la première démo du groupe et la production est, en toute logique, loin d'être prodigieuse. Ce qui gâchera à coup sûr l'écoute, c'est la caisse claire saturée, grésillant dans vos enceintes à tout bout de champ, et pour un album qui s'apprécie pleinement à fort volume, c'est plus que dommageable. Il en est de même pour les chœurs qui, même si leurs interventions sont dans la majorité des cas pertinentes, donnent l'impression d'avoir été collés à la hâte et ne s'intègrent pas dans la sonorité globale. Enfin, les leads mélodiques de Bobby qui allaient plus tard contribuer au charme de Biohazard, sont quasiment absents et pas particulièrement intéressants. Même si le groupe affirme déjà son goût pour une subtilité inattendue dans le genre avec des influences hip-hop et des introductions acoustiques (de la guitare pour "Justified", du piano pour "Scarred For Life"), le résultat global est bien trop brouillon pour mériter le détour. Pour prendre connaissance avec les débuts du groupe, il sera bien plus judicieux de tenter l'album Urban Discipline, qui reprend par ailleurs deux des compos les plus réussies de ce début homonyme ("Wrong Side Of The Tracks" et "Hold My Own").




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