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CHRONIQUE PAR ...

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Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 01 avril 2015
Sa note : 18.5/20

LINE UP

-Kabel Lyall
(chant)

-Rick Contes
(chant+guitare)

-Chris Nolen
(guitare live+basse studio)

-Derrick Gause
(basse live)

-Randy Baucom
(batterie)

TRACKLIST

1) Betrayed By Light
2) Fuck This Life

3) Be My Blood
4) Self Inflicted
5) Loved And Unwanted
6) We Are Nothing
7) Final Dose
8) Weep In My Dust
9) Take My Hand 
10) Shadow Of Murder
11) Embrace Extinction

DISCOGRAPHIE


Young And In The Way - When Life Comes To Death
(2014) - hardcore black metal Blackened crust - Label : Deathwish Records



Haine viscérale, déchèterie, ma lame de 30 centimètres dans ton intestin grêle, pollution, planète terre pourrie, violence… Tant de jolis termes qui pourraient décrire ce nouveau Young And In The Way (YAITW). Oui, le nom sonne YOLO à mourir mais ne nous arrêtons pas là. Le livre, malgré sa couverture, est capable de vous envoyer bouffer les cadavres de toutes les raclures de l’humanité en l’espace de quelques pages

Comment décrire ce genre de came toxique ? Ce genre de pourriture à chauffer dans une vieille cuillère pliée ? Ce genre de saleté qui irrite votre veine déjà purulente à crever ? Difficile à vrai dire, c’est bien la première fois que du hardcore se permet de provoquer tant d’émotions négatives. YAITW délivre un hardcore sauce black metal (ou l’inverse, au choix) du meilleur effet. À la poubelle le hardcore de pucelle qui prône le poing en l’air de la liberté utopique et de l’amour pour ses potes et sa ville… Les Amerloques de Caroline du Nord n’en ont que faire de tous ces groupes aveugles et merdiques. Pour eux, au menu dans ta face, c’est haine, violence, crasse, suicide, meurtre et noirceur… Et l’espoir ? Tu peux l’enfoncer profondément dans ta gorge jusqu’à toucher ton rectum s’il te plait. Ces mecs ne rigolent vraiment pas, tout est calculé pour faire accélérer votre rythme cardiaque, noircir vos yeux et vos pensées et vous faire comprendre que vous n’êtes qu’une sous-merde d’humain aussi répugnante et insignifiante qu’une déjection de cafard.
Si When Life Comes to Death était une production cinématographique, le scénario serait simple: un jeune tatoué sur les mains et le visage, quitte sa maison chaque soir, enfile sa parka noire et arpente les rues les plus sombres et crasseuses sous une pluie battante et dans un brouillard opaque, slalomant entre les cadavres et les junkies overdosés qui vomissent leurs tripes. Où va-t-il ? On s’en fout. Il marche, et marche jusqu’à mourir, jusqu’à ce que quelqu’un lui fasse la peau, il n’a pas peur, il est gonflé de haine, il connait la mort sur le bout des doigts et la défie en lui crachant à la figure. Inutile de le répéter, une atmosphère haineuse et brutale se dégage de cette nouvelle cargaison des Américains, mais attention, qui dit haine et brutalité ne dit pas forcément riffs à deux notes et tchouka tchouka endiablé, non non… YAITW a dépassé ce stade depuis un bout de temps, ça, c’est pour les débutants, les enfants, les petits quoi. Nos meurtriers proposent une musique travaillée et efficace, directe mais fine, brutale mais réfléchie et ça, ça fait plutôt flipper.
La baston s’ouvre avec "Betrayed By Life" qui dès la putain de première seconde annonce la couleur qui va transparaître durant tout l’enregistement, un noir plus profond que la gorge de la plus crasseuse des p****. Les riffs sont particulièrement réussis, YAITW alterne passages rapides à déboîter ta tronche et mid-tempi à hérisser tes poils, capable de te faire écumer de haine (la fin de "Fuck This Life", et celle de "Weep In My Dust", bordel). Ça blaste par moment, le tout sur des riffs qui font incroyablement mouche à chaque fois, agrémentés d’un cri rageur et dégoûté, les rythmiques varient jouissivement et ont vraiment le chic pour vous faire pendre la mâchoire et vous faire penser: « Merde, qu’est ce que j’aurais aimé créer ce riff ! ». YAITW c’est du groove de gros porc à vous faire two-stepper jusqu’à tuer, mais chaque morceau dispose de son lead assassin, ce genre de lead qui vous coupe net la respiration et qui vous pousse à presser le bouton replay jusqu’à saturer (ce lead à 1:57 sur "Self Inflicted" qui débarque de nulle part et qui vous comble de plaisir). L’album est particulièrement équilibré, la tension ne baisse jamais à vrai dire, sauf sur l’avant dernier titre qui s’avère fort sympathique.


Hardcore des bas-fonds, celui des nihilistes, des misanthropes, des gens haineux. Young And In The Way, signe ici la plus grosse tuerie du genre sans aucun doute, rarement un album de cette trempe n’aura été aussi brutal et bien ficelé. Si vous aimez le black, le groove, la crasse, la baston et les riffs qui vous font transpirer, si vous n’avez plus rien à perdre, si vous aimez votre hardcore intelligent et dépressif, ce gros paquet de goudron est fait pour vous.


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