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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 30 mars 2015
Sa note : 08/20

LINE UP

-Peter Theuwen
(chant+guitare)

-Mattias Theuwen
(chant+guitare)

-Kobe Cannière
(chant+claviers)

-Nick Meganck
(basse)

-Pepijn de Raemaycker
(batterie)

TRACKLIST

1) Longing...
2) ...For A Change
3) Patterns of Life
4) Tangram
5) Rays of Light
6) One Final Step
7) Enslaved Dreams
8) In All Remembrance
9) Stargaze

DISCOGRAPHIE


Thurisaz - The Pulse of Mourning



Alors elle est là, la fameuse frontière… Je me mets de ce côté, c’est sublime… Hop, je passe de l’autre côté, c’est de la guimauve… Hop, sublime, hop, guimauve… Hop, The Cimmerian Years, hop, The Pulse of Mourning... C’est rigolo ! Non, en fait, ce n’est pas rigolo.
 
C’est triste même, et ça ne tient à pas grand-chose. Juste à une petite flamme, qui brûle ou ne brûle pas. Quand Blakkheim avait arrêté Diabolical Masquerade, il avait évoqué, d’une certaine manière, l’absence du feu follet. Dans le cas de Thurisaz, la pause de quatre ans (le live acoustique ne comptant pas, ou alors seulement comme un mauvais présage…) a passablement terni l’éclat de l’étincelle. Après la sortie du fameux live évoqué ci-dessus, on pouvait bien redouter que le groupe belge nous fasse une Anathema, mais non. Ils ont fait pire que ça, ils nous ont fait une Amorphis. Le quintette a choisi d’offrir une musique (encore) plus accessible qu’avant et plus mélancolique, en accord avec le titre de l’album. En soi, pourquoi pas. The Pulse of Mourning se veut donc triste et prétend se draper dans une ambiance nostalgique, limite gothique. Problème : Thurisaz ne joue pas à la base une musique spécialement sombre ou dépressive (pour le genre pratiqué s’entend) et encore moins gothique. Alors, si les gars s’en sortent à peu près convenablement sur "Tangram", très Stoa dans l’âme,  le reste de l’album frôle la catastrophe, et seuls "… For a Change" (mais bon, un titre de moins de trois minutes pour Thurisaz, ce n’est qu’une longue intro…) et surtout  "One Final Step", sont de bons titres.
Ce dernier morceau nous rappelle même la splendeur d’antan, quand le groupe savait combiner parfaitement riffs agressifs, nappes de claviers soutenues et un trio de voix black/death/claire. La voix claire, parlons-en… de limpide et belle sur les précédentes œuvres, elle devient ici nasillarde et niaise, et bousille à elle seule la plupart des morceaux, au point que "Rays of Light" paraît tiré de Far From the Sun… Elle n’est pas plus digeste sur "In All Remembrance", qui devrait être le point culminant de l’œuvre, mais qui, à cause de ce mauvais chant, se transforme en une longue souffrance pour l’auditeur allergique à la guimauve, et nous tairons son résultat sur "Stargaze". "Patterns of Life" est également bien amoché par ces vocaux d’un goût douteux, mais arrive quand même à garder une certaine beauté. C’est que nos musiciens ne sont pas passés du jour au lendemain de fabuleux compositeurs à nullités cosmiques, simplement, il se trouve que cette volonté de sonner triste les a conduits sur un chemin qui, à mon avis, n’est pas le leur. Outre les ravages de la voix claire, on sent également comme une envie de leur part de forcer le trait, de démontrer à l’auditeur à quel point The Pulse of Mourning est un album nostalgique, et, comme bien souvent, à trop vouloir en faire, on échoue. Le gothique se sent, il ne se force pas. Là, on est simplement dans le mièvre, et c’est bien différent.

 
Après Almost a Dance, The Gathering avait su inverser la tendance et supprimer les vocaux insupportables qui avaient, à eux seuls, gâché l’œuvre entière. Si le chant clair n’est pas l’unique défaut du quatrième effort de Thurisaz, il est quand même l’artisan principal du côté bien déplaisant de l’album. Ce n’est que mon opinion, et il y a fort à parier que The Pulse of Mourning plaira aux amateurs d'Amorphis post-Elegy ou d’Insomnium,  qui trouveront dans cette œuvre un black/death mélodique (mainstream) et gentiment déprimant. Thurisaz marche peut-être sur le chemin de la reconnaissance, mais je ne ferai pas la balade avec eux. Tristesse infinie.



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