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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Eric Peterson
(guitare+chant)

-Steve Smyth
(guitare)

-Derrick Ramirez
(basse)

-Lyle Livingston
(claviers)

-Jon Allen
(batterie)

TRACKLIST

1)The Becoming Of
2)The Curse Of Woe
3)Revelations
4)Sins Of Allegiance
5)Until The End
6)Mark Of Damnation
7)Blood Voyeur
8)Fallen
9)Black Funeral
10)Emerald

DISCOGRAPHIE


Dragonlord - Black Wings Of Destiny



Un side-project, c'est souvent une épreuve de vérité. Nombreux sont les musiciens à avoir démontré qu'ils pouvaient faire quelque chose de surprenant une fois sortis du carcan de leur groupe ou de l'ombre d'un leader ayant une mainmise un peu trop grande sur le processus de composition. Mais au moins aussi nombreux sont ceux à s'être cassé les dents en s'essayant à des genres qu'ils n'auraient jamais dû aborder ou, pire, en se contentant de faire une petite variation sur le thème de leur groupe principal et prouvant par cette occasion leurs limites musicales. On aurait pu craindre que Dragonlord, projet d'Eric Peterson, guitariste de Testament, ne tombe dans cette dernière catégorie, surtout en sachant qu'il s'est principalement entouré, pour mener à bien son aventure musicale, d'anciens membres de... Testament.

Mais heureusement pour la crédibilité du bonhomme et de Dragonlord, ce n'est pas à du thrash old-school qu'on aura affaire sur Black Wings Of Destiny, mais à du black metal d'obédience étonnement européenne pour un groupe venant de l'autre côté de l'Atlantique. Même s'il ne s'agit pas de remonter à l'époque de gloire de la Bay Area, Mr. Peterson nous propose quand même une petite excursion dans le temps, en nous plongeant dans une musique qui évoque très fortement le black metal dit "symphonique" de la fin des années 90. Vous savez, cette période où Emperor existait en-dehors de quelques concerts, et où Dimmu Borgir n'avait pas encore les moyens de se payer un orchestre pour enregistrer ses disques.

Ces deux noms ne sont pas évoqués par hasard, car c'est effectivement l'influence de ces grands pontes du black metal norvégien qui se fait le plus sentir dans les compositions du présent album. A ces deux références principales, on pourrait ajouter le nom de Cradle of Filth (surtout pour les breaks atmosphériques) et l'on a une bonne idée du créneau dans lequel se situe Dragonlord. Le groupe mixe toutes ces influences d'une manière qui n'est pas forcément ultra-originale, mais évite en même temps la redite totale en incorporant dans ses chansons des passages à l'esprit plus thrash, notamment certaines rythmiques (par exemple l'introduction de "Sins of Allegiance") ou encore certains solos et parties de guitare lead.

D'un point de vue technique, même si les musiciens ne sont pas forcément dans leur domaine de prédilection, ils ont su très bien s'adapter. Peterson soutient difficilement la comparaison avec Ihsahn ou Shargath, mais il s'en sort de manière fort honorable dans un registre black, et apporte un peu de variété à quelques compositions ("Revelations", "Blood Voyeur") en y incorporant un chant clair qui n'est pas sans rappeler celui du groupe Solefald. Les compositions sont plutôt réussies malgré leur aspect un peu convenu et déjà entendu, et les breaks de claviers, les blasts et autres montées en puissance sont dans l'ensemble répartis de manière fort judicieuse.

Cette impression de disque pas forcément révolutionnaire mais de bonne facture est renforcée par une excellente production signée Fredrik Nordström. Les instruments sont judicieusement répartis, les claviers sont souvent placés en filigrane tout en étant dotés d'un son moderne, et l'on entend même vrombir la basse malgré le mur de guitares assez impressionnant (et hélas assez synthétique) A noter également les deux reprises clôturant l'album: "Black Funeral" de Mercyful Fate, très bien appropriée mais perdant un peu d'intensité par rapport à l'original, et "Emerald" de Thin Lizzy permettant à Eric de montrer pleinement ses capacités de chanteur dans un registre plus conventionnel. Trois quarts d'heure qui ne changeront sûrement pas votre vision de la musique, mais qui devraient fournir quelques bons moments aux amateurs de black metal à tendance symphonique.




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