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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2015
Sa note : 14/20

LINE UP

-Alzbeth
(chant)

-Albin Julius
(programmation)

TRACKLIST

1) I
2) II
3)
III
4) IV
5) V
6) VI
7) VII
8) VIII
9) IX
10) X

DISCOGRAPHIE


The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud - The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud
(1993) - gothique indus - Label : Arthur's Round Table



Au secours, je me noie… Ca va faire maintenant plus de vingt ans que je me noie, et la mort par noyade, je vous assure que ce n’est pas agréable, mais on ne se refait pas. Chaque fois qu’Elle chante, je me noie. Toujours la même histoire. Toujours. Et si vous ne me croyez pas, écoutez le titre "IV". Le noyé, c’est moi.
 
Et pourtant, c’est bien sur cette première œuvre qu’Elle est la plus discrète. Elle se contente d’y chantonner, alors que par la suite, Sa voix sera la plus belle des menaces. Mais las, chansonnette gothique ou cris de gibier de potence à l’époque de Torquemada, l’effet est le même, je plonge. Ca commence par une balade en forêt à l’époque arthurienne. Même vêtu d’une telle cuirasse, il n’est pas certain qu’aller s’aventurer dans ces bois inquiétants était une bonne idée. Les arbres chantent. Ce n’est pas une blague. La voix de leur maîtresse y résonne. Comment me suis-je fait capturer ? Aucune idée… Je m’étais arrêté un instant pour écouter le bruissement des feuilles. Un bruissement hostile, une menace sourde. Ca doit être à ce moment là qu’ils me sont tombés dessus. Je n’ai jamais réussi à voir leurs visages. Ils ne m’avaient pourtant pas bandé les yeux. Simplement, Sa voix m’aveuglait, aussi idiot que puisse paraître qu'un son empêche de voir.
Oh, j’ai bien essayé de lutter, vous savez. Les salauds se divertissaient du spectacle d’un pauvre chevalier attaqué de toute part. Ils jouaient même de la musique pendant que je succombais peu à peu. Et lorsque l’un de ces enfants de chienne a enfoncé son arme dans mes côtes, j’ai hurlé, et hurlé encore ("III"). Ce cri me hante encore. Je devais sûrement vouloir attirer Son attention. Sur le moment j’ai pensé que c’était peine perdue, mais en fait, c’est peut-être grâce à Elle que ces chiens ne m’ont pas achevé. La suite, vous la connaissez, la fuite éperdue dans la forêt, tous boyaux dehors, la chute, la noyade. La mort n’est pas aussi désagréable que j’aurais imaginé. Au début, j’ai même cru être en train de me reposer, la tête appuyée sur Ses cuisses ("V"), mais cela ne dure guère. La mort est en fait noire, les moments d’angoisse se succèdent à peine égayés d’un peu de Son chant, plus martial que dans le monde des vivants ("VIII"), préfigurant Ses oeuvres à venir. Pas de doute, la mort est plus ennuyeuse que la vie, plus monotone. C’est la partie du cycle de l’existence qui m’amuse le moins. Alors pourquoi, une fois remis sur pied, m’aventurer à nouveau dans la sombre forêt ? Si vous ne le savez pas, c’est que vous n’avez pas lu ces lignes. Je l’aime, comprenez-vous ?


La première œuvre du duo autrichien est composée d’une première phase aussi brillante qu’oppressante, et d’une seconde partie dark ambient beaucoup plus classique. Ceci dit, la K7 est rapidement rembobinée. Au secours, je me noie… Ca va faire maintenant plus de vingt ans que je me noie, et la mort par noyade, je vous assure que ce n’est pas agréable, mais on ne se refait pas. Chaque fois qu’Elle chante, je me noie. Toujours la même histoire. Toujours. Et si vous ne me croyez pas, écoutez le titre "IV". Le noyé, c’est moi.
 
 



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