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CHRONIQUE PAR ...

77
Sven
Cette chronique a été mise en ligne le 19 janvier 2015
Sa note : 14/20

LINE UP

-Warrel Dane
(chant)

-Lenny Rutledge
(guitare)

-Brad Hull
(guitare)

-Jim Sheppard
(basse)

-Dave Budbill
(batterie)

TRACKLIST

1) Arise And Purify
2) Let The Serpent Follow Me
3) Exitium (Anthem of the Living)
4) Question Existence Fading
5) I Am Low
6) Frozen
7) One Final Day (Sworn to Believe)
8) The World is Wired
9) The Dying Age
10) Ad Vitam Aeternam
11) The Year the Sun Died
12) Waiting for the Sun (The Doors cover) (Bonus)

DISCOGRAPHIE


Sanctuary - The Year The Sun Died



The Year The Sun Died est le premier album de Sanctuary après vingt ans d’inactivité. La différence principale avec les milliards d’autres reformations survenant chaque année, souvent pour des formations inconnues ayant sorti une démo « culte » en 1987, c’est que le groupe de Seattle avait donné naissance à l’époque à Nevermore. Et qu’il a ressuscité en parallèle à la disparition de ces derniers. Compliqué, non ? Accrochez-vous, ce n’est pas fini.

En 2010, Warrel Dane est chanteur au sein de Nevermore. Il annonce alors qu’il relance en parallèle son premier projet, Sanctuary, dont était issu Nevermore après  la dissolution de Sanctuary en 1991 à une époque où le metal n’avait plus aucun intérêt aux yeux des masses. En 2011, en pleine tournée mondiale en compagnie de Symphony X, Jeff Loomis et Van Williams quittent Nevermore, qui entre en sommeil, tandis que Warrel Dane et Jim Sheppard peuvent alors se concentrer pleinement sur Sanctuary. Sanctuary est donc en même temps le père et le fils de Nevermore, ce qui en fait son propre grand-père. Fascinant, non ?
Après ces considérations chronologico-généalogiques, concentrons-nous sur la musique qui nous est offerte ici. Peu nombreux sont ceux qui peuvent témoigner de ce qu’a pu produire le groupe dans les années 80. En 2014, et ce de manière assez peu surprenante pour les fans de (feu) Nevermore, le groupe officie dans le power/thrash aux relents vaguement « prog ». Compositeur principal avec le guitariste Lenny Rutledge, le chanteur semble vouloir prolonger le travail effectué au cours des dernières années. Aucune surprise donc quand les riffs déboulent sur "Arise And Purify", avant que le chant rauque, mélancolique et torturé de Dane ne vienne mettre tout le monde d’accord: nous sommes en terrain connu.
L’ambiance est sombre, les guitares puissantes mais claires, techniques sans être démonstratives, la section rythmique efficace sans être prédominante. Le groupe reprend clairement les choses là où Nevermore, son père-fils les avait laissées. Le tempo varie selon les morceaux, passant du rapide ("Arise And Purify", "Frozen"), au plus lent ("The Year The Sun Died"), en passant par la ballade ("I Am Low") et même par le quasi-acoustique sur "One Final Day (Sworn To Believe)" et son très bon solo de guitare sèche. Les structures sont relativement classiques, mais la variété du propos associée à des refrains  facilement identifiables incite l’auditeur à y revenir de manière répétée.
Mais même si les ressemblances sont indéniables, Sanctuary s’éloigne de son géniteur sur plusieurs points. La production est moins massive que sur The Obsidian Conspiracy ou même Enemies Of Reality, pour un résultat plus proche d’un album de power/thrash traditionnel. Les guitares et la batterie sont moins imposantes et le son est moins écrasant. L’autre différence principale est l’absence du guitar hero Jeff Loomis, qui a, depuis, rejoint Arch Enemy. Là encore, cela ne dessert pas l’album, puisque les guitaristes font leur travail de fort belle manière et à leur façon, même si les compositions restent forcément marquées l’évolution de Nevermore au cours des deux dernières décennies.


Nevermore n’est plus, vive Sanctuary ! C’est en substance le propos de Warrel Dane sur The Year The Sun Died. Et le groupe le démontre d’assez belle manière, sur un album qui, même s’il peut dérouter au début, se révèle à terme séduisant, puisqu’offrant en quelque sorte une variation sur un même propos, moins complexe et moins virtuose mais tout aussi efficace.  Les plus nostalgiques auront forcément quelques réticences mais trouveront ici une vraie continuité,  bien plus qu’un simple pis-aller.


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