6863

CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 17 janvier 2015
Sa note : 11/20

LINE UP

-Frank Mullen
(chant)

-Terrance Hobs
(guitare)

-Doug Cerrito
(guitare)

-Chris Richards
(basse)

-Mike Smith
(batterie)

TRACKLIST

1) Beginning Of Sorrow
2) Breeding The Spawn
3) Epitaph Of The Credulous
4) Marital Decimation
5) Prelude To Repulsion
6) Anomalistic Offerings
7) Ornaments Of Decrepancy
8) Ignorant Deprivation

DISCOGRAPHIE


Suffocation - Breeding The Spawn
(1993) - brutal death - Label : Roadrunner Records



Une pizza plus tard, les quatres tortues nin… euh, New-Yorkais de Suffocation décident d’accoucher d’un nouvel album. Le précédent avait déjà du marquer les esprits par une brutalité encore peu égalée jusqu’à présent, et des moments intenses de pesanteur. Manque de pot, les gens de Roadrunner Records (oui, le label de Slipknot, qui à l’époque avait signé Suffocation, autrement dit label qui surfe sur les modes) ne sont pas d’accord pour qu’ils retournent au Morrisound sous la houlette de Scott Burns. Donc enregistrement dans un studio de New-York, et sortie en 1993. Et merde.

Manque de bol (après le pot), le rendu du son est encore pire que sur l’album précédent. Les guitares sont si rachitiques qu’elles en sont à la limite de l’inaudible. La batterie, en dehors du son de la caisse claire et des cymbales a un son de pédale mou, comme si on avait calé des oreillers devant au moment de l’enregistrement. Le chant de tonton Frank perd en gutturalité, et on regrette clairement les effets d’écho qu’offrait Effigy Of The Forgotten. Seule la basse s’en tire à bon compte, puisqu’elle est très audible, et nous offre un panel de lignes tentaculaires plus que correctes. Donc au final, tout cela manque clairement de punch. Déjà qu’Effigy était limite à ce niveau, ici la ligne rouge est franchie. Autant dire que bien bas est tiré le chapeau à ceux qui sont arrivés à retenir sur le bout des doigts une telle mélasse confuse de riffs et de brutalité. Et c’est vraiment dommage.
Et donc encore plus qu’avant, l’attention est de mise. Quand bien même, il est sujet à caution que l’auditeur retienne sans grande peine quelque chose de morceaux comme "Epitaph Of The Credulous". Pas que ce soit mauvais, puisque le tout est soutenu, et même mené, du coup, par la quatre-cordes tentaculaire, mais plutôt que les problèmes de production ôtent presque tous les attraits de cet opus. Ce phénomène poussera même les membres à réenregistrer les morceaux sur tous les albums suivants, à raison de un par nouveau disque (on ne doit pas être loin d’avoir fini le cycle d’ailleurs). Heureusement, quelques titres particulièrement mordants sauvent l’ensemble de la monotonie, à l’exemple de "Marital Decimation" ou "Anomalistic Offerings". La présence de quelques slam parts permet toujours d’aérer quelque peu les compositions tout en transformant l’auditeur en indien dansant autour d’une effigie oubliée, comme celle de "Prelude To Repulsion".


Un gâchis certain, ainsi que les multiples réenregistrements le prouveront, qui montrait une formation encore plus inspirée que précédemment. Un palier aurait pu être franchi avec Breeding The Spawn, mais au final, le chapitre ajouté à l’histoire de la légende se résumera en tout et pour tout à une œuvre aussi mal produite que certains des Deeds Of Flesh (mais si vous savez, le groupe culte que personne n’écoute à cause de ce détail). Et donc, les fans de brutal death devront se rabattre sur le suivant, puisqu’ici, c’est plus un drum’n bass agrémenté de growl qui constitue la majeure partie de l’album.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6