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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 15 janvier 2015
Sa note : 12/20

LINE UP

-Wroth
(chant+guitare)

-Zhaaral
(chant+guitare)

-Zorgh
(basse)

TRACKLIST

1) Dark 4.18
2) Dark 4.19
3) Dark 4.20

DISCOGRAPHIE

III I (2014)

Darkspace - III I
(2014) - black metal - Label : AvantGarde Music



Avant de débuter cette chronique, je vais inhabituellement vous faire part d'une chose personnelle : j'ai essayé d'aimer Darkspace et je n'ai jamais réussi. Voilà, c'est écrit. Darkspace, c'est le type même du groupe culte obscur que peu de monde connaît à l'échelle du metal. De ces groupes clivant qu'il est difficile de trouver simplement moyen. Cette chronique sera donc aussi objective que possible, mais partez prévenus.

Darkspace, pour le présenter, c'est un groupe dont la chanson la plus courte fait 10 minutes et qui n'hésite pas à visiter au-delà des 20 minutes. Il faut donc en avoir dans la besace pour aller jusqu'au bout. Aucune demie-mesure donc et rien que ça peut rebuter. Ensuite, un style de musique : mur de guitares sur fond de boîte à rythme programmée en blast permanent, le groupe veut être écouté très fort, c'est en tout cas comme cela qu'il joue en concert. III avait déjà introduit un peu plus de variété dans les rythmes a priori. Ce III I continue dans cette voie. Déjà l'introduction donne à entendre des accords de guitares ce qui est rare chez Darkspace. L'enchaînement sur un beat techno coule certes de source pour une musique aussi robotique, mais il a le mérite d'être parfaitement juste et d'aérer l'album dès ses premières notes. Le groupe part donc sur de bonnes bases.
Bien sûr, le mur de guitares et la boîte à rythme reviennent bien vite derrière mais ils restent accompagnés de nappes de guitares d'arrière-plan utilisées comme des claviers pour apporter de la diversité, en plus de touches éparses çà et là de vrais claviers. Sachez quand même que Darkspace reste sur une musique très monolithique, c'est l'ADN du groupe. Cette volonté de faire plus qu'une simple symphonie spatiale ultra violente rassure quant à la musicalité de l'album. Cependant Darkspace reste Darkspace et ce premier titre qui impose 27 minutes pour débuter est colossal comme entrée en matière. Difficile d'en sortir indemne, et difficile d'en sortir tout court. C'est là tout le défi de cette musique qui vous est proposée. Il est très difficile d'ailleurs de baisser pavillon et personne ne vous en voudra sauf probablement les fans aveugles.
C'est là le cœur de la problématique Darkspace. Cet album semble être le plus diversifié de leur carrière et pourtant il est d'une opacité tenace et c'est un défi à l'auditeur. Qu'importe les variations du beat, le fond musical demeure identique. Les variations aux guitares d'arrière-plan n'arrivent pas à faire oublier que 27 minutes plus tard nous sommes toujours dans le même tourment. Alors il faut saluer cette pugnacité farouche d'aller au bout des choses, cette vision toute personnelle du black metal. Et ceux qui s'y retrouvent sont à juste titre subjugués. Seulement les autres, sans trouver la musique à chier, manqueront de courage pour aller au bout et se mettre au défi de savoir réellement ce qu'ils pensent d'un tel maelström. Apocalyptique et spatial, aéré et monolithique, les adjectifs ne manquent pas, et pas des moins contradictoires.


Darkspace a su faire évoluer son concept tout en restant terriblement attaché à celui-ci. Difficile numéro de funambule ici joué qui laisse l'auditeur perturbé ou perplexe. Il faut savoir accepter cette musique, l'embrasser et s'en laisser envelopper. Sauf que l'exercice est difficile, presque rebutant. A vous de voir et savoir jusqu'où vous souhaitez ou pouvez aller. Comme d'habitude (mais un peu moins) avec Darkspace.


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