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CHRONIQUE PAR ...

122
Iokanaan
Cette chronique a été mise en ligne le 13 janvier 2015
Sa note : 10/20

LINE UP

-Dave Wyndorf
(chant)

-Ed Mundell
(guitare)

-Phil Caivano
(guitare)

-Jim Baglino
(basse)

-Bob Pantella
(batterie)

TRACKLIST

1) Let the Circus Burn
2) Mindless Ones '68
3) No Paradise for Me
4) End of Time (B-3)
5) Milking the Stars
6) Hellelujah (Fuzz and Swamp)
7) I Live Behind the Clouds (Roughed Up and Slightly Spaced)
8) Goliath Returns
9) Stay Tuned (Even Sadder)
10) The Duke (Full On Drums 'N Wah)

DISCOGRAPHIE


Monster Magnet - Milking the Stars : a re-imagining of Last Patrol
(2014) - rock stoner Cosmiko Terre à Terre - Label : Napalm Records



Un foutage de gueule, ça prend plusieurs formes assez variées... Tantôt assumé, dressant l’honneur de son doigt d’orfèvre pour nous triturer l’oreillette, tantôt involontaire, signe de flagellation personnelle inattendue, ou encore volontairement involontaire, se persuader d’être bon quand on fait l’exacte même soupe que tous les autres restaurants... Entre ceux qui recherchent simplement le côté brillant d’un billet vert et ceux qui se nihilisent l’artistique, il y a de quoi faire. Monster Magnet ne fait pas de soupe à proprement parler, par contre cette réédition du précédent album fera ici figure de potage un peu trop bavé sur les bords.

Et puis d’abord les rééditions, ça fait toujours peur. Ça ressemble trop souvent à de la justification mal-placée. Remonter des morceaux découverts par le public en l’occurrence à peine un an auparavant et en n'y changeant réellement que l’arrangement principal, ça sonne rapidement faux. Alors bon, l’onirique est toujours en première ligne (les trente premières secondes de l’album suffisent à le saisir), l’efficacité aussi, et encore une fois, à tarif de découverte, nous ne sommes pas face à un mauvais album.
C’est dans le contexte que Monster Magnet perd de sa superbe. Il est en effet difficile de voir autre chose dans cet opus qu’un simple outil de promotion au concept maladroit. La reprise de morceaux comme "Mindless Ones", "Hallelujah" ou "Stay Tuned" est d’autant plus ridicule que ces derniers se voient afficher derrière leur nom la justification de leur réédition : "Hellelujah (Fuzz and Swamp)", "Stay Tuned (Even Sadder)", "I Live Behind the Clouds (Roughed Up And Slightly Spaced)" etc. Ce qui pourrait donner une allure d’expression amusante se transforme ici en explication à demi-pathétique...
En eux-même, l’arrangement actuel des anciens morceaux et la présence des quelques nouveaux ne valent pas la sortie d’un album comme celui-ci. Les anciens morceaux sont tout simplement meilleurs, de par la découverte qu'on en faisait et par leur côté « premier jet » qui les faisait paraître plus matures que leurs cadets du moment. Quant aux nouveaux morceaux, si "Let The Circus Burn" et "Milking The Stars" portent bien l’ambiance, "Goliath Returns" semble fade et guère utile... Ah sinon "No Paradise for Me" est sympa aussi.

Ouais, ouais, ouais. Messire Wyndorf, je sais pas si c’est toi qui a encore toutes les commandes du groupe en main, mais il serait de bon ton qu’un vrai déclic s’y mette en place. Le précédent album tendait vers du bon, sa réédition n’étant qu’anecdotique et plate, on va se targuer encore d’avoir de la patience pour la suite. Du coup, croisons quelques doigts pour qu’ils sortent les leurs et touchons-nous le bois afin que Monstre Aimanté ne passe pas de tête de file à tête à claques... On fait comme ça ? Ok ?


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