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CHRONIQUE PAR ...

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Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 13 janvier 2015
Sa note : 12/20

LINE UP

- Déhà
(tout)

- Benjamin Schmälzlein (Todesstoss)
(chant sur "Aeternus")

TRACKLIST

1) Imber
2) Aeternus

DISCOGRAPHIE


Imber Luminis - Imber Aeternus
(2014) - black metal depressif - Label : Self Mutilation Services



Ça, les extraits qui m'accrochent, j'en trouve. Le problème pour ceux-là, c'est de tenir une fois passée la période de découverte et d'excitation. Vous voyez venir la suite ? Car oui, Imber Aeternus (qu'est-ce que je peux détester le latin dans ma musique...) n'est qu'un album de black dépressif (oups - v. infra.) comme un autre là où j'aurais voulu y voir un choc, une sensation... Au moment de peser le pour et le contre, me voici bien désarmé.

Je reste donc là, les bras ballants, avec mon petit disque dans mes petites mains. J'imagine que j'aurais pu ne jamais avoir écouté ce disque et que cela n'aurait rien changé. J'imagine que l'avoir écouté ne changera rien non plus. C'est triste. C'est triste pour moi, d'une, car je voulais davantage et qu'il me faudra pour cela, attendre et continuer de chercher. C'est également triste pour l'ami belge qui se cache derrière le projet, car lui aussi désirait forcément plus. Or, il n'aura ici que le constat doux-amer d'un chroniqueur qui s'imagine déjà dans cinq ans, sans aucun souvenir d'Imber Aeternus. Pour un disque très correct, c'est un jugement bien sévère. Pour un disque porteur d'une certaine âme, c'est un jugement bien sévère.
Car quoi ? La production correspond à la nature du projet (un one-man band) et à la musique de ce dernier (black clairement dépressif - oups). Les riffs tissent un mur de fumée en mode mineur, pas désagréable, voire franchement carré et efficace par moment, mais sans réel sursaut. La batterie fait ses trucs, plus ou moins rapidement et on s'en fiche, signe que c'est bien joué. Le seul élément qui ressortira de ce plein-gris sera le chant, très expressif dans la douleur. Mes amis, voici un chant qui pose ses couilles sur la table. Un chant qui ose et qui nous touche, malgré la tonne de clichés qu'il charrie avec lui. Je ne sais pas vous, mais dans mes mauvaises passes, je ne geins pas comme ça, jamais. Bref : un parti pris très tranché, mais bien fait, avec supplément de passion. A vous de voir si le jeu en vaut la chandelle.
Par ailleurs, le groupe indique : « Imber Aeternus is not DSBM, not post black metal, not shoegaze, blackgaze or whatever. » C'est très discutable. Dans la volonté, d'accord. Ce n'est peut-être pas de tout cela qu'à voulu jouer Déhà. Mais dans la technique, c'est une autre affaire : tous les marqueurs-repères des genres sus-cités sont présents (brouillard, blast, hurlements, tremolos, effets...). D'ailleurs, le refus d'une étiquette est, elle aussi, typique d'un raisonnement underground proche des étiquettes honnies. Bref, nous ne savons guère sur quel pied danser, alors même que ce disque - au deux longues compositions d'environ 26 minutes chacune - s'écoute d'une traite et sans mal.


Finalement, quoi qu'en dise son auteur, ce disque de black dépressif reste en premier lieu à réserver aux amateurs du genre. Les autres jetteront néanmoins une oreille sur ce chant, habité comme rarement. Ceux qui savourent auront gagné, ceux qui rejettent seront compris. En bref : respectable œuvre que celle-ci, en attendant la suite ?


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