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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 26 décembre 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Joey "Fingers" Lombard
(chant+basse)

-John Mc Entee
(guitare)

-Kyle Severn
(batterie)

TRACKLIST

1) Blasphemy
2) The Fallen
3) A Once Holy Throne
4) Crown Of Decayed Salvation
5) Rotting With Your Christ
6) His Weak Hand
7) The Sacrilegious Apocalypse Of Righteousness And Agonizing Dementia (The Final Defilement Of Your Lord)
8) Deceiver (Self-Righteous Betrayer)
9) Descend Seraphic Irreverence
10) Uprising Heresy
11) Misanthropic Indulgence
12) Outro - Part I
13) Outro - Part II

DISCOGRAPHIE


Incantation - Blasphemy
(2002) - death metal - Label : Candlelight



Après un album en roue libre nettement en dessous des frappes décisives qu’avaient été leurs trois premiers albums, difficile de savoir à quoi s’attendre de la part des New-Yorkais d’Incantation.  Surtout que les collègues d’Immolation avaient tout de même lancés Unholy Cult, largement suffisant pour enfoncer encore l’énorme clou que leur disque précédent avait commencé à planter. Alors, à défaut de changer, autant revenir aux fondements, mais en changeant un ou deux petits détails :

Lorsque débute "Blasphemy", c’est un peu la surprise. On savait déjà que les Américains ne faisaient pas dans la dentelle, mais recevoir directement un départ pied au plancher à base de double grosse caisse, trémolo et growl hargneux… Diantre, que ça promet. Et ce n’est pas une simple fulgurance confinée au premier titre, car le reste est tout aussi riche en blasts. Exit donc la plupart des gros ralentissements qui faisaient tout le sel des Mortal Thrones Of Nazarene, et autres Golgotha, et place au up-tempo furieux à la "The Fallen", qui cède parfois rapidement la place à du mid-tempo dissonant fort goûteux, avant que le tout ne  reprenne une bonne dose de célérité. Malgré cet aspect death (brutal death ?) dominant, les touches de black ne sont pas pour autant oublié : l’aspect funeste est toujours de la partie, malgré le fait que la musique soit plus résolument tournée vers l’équarrissage, ainsi que la lead ouvrant l’interlude "Once Holy Throne", parce que oui un interlude se trouve sur le disque, comme sur Diabolical, ou quelques autres passages, nettement plus opaques tendent à le montrer.
Bon, il ne faut pas s’y tromper, le death pratiqué reste très loin de la scène de Göteborg, et aussi bien plus sombre que celui de la plupart des formations du genre. Les trémolos fusent, laissant quelquefois place à des riffs en powerchords assassins, toujours soutenus par une batterie qui, à défaut de chercher à impressionner l’auditeur, est capable de maintenir le rythme infernal du disque tout du long ; alors que le niveau de violence impressionne, dépassant facilement celui de leur chef-d’œuvre de 98. Pourtant, des titres comme "Crown Of Decayed Salvation", "Rotting With Your Christ" ou "Deceiver", et sa mélodie macabre, sont bardés de parties de guitares mémorables, aidés par une production aride mais diablement puissante au final. En revanche, il demeure difficile de comprendre l’utilité des 23 minutes, (oui, vingt-trois) de silence qui parsèment la fin du disque, avant… une outro finale. Même si celle-ci est typiquement dans l’esprit, on l’écoutera peu souvent, puisque la réelle conclusion du disque est finalement située au niveau de "Misanthropic Indulgence".  


Ceux qui avaient eu du mal avec les précédents devraient ici s’abstenir, car Blasphemy n’est rien moins que l’album le plus violent d’Incantation, et peut-être également le plus pessimiste, au vu de l’ambiance post-apocalyptique délivrée par les quelques leads, et l’ambiance générale, qui ne fait pas honte au reste de la discographie. Du coup, malgré un relief qui peut manquer parfois, Blasphemy se hisse au rang de dernier grand disque d’Incantation, avant le petit dernier qui nous a sauvé d’une carrière plate, faite de redite et de mauvaise repompe.



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