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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 22 décembre 2014
Sa note : 17/20

LINE UP

-Aaron Stainthorpe 
(chant)

-Andrew Craighan
(guitare)

-Hamish Hamilton Glencross 
(guitare)

-Sarah Stanton 
(claviers)

 Adrian "Ade" Jackson 
(basse)
 
-Shaun Taylor-Steels
(batterie)


TRACKLIST

1) The Wreckage of My Flesh
2) The Scarlet Garden
3) Catherine Blake
4) My Wine In Silence
5) The Prize of Beauty
6) The Blue Lotus
7) And My Fury Stands Ready
8) A Doomed Lover

DISCOGRAPHIE


My Dying Bride - Songs of Darkness, Words of Light



Sérieusement ? Comment penser une seule seconde que derrière cet artwork à vomir, qui navigue gaiement entre cliché et pur immondice esthétique, se cache l'un des tout meilleurs disque de My Dying Bride ? L'un des tout meilleurs disques de doom ? Car, sous ses airs ridicules de skyblog gothique du début de deuxième millénaire, Songs of Darkness, Words of Light est un bijou de noirceur absolue. Un sapage de moral en bonne et due forme. 

Une bête rampante et insidieuse, magnifiquement introduite par une première piste, "The Wreckage of My Flesh", sur laquelle il faut déjà s'arrêter. Vous qui osez franchir ce seuil, abandonnez tout espoir. Les cris / hurlements / what the fuck placent d'emblée la barre à un niveau  exemplaire. La batterie martèle comme elle ne l'a jamais fait et créé l'équivalent doom du blast-beat, martial comme il se doit. Par ailleurs, les sombres orgues sont lâchés, qui surplombent un riff aussi simple que son potentiel à devenir culte est grand. « First Track - First Kill ». Le reste est à l'avenant, taillé dans un doom/death (et l'on insiste bien sur le death, les loulous) d'une violence crue et froide. Car - et pardonnez moi si je peine à trouver les mots - cet album, le huitième - s'inscrit davantage dans une forme de violence que dans la noirceur la plus absolue. A l'instar de l'ambiance promue par "And My Fury Stands Ready" (le titre parle de lui-même...) et de ses paroles (« ...In my face see your killer... »), le disque louvoie calmement autour de vous, et pas seulement pour vous faire du bien. Ce disque est celui du penchant violent - une violence qui n'est pas seulement musicale - mais construite par un jeu d'ambiances et de contrastes.
Plusieurs morceaux incarnent cette idée de contraste (chose qui disparaîtra le plus souvent - ainsi que le growl - sur les deux albums suivants, A Line... et For Lies...). Tout d'abord, l'ultra doom-tube qu'est "Catherine Blake", lancinant et sensuel, qui devient subitement hargneux et mauvais quand l'envie lui en prend. Comme une suite pour "She Is The Dark". Ensuite, il faut bien évoquer le cas "My Wine In Silence", sorte de ballade gothico-miève de prime abord, qui se révèle bien vite un exutoire pour cette haine froide et gratuite que l'on cache tous en nous. Que de bonnes choses. Idem sur la très, trèèèèèèès réussie "The Prize of Beauty", au final à l'orgue, mais, à se mordre l'intérieur des joues tant il touche la perfection. De l'autre côté - un peu plus loin de la violence - subsistent quelques expérimentations plus ou moins réussies, à l'instar du charme bancal de "The Blue Lotus" et du mélange de post-rock (pour la construction) et de doom (pour la sensation) qu'est "A Doomed Lover". Au rang des faiblesses du disques, comme toujours, My Dying Bride semble souvent ne pas savoir relier ses idées les unes avec les autres, induisant alors des transitions aléatoires entre les plans de presque de tous les morceaux. Peu importe. On est habitués.


Songs of Darkness, Words of Light représente l'aspect agressif et insidieux du groupe. Attention toutefois, car il n'est pas ici question de retour aux sources, et aucune piste ne flirte avec le passé. Non, ici, la violence est froide et réinventée par une dualité qu'annonçait le titre. 


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