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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 10 décembre 2014
Sa note : 12/20

LINE UP

-RM
(chant)

-MZ
(guitare+claviers+basse)

-PV
(batterie)

TRACKLIST

1) Nomas I
2) Nomas II
3) Nomas III
4) Nomas IV
5) Nomas V

DISCOGRAPHIE

Ubi Secreta Colunt (2007)
Nomas (2014)

(2014) - death metal black metal doom metal Atmosphérique - Label : AvantGarde Music



« Cet album est quelconque. » Le boulot de chroniqueur, c’est facile. Tu mets des écouteurs dans tes petites oreilles velues, tu appuies sur le bouton « play » et, tranquillement installé dans un sofa moelleux, tu émets un avis (un avis ? un Jugement Divin, oui !) sur une œuvre que des gars se sont faits chier à composer, avec tout l’aplomb du monde. Le problème, c’est que quelques fois, l’aplomb, ça se perd. Par exemple, quand tu écoutes un album pour la vingtième fois et tu as la sensation que s’il y a bien quelqu’un de quelconque, c’est toi…
 
Il y a des albums comme ça, qui provoquent un gros sentiment de frustration. Quand les premières écoutes se révèlent prometteuses et qu’on se dit « L’album est un peu ardu, mais d’ici quelque temps, je serais totalement immergé dans son ambiance magique », le fait d’avoir finalement l’impression d’essayer de se baigner dans la Mer Morte, c’est rageant. C’est que le trio sarde d’Arcana Coelestia n’a pas lésiné sur les moyens pour créer leur troisième œuvre. S’il y a un album qui mérite d’être qualifié de metal atmosphérique, c’est bien celui-ci ! Le doom-death des Italiens, pas mal black sur les bords et assez funeral également, fait en effet la part belle aux ambiances, à grands coups de nappes de synthé planantes, aux relents un tantinet futuriste, ce qui a plutôt tendance à mettre en appétit tout amateur de lourdeur grave et un peu théâtrale. La présence de nombreux passages mélancoliques, souvent appuyés par une voix claire, contribuent à faire fonctionner à plein régime les glandes salivaires, et le fait de savoir qu’Arcana ne rechigne pas à faire preuve par moments d’une certaine sauvagerie ("Nomas IV" par exemple) fait encore monter le niveau d’attente de plusieurs degrés.
Bref, tous les ingrédients sont réunis pour avoir un album majestueux (et la réverbération employée tout au long de l’œuvre semble témoigner qu’il s’agit bien de l’intention de ses auteurs). S’il s’agissait d’un film X, autant dire que les premières minutes nous auraient déjà incité à baisser notre pantalon en invoquant les Bienfaits de la Très Respectable Veuve Poignet. Pourquoi l’orgasme musical attendu ne se produit pas ? Ou, traduit en métaphores Dorcelienne, pourquoi la mayonnaise  ne prend-elle finalement pas  ? Est-ce la qualité des compositions, le manque de lignes accrocheuses ? Pas sûr,  "Nomas V" se  « comprend » mieux que le reste, sans pour autant provoquer plus d’euphorie. Une certaine froideur, un manque d’émotion globale (la fin de "Nomas III", meilleur titre de l’album, mise à part) ? Possible… A moins que le problème ne vienne pas de l’œuvre mais de l’abruti qui rédige ces lignes… A moins que le déclic vienne au bout de la trentième écoute… Ou la cinquantième... Ou la six-cent soixante-sixième...

 
Toujours est-il qu’à un moment il faut se lancer et donner son avis. Viendra ? Viendra pas ? J’attends toujours d’avoir l’illumination et de comprendre enfin l’album. Pour l’instant, je reste sur une sensation d’atmosphère soigneusement élaborée et plaisante, mais de compositions peu marquantes. Un black funeral doom classieux, mais manquant de fond. S’il le faut, dans un an, je réécrirai le chronique de bout en bout et maudirai mon manque de jugement… A suivre.



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