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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 06 décembre 2014
Sa note : 05/20

LINE UP

-Cornelius Jakhelln
(chant+guitare+claviers+programmation)

-Lazare Nordland
(chant+claviers+programmation)

TRACKLIST

1) Norrønaprogen
2) Det Siste Landskap (An Icelandic Odyssey Part IV)
3) Norskdom
4) Norrøna: Ljodet Som Ljoma
5) Songen: Vargen

DISCOGRAPHIE


Solefald - Norrønasongen - Kosmopolis Nord
(2014) - folk - Label : Indie Recordings



Groupe norvégien ayant connu une carrière d'abord météoritique puis beaucoup plus calme par la suite, Solefald a tout pour intriguer. Petits génies encensés dès leurs débuts, le duo a aussi accumulé les griefs des vrais blackeux durs de durs pour leur trop grande modernité. Les 2-3 derniers albums ont porté un coup fatal à cette confrontation en réconciliant un peu tout le monde sous la coupe de : « c'est nul ». Faut-il donc voir une renaissance avec cet EP ?

Tout d'abord, mettons clairement les choses au point : Solefald en 2014 n'est plus du tout du black metal. C'est viking, folk, norvégien à l'ancienne, mais ce n'est absolument plus black metal. Bien sûr on ne suivait pas Solefald pour son respect des codes du genre, mais l'amateur éclairé de black metal appréciait de retrouver un minimum de son genre chéri. Qu'il fasse son deuil, les vrais artistes n'attendent pas les passéistes. Solefald version 2014 délivre donc sa ration de rythmiques folks et "Norrønaprogen" ouvre les hostilités comme le Solefald qu'on aime. Inspiré, délicat et inventif. On passe onze premières minutes de haute voltige de ce long EP (37 minutes quand même). Pourtant le ciel va se gâter. Et salement. Les reproches qu'on fait à Solefald vont jaillir brusquement et bruyamment dans un geyser de pseudo dance faussement originale. "Det Siste Landskap" nous punit cinq minutes durant et fait ressortir en nous ce cri de rage : « Têtes à claques ! »
Obtus, abscons et incroyablement péteux, ce titre est un mauvais résumé du pire de Solefald. Ne comptez malheureusement pas sur la suite pour relever le niveau. L'interlude qui suit aurait pu être intéressant s'il avait ouvert un titre épique. D'épique cette suite n'aura que la longueur : dix minutes. Sa musique est une purge pseudo-intellectuelle qui confirme à la fois le melon des deux sieurs et leur boboïsation extrême. En fait, on atteint un tel palier de boursouflure qu'on en oublie presque que les onze premières minutes furent un très agréable moment. Arriver à ce niveau de tête à biffle est un exploit suffisamment rare pour être souligné, et rien que pour ça Solefald mérite d'être sanctionné pour ne pas les encourager dans cette direction. Pour parachever son œuvre, ce Norrønasongen se termine en apothéose évidemment sur un titre pompeux et inintéressant.


Viking, folk ? Ces mots ont été assassinés par le niveau colossal de crétinerie avant-gardiste de cet album. Alors oui, vous êtes des aventuriers sonores, vous êtes sur cette Terre pour entendre de nouvelles choses, ces artistes qui font avancer le schmilblick. Mais non. Non, car cet album ne fait rien avancer et donne des pulsions black metal comme ironie misérable de l'histoire. A jeter sans retour. Voici un album parfaitement consensuel : tout le monde se ralliera dans son mépris.


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