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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 24 novembre 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Kylmäaho
(chant+guitare)

-Perttunen
(chant+basse+batterie)


TRACKLIST

1) Quitter ceux qui étaient déjà partis
2) S'éclipser
3) Et après... le néant

DISCOGRAPHIE

Néant (2014)

Atrum Tempestas - Néant
(2014) - black metal poétique - Label : Nordavind Records



Ah cette belle scène black metal française ! Quelle créativité ! Quelle poésie ! Quelle santé ! Je prends un exemple au hasard : Atrum Tempestas. Un nom évocateur, suggestif. "Quitter ceux qui étaient déjà partis", "S’éclipser", "Et après… le néant". On sent la poésie bien de chez nous, grise et belle à la fois. Dommage cependant qu’ils chantent en anglais. C’est vrai, ils auraient dû aller jusqu’au bout et chanter en français, non ? Pourquoi ne chantent-ils pas en français ?  « Parce que ce sont des Finlandais, banane ! »  Ah ? Euh… dans ce cas…
 
Eh oui. Après les Norvégiens d’Aura Noir (quoique ceux-là, on les voyait venir vu l’absence du « e » final) et le kvltissime projet suédois Raison d’Être, au tour de natifs d’Oulu de choisir la langue de Molière pour intituler leurs chansons et leur album. Est-ce un choix extravagant, un caprice digne d’une femme enceinte ? A l’écoute des trois morceaux, pas vraiment, vu qu’il en  émane un sentiment de mélancolie et de tristesse très compatible avec la musique de notre bon terroir. Les deux premiers morceaux regorgent d’ailleurs de guitares plaintives et lancinantes sur lesquelles n’aurait pas craché The Great Old Ones, par exemple. Simplement, il n’y a pas de Lovecraft au programme, non. Chez Atrum Tempestas, on se prend plutôt la tristesse de paysages brumeux et pluvieux dans la tronche qu’une papatte tentaculaire. Oscillant entre le black neigeux d’un Agalloch, en moins folk, et trve black  à la Bruzum, les deux premiers titres, franchement agréables, sont donc à mettre dans la catégorie « belles complaintes ».
Le troisième et dernier morceau, lui, montre le duo sous un visage un peu plus agressif – les seuls blasts se trouvent sur "Et après… le néant"  - et plus « prog » dans l’approche, à savoir qu’il contient quelques ruptures de rythme, quelques arpèges acoustiques inquiétants et autres petites surprises, qui, si elles ne chamboulent pas l’auditeur, peuvent tout de même vraiment le séduire. On rangera dans cette catégorie le solo de piano, qui donne une touche très Europe de l’Est (Epitimia par exemple) à la chanson. Le chant typiquement black est souvent couplé à une voix plus grave comme chez Enslaved, et l’ensemble aurait très bien pu être signé chez Hypnotic Dirge, sans que personne ne trouve rien à y redire, tant mélancolie et côté décalé sont à l’ordre du jour. Bref, un mini-album fort plaisant et l’on regrette vraiment qu’il ne s’agisse que de ça, un « mini » - album, puisque Néant dépasse à peine la demi-heure.


Sans nous faire chavirer de bonheur, l’œuvre d’Atrum Tempestas est tout de même à mettre au rang des productions extrêmement solides, et l’on aimerait bien que les deux lascars se dépêchent de composer plus de matériel et pourquoi pas de revenir bientôt avec un « maxi » - album, tant le black poétique du duo est convaincant.  « The boat can leave now… tell the crew » . C’est eux qui le disent, pour ma part, j’aurais bien aimé que le bateau reste un peu plus.
 
 



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