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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 01 décembre 2014
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Michael Staver
(Chant)

-Steve Utley
(Guitare)

-Kaden Burton
(Basse)

-Jay Neymeyer
(Batterie)

TRACKLIST

1) AWOL
2) Bayonet

3) Bomb Shelter
4) Shrapnel
5) Dogfight


DISCOGRAPHIE


Chorder - Warmonger
(2014) - Djent - Label : Auto-production



6 mois après son premier album Sons Of Thunder, Chorder - aka les fous furieux du Minnesota - revient en force avec un EP 5 titres, du nom de Warmonger. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la jeune bande de Steve Utley a su mettre en exergue les qualités et gommer peu à peu les défauts de son album précédent pour bien réajuster le tir… au sens propre et figuré du terme, mes amis !
Il suffit d’observer plus ou moins attentivement la pochette du skeud pour se rendre compte que celui-ci ne va pas traiter du monde des bisounours, de la nature, de la paix et de l’amour entre les hommes. Une boîte ouverte avec de la grosse munition dedans, c’est à peu près la meilleure allégorie visuelle qui pouvait être utilisée avant de mettre en route la musique.


Chorder a donc décidé de laisser sur le flanc le côté chrétien qu’on avait pu entrevoir dans Sons Of Thunder, afin de mettre le paquet sur le côté « guerre et artillerie » (quoi de plus normal pour un groupe américain diront les plus médisants d’entre vous). En effet, on peut déjà noter que l’intitulé de l’album signifie tout simplement « belliciste ». De bon augure pour la suite, puisque les 5 titres ne sont pas en reste niveau connotation belliqueuse, et non pas seulement au niveau des titres, vous allez vite comprendre le pourquoi du comment. Warmonger s’ouvre sur une ambiance digne d’une ligne de front en Irak (non, aucun lien ou référence avec la réalité, vraiment). Des bruits de bombes qui explosent, des mortiers qui éclatent ou autres ustensiles, que sais-je, avant l’explosion… du son. Une grosse vibration et c’est parti pour 18 minutes de combat intense. Cette introduction appartient au titre « AWOL », expression américaine signifiant « Absent Without Official Leave », autrement dit « absent sans permission officielle », plus simplement connue sous le nom de « désertion ». En même temps, si cette chanson devait être la matérialisation sonore d’une bataille, on comprend que certains aient envie de se barrer en courant malgré leur degré de patriotisme (coucou les américains) ! 50 secondes seulement après le lancement de l’EP, intervient le premier gros break, la première décharge de munitions de mitraillette. Le son est ahurissant et il le doit en grande partie à la guitare… 9 cordes de Utley, ni plus ni moins ! Le batteur joue en triple croche pour pouvoir suivre le rythme effréné des coups de boutoir des deux gratteux. Ca ne s’arrête pas, ça tire par rafale, tels des AK-47. 1 minute plus tard, rebelote. Mais cette fois-ci, c’est sûrement un Uzi dont se servent les types. L’escarmouche se finit comme elle l’a commencé avec un break monumental à 3’28 précédé d’un surpuissant « I’M DONE ! » qui en défoulera plus d’un. Suit alors « Bayonet », au titre on ne peut plus explicite. Entre distorsions de cordes et accélérations soudaines de rythmes saccadés, on peut notamment y trouver un break de beatdown à 2’23 ou encore des bons petits cris « post-break » comme sait si bien le faire Michael Staver.
La 3ème chanson vient presque faire office de pause, de « cessez-le-feu » parmi toute cette tempête d’énergie. D’ailleurs le titre est assez bien choisi et plutôt évocateur, puisqu’il s’agit de « Bomb Shelter », littéralement « abri anti-bombe ». D’une durée relativement courte (à peine plus de 2 minutes), elle permettra de reprendre ses esprits et de se ravitailler tout en maintenant un niveau de concentration minimum, avec un rythme vraiment très lent et largement en dessous de la moyenne de cet EP (on dépasse à peine les 100 BPM ici). Le répit est de courte durée puisque ça repart de plus belle avec « Shrapnel » dont le titre désigne un « obus à balle ». Certainement le titre le plus groovy ici, faisant penser à quelques endroits à du Pantera au niveau des riffs. Pas forcément la chanson la plus percutante, mais on se laisse prendre - pour ne pas dire embrigader – par cet autre fait d’armes. Seul évènement vraiment marquant, le break bien évidemment à 3’23. « Dogfight » vient conclure en beauté cet opus et mettre un terme aux hostilités. Ce terme peut aussi bien désigner au sens littéral « un combat de chiens » mais il s’agit plutôt ici d’un « combat acharné ». Quoique les jappements incessants de Staver (0’39, 1’31, 2’11, 3’57) nous renvoient de temps à autres à la définition canine. Amateurs de bougeote excessive, ce titre est fait pour vous ! Entre mosh part (0’54), breakdowns (2’11), riffs alambiqués (1’20 et 2’37) et rythme atypique (3’57) aux influences rock/jazz, ressemblant à s’y méprendre à du After The Burial (tiens tiens,  encore des gars du Minnesota, coïncidence ou prédestination géographique ?), vous allez être servis. Fin parfaite avant un traité de paix.
Alors bien sûr, il y a des points négatifs quand même. Le groupe ne se mouille pas et ne va pas chercher des structures très complexes et originales, elles restent néanmoins largement efficaces. On peut aussi regretter le fait que, à l’instar des titres du premier rejeton de Chorder, les structures des chansons soient connues à l’avance, mais cela n’enlève en rien la qualité de celles-ci ! Ces dernières se terminent souvent par des breaks dignes de pilonnages aériens en règle, tel des obus qui vous explosent au moins les oreilles, si ce n’est le crâne. Est-ce utile de le préciser, mais l’album ne comporte aucun solo, bien évidemment. En même temps que viendraient foutre des soli, un peu de mélodie ici, parmi tout ce grabuge ? Autant inviter Enrico Macias en pleine bande de Gaza. Si ce n’est pas lié directement à la musique de cet EP, on peut regretter deux petites choses de plus : le fait que les paroles soient introuvables sur le net, et surtout le fait qu’il faille lâcher au minimum 5$ dollars pour se procurer les 5 titres, car il n’est pas disponible autrement que par le billet du bandcamp du groupe.


Néanmoins, comme attendu, Chorder confirme amplement le potentiel, le niveau et les espoirs que les fans plaçaient en lui. Le son, déjà redoutable auparavant, a été amplifié et frise l’excellence. Le groupe a su jouer sur la puissance et la rapidité de ses rythmes et de ses breaks, qui ne pourront vous laisser de marbre, tant on se croirait à une séance d’entraînement militaire. Sachant que Steve Utley a ajouté une corde à sa guitare entre les deux albums, avec un peu de chance, pour le prochain disque, il nous sortira une guitare 10 cordes pour un effet atomique des plus terribles. On les soupçonne même d’être en possession d’armes nucléaires. On attend avec impatience bientôt la 3ème guerre mondiale … en espérant que l’Iran ne tombe jamais sur ce Warmonger.






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