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CHRONIQUE PAR ...

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Iokanaan
Cette chronique a été mise en ligne le 17 novembre 2014
Sa note : 07/20

LINE UP

-Nigel Bailey
(chant, guitares, basse)

-Mario Percudani
(guitares)

-Alessandro del Vecchio
(claviers, choeurs)

-Alessandro Mori
(batterie)

TRACKLIST

1) Feed the Flames
2) In The Name Of The King
3) Dirty Little Secret
4) Bad Reputation
5)
Stay
6) Somewhere in Oslo 
7) Long Way Down
8) Spend The Night
9) Love Falls Down
10) Ticket To Yesterday
11) Dirty Angel

DISCOGRAPHIE

Long Way Down (2014)

Bailey - Long Way Down
(2014) - hard FM Hard Blouson Cuir à Paillettes - Label : Frontiers Records



Un jour, l’humain créa les années 80... Et il vit que c’était bon. Nous dînions aux chandelles avec Bon Jovi, Poison nous raccompagnait chez nous tandis que Def Leppard rendait nos nuits plus torrides. Puis l’humain créa les années 90, crut même intéressant d’inventer 2000 et laissa à d’autres le soin de perpétuer l’invention de la nostalgie. Et nostalgique, Nigel Bailey ne l’est pas qu’un peu. Après avoir passé nombre d’années (80 notamment) à écouter et à reprendre ces idoles qui traversent le temps (des années 80 notamment), il se décide enfin à dévoiler ses propres compositions. Le geste est tout à fait louable, à voir maintenant si l’arbre porte bien ses fruits.

On peut être fan et créateur à la fois. On peut être influencé et devenir une influence. On peut copier tout en restant original. On peut faire des albums de reprises et montrer nos capacités à transformer chaque morceau. Et dans une autre mesure, pas la première fois que ça tombe, on peut toujours imiter. Encore aujourd’hui, il suffit de soulever un ou deux rochers ici et là pour croiser des mini-Metallica, mini-Slayer, mini-Pantera etc, etc... Bailey, lui, a planqué tout le Hard-Rock FM déjà existant dans sa playlist. Planqué.? que dis-je... Disons plutôt affiché, étalé, tartiné des deux côtés de la galette avec plaquette de beurre pour être sûr que ça passe. Pas de reprises donc, mais des compositions tout ce qu’il y a de plus prévisibles, propres mais sans intérêts.
De ce fait, Bailey sombre dans tout tout les clichés qui entourent l’époque, plus commerciaux que musicaux, allant du tube efficace mais pompeux ("In the Name of the King") à la ballade naïve et inutile ("Spend the Night" qui rentre au Panthéon de la niaiserie musicale sans aucun soucis) en passant par la mauvaise pop ("Somewhere in Oslo"), tout ça englobé dans des paroles mielleuses, romantico-adolsecente, épico-radiophoniques, vues, revues, et revomies depuis un certain nombre de décennies aujourd’hui... Oui, aujourd’hui, vous savez : 2014, où on peut se targuer de laisser le cul-cul aux mauvais formations pour midinettes enflammées. Sortir un album usine-à-tubes quand on a un potentiel de qualité qu’on garde caché dans sa large collection de guitares, l’effet reste branlette de mauvais goût.
Ça mis de côté, Long Way Down est un album qui restera agréable à tout les grands nostalgiques d’une époque où le cuir aimait coller à la peau. Hommage Old-School plus ou moins volontaire qui, sans rien faire avancer, cache malgré tout quelques passages (gentiment) plus intéressants comme les lignes d’écriture de "Bad Reputation" ou du morceau éponyme "Long Way Down".


Quoiqu’il en soit, la touche Bailey n’est pas là. L’album se trouve perdu dans la grande masse des fans qui s’essayent mais ne s’engagent pas et qui, n’étant ni chercheurs ni créateurs, ne font que viser l’éphémère industrie du disque. Ça peut faire mousser quelques mèches au passage, mais tristement et tout simplement : ça n’a pas d’âme.


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