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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 13 décembre 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-George Misanthrope
(chant)

-Joris LeNeutre
(guitare)

-Jean-Pierre Battesti
(basse)

-Romain Goulon
(batterie)

TRACKLIST

1) Intro / Foreboding Of Evil 
2) Entering A New State 
3) Malformation 
4) Vegan Homicide 
5) Monument Of Misanthropy 
6) Bring Me The Head Of LGG 
7) Carnal Offering 
8) Retarded Phrase Mongers 
9) Flag Of Hate (Kreator cover version)

DISCOGRAPHIE


Monument of Misanthropy - Anger Mismanagement
(2014) - brutal death Dans ta Face ! - Label : Auto-production



Le cinéma a ses acteurs/actrices bankable. Je ne suis pas sur que le phénomène soit transposable à la musique, mais il est évident que la lecture de projets de certains musiciens suffit à pousser la curiosité, voire systématiquement l'envie de porter une oreille sur le travail proposé. C'est le cas de Monument Of Misanthropy avec son premier album porté par l'immense Romain Goulon.

Voilà donc le nouveau dessein d'un des meilleurs batteurs du genre. Avec le nom de l'album et le superbe artwork, on comprend de suite que si le jeu technique du batteur a porté pas mal de groupes dans le technodeath, ce sera surtout ici une partie de brutal death bien en colère, comme l'indique le titre. Et lorsqu'à la lecture du tracklist on peut voir une reprise de Kreator, cette fois ce sont des grands spasmes d'impatience qui agitent le corps de l'auditeur. Le groupe pourrait même être classé supergroupe car, quand bien même les autres membres ralliant le projet sont un peu moins médiatiques, l'expérience et les CV sont impressionnants. Peut être Joris LeNeutre est-il inconnu (pour le moment), mais ses parties jouées ne sous-estiment en rien sa valeur de grateux. On commence directement la demi-heure-mandale par une intro musicale digne de l'iconographie littéraire ou cinématographique présentant une personne d'un calme mettant mal à l'aise. Fausse apaisante boite à musique nappée d'ambiances synthés, chacun sait que le calme se transformera en débauche de colère et de violence atteignant des sommets. Et c'est exactement ce qu'envoie "Foreboding Of Evil " et le suivant "Entering A New State ". Quelle brutalité ! On découvre bien évidemment le niveau attendu de la batterie, mais la cohésion est totale : densité dans la violence, riffs parfois à priori simples mais puissants, et un Misanthrope du prénom de George baladant le growl dans tous les registres du genre.
Donc ça va vite, ça tabasse et c'est parfois même tellement brutal et rapide que les morceaux apparaissent déstructurés. Une production qu'on pourra largement nommer à « l'ancienne » ou à la « death des 90's from Florida ». Le rendu n'est franchement pas désagréable et même si pour le coup n'enrichit pas les compositions, cela permet de renforcer la « pureté » du genre : une espèce de brutal death bio studio bien naturel comme on aime à se le prendre à la tronche. Et lorsque la dose est prise, l'album nous offre une pause en forme d'into pour le morceau éponyme qui, au final, décuple l'aspect pyscho et malsain d'un anti héro sociopathe bourreau torturé par ce « I like, I like, I like to like people ». Le reste de l'album est similaire et remet le couvert histoire de bien enfoncer sous l'eau la tête de son auditeur. Et afin de boucler parfaitement ce cercle très vicieux de la colère, un kreatorien "Flag Of Hate " explosé façon Monument of Misanthropy finit d'achever le parcours, laissant une espèce de douleur sans fin (d'ailleurs ça tombe bien, le morceau est tiré du premier LP : Endless Pain). Au final un très bon moment de défoulement et de matraquage, parfaitement maîtrisé et respectant tous les codes proposés par le genre. Même si du coup on pourrait penser le tout sans originalité, l'exercice est superbe et mérite largement sa place dans une discothèque.
 

Si l'envie vous prend de vous foutre en rogne, prêt à tout péter, voire à vouloir du mal à votre prochain, il est conseillé de s'envoyer immédiatement cet Anger Mismanagement sans perdre une minute. Une énorme perle de brutal death techniquement inspiré et maîtrisé. Et si parfois ça part dans tous les sens, c'est parce qu'il est bon de se défouler de cette façon. Un seul mot : ENCORE.


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