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CHRONIQUE PAR ...

18
[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Evíga
(chant+guitare+basse)

-Valñes
(claviers+chant)

TRACKLIST

1)I
2)II
3)III
4)IV
5)V
6)VI
7)VII
8)VIII

DISCOGRAPHIE

Durch Den Traum (2006)
Freiheit (2014)

Dornenreich - Durch Den Traum
(2006) - ambient - Label : Prophecy Productions



Dornenreich, groupe autrichien à la musique en curieuse (mais positive) évolution, a toujours été classé dans le black-metal jusqu’à son précédent album, Hexenwind. Si le public concerné par le groupe n’a pas beaucoup changé, la musique s’est quant à elle lentement déplacée. Le line-up du groupe est typiquement black, les instruments également, et l’atmosphère plus que jamais. Tous les ingrédients sont réunis pour faire du black-metal, et pourtant…

En réalité, Dornenreich ne fait pas de black. Même pas à peu près, puisque seuls l’ambiance et le décorum de cette musique persistent encore sur ce disque. Dans Durch Den Traum, les influences metal ne persistent que dans la composition alors que la forme et les moyens utilisés, eux, se sont totalement effacés au profit d’un ambient lourd et sombre à grand renfort d’instruments acoustiques. Le chant, hésitant entre le hurlement et le susurrement, a lui même subit une mutation (salvatrice) jusqu’à un rendu nettement moins pathétique. A moitié dans l’électrique et l’acoustique, le groupe jongle entre les phases, sachant faire sonner les instruments traditionnels avec brio. Comme chez beaucoup de groupes du genre, les incursions de claviers sont rares et l’instrument n’est principalement exploité que pour diffuser de longues ambiances vaporeuses qui donnent, avec l’aide des guitares sèches, un mélange de sonorités médiévales et modernes d’un excellent cachet atmosphérique.

Si les périodes se suivent avec une certaine logique, il est par contre déplorable de constater que le groupe a rempli une bonne partie du disque de périodes creuses, avec peu ou prou de musique, parfois avec quelques boucles ressassées que Dornenreich use jusqu’à la corde. Et quand certains spécialistes de l’ambient s’attaquent à des passages vides, savent manier la demi-mesure éthérée pour en faire de la sublime contemplation ou transcender le manque de bruit pour appeler un bridge tonitruant, Dornenreich ne dispose d’aucune de ces capacités et se contente d’être ennuyeux… Pourtant certains passages très atmosphériques révèlent des capacités indéniables à broder des langueurs paisibles tout en gardant un petit côté malsain que l’héritage du groupe ne parvient à effacer. De même que certaines phases plus violentes et fortement électrisées arrivent à oublier l’écrasement exagéré propre au black pour une rage plus pure et sans artifices futiles.


Arrivé au bout du disque, la lassitude finit par l’emporter. Les idées sont bonnes, les instruments acoustiques frappent juste et les ambiances se développent en une logique cyclique exemplaire. Malheureusement les défauts et les longueurs abondent et rattrapent vite les longues plages de collages schizoïdement construites, jusqu’à rendre un excellent morceau légèrement redondant… Ce n’est pas faute d’accumuler les bonnes idées, pour des morceaux formés de tant d’éléments triviaux qu’ils en deviennent incontestablement des hymnes minimalistes. Mais à faire trop long et trop ambitieux, Dornenreich se prend les pieds dans sa propre estrade. Alors si à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, il est facile de rétorquer qu’à se battre sans expérience on perd sans consolation…


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