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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 22 novembre 2014
Sa note : 11/20

LINE UP

-Ferli
(chant+guitare)

-Andre Rink
(basse)

-Timo
(batterie)

TRACKLIST

1) Trapped in Veil
2) Daddy's Girl
3) Greed Kills
4) Lunatic Confessions
5) Skin Dress
6) Ueberzucht und Untergang
7) Harlots for God
8) Everybody's Victim
9) No Guts No Glory
10) Five Star Doc
11) Ingrate Deadbeat

DISCOGRAPHIE


Miseo - Lunatic Confessions
(2014) - death metal old school - Label : Blacksmith records



Quand on pense death metal, on pense US. Pas de bol, Miseo est un groupe allemand. Frustré visiblement de ne pas être nés outre-atlantique, les teutons ont décidé de développer un death metal old-school, véritable hommage aux USA d’il y a trente ans. Chez Miseo, on regarde en arrière ! Doté d’un seul guitariste, c’est donc une musique brute et brutale qui nous est proposée. Mais être old-school, n’est-ce pas le risque d’être plein de clichés ? Et que vaut alors la comparaison avec les anciens pour ce qui est leur premier album, Lunatic Confessions ?

Le trio démarre sur une introduction d’une minute plutôt sympathique, "Trapped In Veil". Calme et aérienne, elle contraste fortement avec la suite. "Daddy’s Girl" entre dans le vif du sujet avec un growl ravageur sur un blast beat de feu. Un cliché tellement énorme, que tout amateur de death metal sera en terrain connu. Miseo montre tout de suite qu’il n’est pas là pour innover, mais pour proposer du déjà-entendu. Si les premiers morceaux s’écoutent, on fatigue quand même vite. Rien n’est fondamentalement génial. Il y a bien quelques passages sympathiques, mais pas de quoi retenir suffisamment l’attention. Après ce début plutôt efficace avec "Daddy’s Girl", les Allemands perdent en énergie, un comble ! Clairement, le groupe aime les passages bien lourds et pesants. Il en abuse hélas, l’album manquant globalement de rythme. Et passée la première moitié, l’album avance sans que l’on ne retienne vraiment quelque chose. A trop vouloir jouer old-school, Miseo semble oublier que des décennies ont enrichi le genre et que ce qui a pu marquer une génération, laisse indifférent aujourd’hui. Seuls les quelques leads (assez rares) apportent un peu de mélodie.
Qui dit lourdeur, dit atmosphère. Mais l’album en manque cruellement. Malgré quelques incursions ("Five Stars Doc", "Trapped In Veil"), le tout est monolithique. Pas vraiment violent, ni malsain, ni glauque à cause d’une production propre, ce Lunatic Confessions ne va réellement dans aucune direction. C’est bien dommage, car le groupe se démène et est loin d’être mauvais en soit. Les riffs s’enchaînent, les rythmes varient, mais cela manque de souffle et, surtout, de personnalité. En première écoute, l’album fait plaisir. Mais rapidement, on sent que la musique est trop lourde et manque de patate. Les morceaux, finalement, se ressemblent beaucoup et sont trop moyens. Jamais mauvais, jamais géniaux… Ce Lunatic Confessions ne peut donc que laisser à terme indifférent, noyé au milieu d’autres productions peut-être moins calibrées. Trop inspiré par les anciens, le groupe a oublié de se laisser aller à d’autres influences qui auraient dynamisé et enrichi leur album. Ne serait-ce qu’un peu plus de travail sur l’ambiance et l’atmosphère aurait apporté une dimension supplémentaire et un peu d’air à l’auditeur qui, vers la fin de la galette, a l’impression d’étouffer.


Miseo produit ici un album qui, de prime abord, montre de nombreuses qualités. Mais coincés dans un style qu’ils vénèrent visiblement, les Allemands nous étouffent avec des morceaux se ressemblant beaucoup trop et manquant cruellement de rythme. Peut-être que les grands fans de death metal old-school aimeront se plonger dans ce Lunatic Confessions, mais je doute qu’ils y trouvent le Messie. Comme c'est un premier album, donnons leur un peu de temps pour montrer plus de personnalité.


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