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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 31 octobre 2014
Sa note : 13.9/20

LINE UP

-John Tardy 
(chant) 

-Trevor Peres 
(guitare) 

-Kenny Andrews
(guitare) 

-Terry Butler 
(basse) 

-Donald Tardy 
(batterie)

TRACKLIST

1) Centuries of Lies
2) Violent by Nature
3) Pain Inside
4) Visions in My Head
5) Back on Top
6) Violence

7) Inked in Blood
8) Deny You
9) Within a Dying Breed
10) Minds of the World
11) Out of Blood
12) Paralyzed with Fear

DISCOGRAPHIE


Obituary - Inked in Blood
(2014) - death metal Papy fait de la résistance. - Label : Relapse Records



Doucement pourrissons, mais mieux vaut tard(y) que jamais ! Ô groupe pionner, puisses tu encore vivre et souffrir, composer et sortir des disques, tourner et jouer. Pourrir doucement, mais répandre la bonne parole qui restera en nous comme l'odeur putride de la charogne. Chronique.

L'industrie musicale (je n'aime pas cette expression) a changé du tout au tout. Faire de la musique c'est possible pour tout le monde, mais sortir un album de qualité professionnelle ça coûte quand même son blé. Mais....Crowfunding ! (à chaque problématique sa solution) permettra à Obituary, les deux frangins Tardy et leur groupe de donner encore un album aux amoureux du death (old-school ou new-school, peu importe). Un album ça s'écoute pour commencer. Même si Xecutioner's Return était plutôt et malheureusement bof et que Darkest Day plutôt bien accueilli, laissait cependant certains perplexes (probablement les « ronchonchons » n'ayant pas dépassé le début des  années 90). Le fond de commerce du combo c'est le death metal (on va dire old-school, même si le groupe n'a jamais choisi d'être labellisé puisque fondé aux origines du genre : la deuxième moitié des années 80, la Floride etc..), le (grand guignol) gore et la violence, la douleur (bon quel atroce artwork ! Sans parler des titres des chansons ou de leurs paroles) et une constance dans les prestations scéniques. Finalement on vieillit coté Obituary, on vieillit bien et hormis le coté provocation facile, voire approche vieux beau de la pochette, l'envie est réelle et pressante de s'enfiler l'album histoire d'entendre ce qu'on est en train de voir. 
Voyons , voyons ... Dans la catégorie style musical, Obituray, on a quoi ? Death "primaire", gros riffs assénés avec frénésie, mid tempo bien lourdingue, râles et growls compréhensibles façon décomposition de la trachée... Okey, du coup le cahier des charges est rempli pour ce neuvième album studio et ne va pas dérouter son public ou les nouvelles oreilles. Et la recette est toujours goûteuse ! On débute avec "Centuries of Lies" sans aucune intro : on tabasse d'entrée avec un rythme rapide, avec un petit coté core sur les angles pas « dégueu » pour un sous. Et puis ça ne dure que deux minutes sur les cinquante prévues. Changement de rythmes et d'ambiance vont alors se succéder tout au long des compositions, en alternant les passages plus lents et plus lourds aux riffs rapides où seule l'urgence de la colère guide la violence des morceaux. 
« Alors c'est du bon ou pas ? » Arf ! (une réponse qui pourrait se suffire à elle même). Fan du groupe, arrive en courant t'envoyer la nouvelle offrande de ton donateur saignant. Le job est toujours bien fait, les parties musicales, quelques soient les registres, sont bien jouées et comme toujours donnent cette impression de facilité à l'Executioner (ndlr : mauvaise blague de type private joke renvoyant au premier nom du groupe).
Tardy chanteur s'en sort (j'ai envie de dire comme toujours) quand on tape dans le lourd ou le mid tempo. Coté musical, Peres et Andrew se fendent de quelques très bon solos (notamment sur "Visions in My Head" et "Back on Top"). Mais...pour celui qui découvre le groupe ou qui y vient de temps en temps comme en visite chez un proche, une impression de linéarité apparaît rapidement malgré les tempos, notamment en raison des parties vocales. C'est un peu le talon d'Achille de frères Tardy. Du coup quelques longueurs surgissent parfois lorsque le riff ou la rythmique ne parviennent pas à passer outre. En prenant un morceaux comme "Violence" en exemple, on remarque que ça démarre presque comme "Centuries of Lies", pourtant dès que l'homme se tait et que les mecs jouent, ça décolle, ça dépote sévère (encore un solo placé au sortir d'une phase de temporisation presque thrash) et ça retombe un peu dès la reprise des couplets. Sans parler de gâchis, on se dirigerait plus vers un « c'est dommage car.. » ou un « et si le groupe ...  ». Bref il y a un petit quelque chose à redire sur la version studio (que le groupe réussit à dégager en live... le visuel peut être en support à la musique pour digérer les parties chantées).


Et bien ! C'est qu'on en a des choses à se raconter pour les retrouvailles avec Obituary ! Pour couper court et faire office de conclusion : bon groupe, bon album. Fidèle à ses inspirations et sa ligne artistique. On a envie d'être fan quelque soit la façon dont on découvre ou a déjà découvert le groupe. Preuve en est de la sincérité musicale. Pardonnons les petits défauts et longueurs du groupe et réjouissons nous un peu de pouvoir encore déguster des nouveautés des ces "vieux groupes". Finalement on est bien dans ce type de routine (car c'est le meilleur des mots pour résumer).


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