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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 12 octobre 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Silenius
(chant)

-P.K.
(guitare+basse)

-T.T.
(batterie+guitare+basse)

TRACKLIST

1) Ego
2) Stasis
3) Akrasia
4) Indulgence
5) Neglect
6) Compos Mentis
7) Excessus

DISCOGRAPHIE


Abigor - Leytmotiv Luzifer
(2014) - black metal - Label : AvantGarde Music



Abigor, depuis son retour, est une bête bien curieuse qui attire et attise. Attire les regards par son jusqu'au-boutisme musical. Peu de place à la demi-mesure, les idées sont poussées jusqu'à leur fin. Attise les avis divergents et les convoitises. Le nouvel Abigor n'est pas du genre à se frayer un chemin sur le fil du rasoir du milieu. Le groupe plonge à gauche, à droite, en haut, en bas et n'en ressort qu'une fois ses compositions abouties.

Ce Leytmotiv Luzifer ne dépareille pas. Là où Fractal Possession mettait en avant les chansons, Time is the Sulphur in the Veins of the Saint vivait de son concept et de son ambiance. Le petit nouveau se situe plutôt à mi-chemin (étonnamment) de ces démarches. Clairement plus basé sur les chansons que son prédécesseur, il n'en oublie pas de faire son concept. On a donc clairement à faire à des riffs de partout et tout le temps, même si le groupe ne se sépare pas de ses tentations bruitistes (les slides de guitares viennent nous le rappeler). Au final, à rappeler ses deux dernières livraisons, cet album finit immanquablement par sonner comme du Abigor pur jus. D'ailleurs, est-il possible de penser à autre chose que Abigor sitôt le premier riff entendu ? Sitôt ce son de guitare incisif, agressif, corrosif au creux de nos tympans ?
Bien sûr la réponse est négative. On retrouve donc avec plaisir la variété habituelle du groupe, notons au passage le superbe « refrain » de "Compos Mentis", ce « We praise theeeee » qui reste en tête, qui demeure dans le fond de nos cœurs comme un appel inaltérable au Malin. Car Abigor derrière son raffinement musical n'abandonne jamais son attachement à Satan sous toutes ses formes. Et il martèle son black metalisme primaire par ce biais. Pour un album toujours aussi recherché, c'est une performance. Néanmoins, recherché, cela se marque par la technique de l'ensemble, dans les standards du groupe. Car finies les dérives industriels, conceptuelles de Time is the Sulphur in the Veins of the Saint. Nous sommes dans un black bien plus traditionnel malgré des atours modernes et complexes.
Cela plaira-t-il à tout le monde ? Bien sûr que non. Ceux qui ont adoré les deux disques d'avant seront probablement plus circonspects quand à ce retour en arrière (en tout cas perceptible tel quel). Ceux qui pensaient le contraire seront ravis de voir le groupe retourner sur des territoires plus purement black metal. La violence crue et malsaine est bien là, le froid insidieux des guitares sonne fabuleusement black metal et Satan est loué. Le combo gagnant est imparable dans ce cas. Et c'est certainement ce qui devrait arriver, un album plus apprécié que Time is the Sulphur in the Veins of the Saint. Pourtant, impossible à celui qui s'était attaché à ce black metal si personnel de penser à une progression. Certes les compositions donnent à ce réjouir mais le sentiment de perte est présent. Perte d'originalité, perte d'unicité, perte d'émotion.


Un disque qui plaira aux amateurs de black metal de tout genre à n'en pas douter. Il plaira plus à ceux qui ont une vision plus pure de la chose car il revient à certains fondamentaux. Violence, haine, brutalité, froideur sont des mamelles évidentes. Mais en revenant à ces fondamentaux, il laisse de côté ce qui faisait l'immense force de son prédécesseur. A cette phrase vous saurez où vous vous situez.

P.S. : A noter, le superbe packaging de l'album au format A5 et son artwork.


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