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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 05 octobre 2014
Sa note : 16/20

LINE UP

-Cervantes
(chant)

-Aldébaran
(claviers+guitares+basse)

-Aboth
(claviers+batterie)

TRACKLIST

1) A Passage... (Overture)
2) Ghouls and The Tower
3) Marble Bestiary
4) Citadel Of Obsidian Slumber
5) Chains Of The Wyvern Shelter
6) In The Crystal Cavern (Interlude)
7) Cleaving The Ethereal Waves
8) Crimson Legions
9) Darkenhöld
10) Sorcery

DISCOGRAPHIE


Darkenhöld - A Passage To The Towers...



A voir tous les groupes qui fleurissent dans le genre et proposent assez souvent un contenu de qualité, on serait presque en droit, chauvinisme aidant, de penser que la scène black metal française devient peu à peu la meilleure au monde. Les grands noms côtoient ainsi les moins importants qui luttent pour émerger. Parmi ces dernier, un en particulier devrait retenir l’attention tant il représente la touche française (french touch pour les anglophiles) : Darkenhöld.

Ces Français mettent en effet dans leur musique l’Histoire de France, et plus particulièrement la poussière de châteaux et citadelles moyenâgeux : non pas que la musique soit particulièrement crue, au contraire, au vu de l’excellente production de ce premier album, lisible et claire au possible ; mais plutôt dans l’ambiance dégagée, au moyen de chœurs grégoriens, de mélodies empruntées au heavy metal de haute volée, mais également avec des riffs épiques, servis à la pelle par un groupe inspiré au possible. Sur A Passage To The Towers, Darkenhöld dispense donc un black mélodique, de haute volée, cela va sans dire, ambiancé et épique ; que d’ambition. Et les moyens sont mis pour atteindre ladite ambition : sur la durée du disque, peu de fissures sont laissées au jour, et c’est tout juste si quelques riffs paraissent ici et là jetés un peu à l’arrache. Cependant, le groupe a souvent tendance à ne pas laisser tourner dans le vide ses compositions, et les fait varier, par le biais de nombreux breaks, ou d’un ou deux solos absolument extatiques, délicatement sertis sur les second et troisième titres. Jouant le plus souvent en trémolo, avec quelques décélérations à l’occasion, la formation n’abuse pourtant pas des blasts, loin de là, préférant une musique posée et carrée à qui est laissée carte libre pour déployer le moindre pan d’ambiance.
Pour cela, les mélodies aident fortement : elles possèdent une patte bien reconnaissable et exacerbent l’aspect moyenâgeux de l’ensemble, le parfait exemple étant "Chains Of The Wyvern Shelter" qui repose entièrement sur ces premières. A l’occasion, lorsque rien ne va plus, les Niçois se laissent également aller à libérer sur les pauvres auditeurs, une monstrueuse réussite nommée "Cleaving The Ethereal Wave", qui résume en quatre petites minutes les raisons pour lesquelles Darkenhöld mérite amplement d’être considéré comme l’un des plus éminents représentants de l’Art Noir sur nos terres : partant d’un trémolo divin, qui place très haut la barre de l’épique, accompagné d’un clavier qui préfigure les albums suivants, le morceau évolue en une suite de ritournelles aussi magistrales les unes que les autres, avec des utilisations justifiées de blast beats et même, un break mélangeant guitare acoustique et basse, parfait dans son genre. De plus, à l’occasion d’un "Crimson Legions", il est possible d’observer que le groupe se débrouille également plus que bien lorsqu’il s’agit de dispenser un black plus classique et belliqueux. La fin du disque est particulièrement marquante, puisque ces deux titres s’enchaînent sur deux autres de calibre à peu près équivalent, qui ne semblent nullement anecdotiques en comparaison de ce qu’il fut possible d’ouïr auparavant.


A Passage To The Towers est un premier album plus que prometteur, qui permet d’asseoir directement le statut du groupe en tant qu’ambassadeur de la scène française. Bardé de trouvailles musicales toutes plus prenantes les unes que les autres, le groupe est même assez mélodiques pour pouvoir plaire aux amateurs de heavy qui n’aiment ordinairement pas le black, pour peu qu’ils fassent un léger effort pour les vocalises.



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