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CHRONIQUE PAR ...

77
Sven
Cette chronique a été mise en ligne le 18 octobre 2014
Sa note : 15/20

LINE UP

-Neal Morse
(chant, guitare, claviers, basse, percussions, batterie sur 6 et 8)

-Wil Morse
(chant sur 1, 3, 5 et 7)

-Eric Gillette
(chant sur 3)

-Regina et Alfreda McCrary
(chœurs sur 2 et 4)

-Chris Carmichael
(violon sur 4, 5, 7 et 10)

-Steve Herrman
(trompette sur 1 et 7)

-Jim Hoke
(saxophone sur 1 et 11, pedal steel guitar sur 3)

-Gabe Klein
(batterie)

-Eric Darken
(percussions sur 4 et 7)

TRACKLIST

1) Heaven Smiled
2) Whatever Days
3) Flowers In A Vase
4) Love Shot An Arrow
5) Song For The Free
6) Tell Me Annabelle
7) My Time Of Dying
8) When Things Slow Down
9) Daddy's Daughter
10) Wear The Chains
11) The Way Of Love

DISCOGRAPHIE


Morse, Neal - Songs From November
(2014) - rock prog - Label : Inside Out Music



Neal Morse a un paquet de détracteurs. Il faut dire qu’il n’a pas choisi la voie la plus facile. Quitter Spock’s Beard au sommet de sa gloire au début des années 2000 après avoir trouvé la foi, c’était un sacré pari. Continuer sa carrière en officiant dans le rock progressif chrétien sans jamais regarder derrière lui, c'était osé également. Mais on ne peut pas totalement lui donner tort en voyant la qualité de sa discographie depuis son départ. D’autant plus qu’il en a encore sous le coude, le bougre…

Après deux dernières offrandes assez inégales, l’ami Nealou nous revient avec un album très sobre, limite acoustique. Songs From November semble vouloir mettre l'accent sur la mélodie pure au détriment de l'ambiance et des orchestrations dont ses précédentes offrandes étaient gorgées, parfois même un peu trop. C'est une bonne chose, puisque ça nous permet de nous souvenir à quel point le californien est incroyablement doué. Chose dont ses fans n’ont jamais douté, cela dit.
L'homme veut tellement retourner aux fondements de sa musique qu'il a tout fait tout seul. En dehors du chant, de la guitare et du clavier, il joue de la basse et des percussions, et même de la batterie sur deux des morceaux. Comme une preuve de plus qu'il cherchait à s'affranchir du carcan du rock progressif dans lequel il (s') était jusqu'alors cantonné, pour faire un album le plus personnel mais aussi le plus universel possible. Quelques incursions (discrètes) dans la pop ou la folk, la présence de cuivres et de quelques invités au chant apporteront un peu de diversité, comme sur "Flowers In A Vase" ou les chœurs gospel sur "Heaven Smiled". 
Doté d'un talent indiscutable et indiscuté, il réussit le tour de force d’écrire des chansons plus classiques, dépourvues de l’habillage « NealMorsien » habituel, dans lesquelles on retrouve quand même des éléments familiers. On reconnaît ça et là certaines mélodies déjà entendues, certains refrains dont on se dit qu’il les a probablement déjà utilisés ailleurs, comme "Love Shot An Arrow" ou "When Things Slow Down" par exemple qui auraient largement pu avoir leur place sur ? ou Testimony. Néanmoins, on sent encore plus que d’habitude la volonté du chanteur de partager des émotions et des histoires avec ses auditeurs, de se rapprocher d’eux et de leur parler. 
Et au final, le pari est-il réussi ? Oui parce que tout est très bien écrit et composé, interprété et chanté avec l’honnêteté, l’application et le talent qu’on connaît. Oui parce que l’album contient quelques excellents morceaux qui pourraient avoir leur succès chez un large public ("Song For The Free" en tête de liste). Oui parce que l’effort est à saluer et que sortir un peu de ses habitudes n’est pas forcément chose aisée, et peut représenter un certain risque. Oui parce que même les chansons les plus inoffensives comme "Daddy’s Daughter" arrivent à être réussies.
Mais, car il y a un (et même plusieurs) mais. Le risque est quand même limité. Les compositions, bien qu’arrangées de manière plus simple et plus intimiste restent typiquement dans la logique et dans le style du bonhomme. L’ensemble sent toujours aussi bon la gentillesse, le bonheur, voire la niaiserie ("Tell Me Annabelle"). Un autre défaut pourrait être, paradoxalement, en essayant de rendre l’album accessible au plus grand nombre, de lui faire perdre de la force, de l’ambition et de la visibilité au milieu d’une discographie déjà riche, et qui contient déjà plusieurs monuments du genre. Il pourra par contre être une très bonne façon d’appréhender son œuvre pour le profane.


Songs From November est quand même un (très) bon cru. D’une part parce qu’il marque l’envie de son auteur de sortir un peu de sa routine. D’autre part, et c’est le point essentiel, parce qu’il est intrinsèquement bon. Il contient de très bonnes chansons, très faciles à mémoriser et qu'on peut chanter n’importe où et n’importe quand. Et c’est quand même l’essentiel de ce qu'on attend d’un musicien, non ? Il me semble aussi...


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